A tombeau ouvert : Cinq histoires du corps des Marines
de William Styron

critiqué par Antihuman, le 3 janvier 2014
(Paris - 41 ans)


La note:  étoiles
Impoli et pertinent
Styron fait voler en éclats toutes ces bonnes valeurs qu'on pense exister dans l'armée, et fait apparaître finalement un domaine exempt d'une méritocratie quelconque ou les gradés et les commandants ne sont que pour la plupart de prétentieux abrutis (et/ou) très apprêtés sinon totalement incapables.

Bref une lecture qu'on recommande de toute urgence et en particulier la première (Blankenship) ainsi que la troisième (The Suicide Run) ou l'on découvre aussi comment finissent tristement certains membres très méritants du Marine Corps. Et je ne parle même pas de ces truismes encouragés en douce comme le racisme anti-japonais et autres joyeusetés.

"Semper Fidelis" donc ?

Pas trop mais reçu 5/5 en tout cas...



Résumé



Cinq nouvelles de Styron publiées de façon posthume, écrites à des dates très différentes et qui, pourtant, forment un tout cohérent tant elles sont inspirées par la vie et les préoccupations centrales de l'auteur.
"A tombeau ouvert" et "Marriott le marine" ont été conçues comme les chapitres de deux romans que Styron abandonnera pour écrire Le choix de Sophie. L'auteur y évoque son traumatisme d'avoir été rappelé sous les drapeaux après la Seconde Guerre mondiale, pour se battre en Corée. Dans "La maison de son père", le narrateur n'en revient pas d'avoir survécu à la guerre du Pacifique, il en éprouve un mélange d'euphorie et de culpabilité...
A lire de tels textes, on mesure l'impact qu'eut la Seconde Guerre mondiale sur des millions d'Américains; on comprend aussi la place immense, quasi obsessionnelle, qu'occupe dans l'oeuvre du romancier l'expérience de la guerre et de la vie militaire. C'est le livre tout entier qui restitue l'idée d'héroïsme, mais aussi le drame et le sens de l'absurdité qui changèrent à tout jamais ces hommes engagés dans le corps des Marines.