Biribi de Georges Darien

Biribi de Georges Darien

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par CC.RIDER, le 11 janvier 2012 (Inscrit le 31 octobre 2005, 61 ans)
La note : 9 étoiles
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Armées, je vous haïs...

A dix huit ans, Jean Froissard s'engage dans l'artillerie. Après six mois de classes qui se passent assez mal car il supporte mal la discipline et commence à se sentir déçu et dégoûté par l'armée, il est affecté à Vincennes où tout se complique dans la mesure où il s'autorise quelquefois à faire le mur. L'accumulation de ses actes d'insoumission l'amène à passer devant le Conseil de corps qui le condamne à passer trois années dans les Compagnies de Discipline dans la région de Kef dans le Sud Tunisien. Dans ce qu'on ne peut appeler autrement que des bagnes militaires, le malheureux va mener une existence de paria, subir des conditions de vie atroces et des sévices qu'on ne ferait même pas subir à un animal. Il va connaître la faim, les corvées, les exercices sous un soleil de plomb, les marches forcées, les maladies et bien sûr de nombreux séjours au mitard, enchaîné.
Publié en 1888, ce témoignage présenté comme authentique frappe tellement il sent le vécu. En effet, Jean Froissard c'est ni plus ni moins que Georges Darien lui-même, écrivain de tendance anarchiste qui, devançant l'appel, s'est engagé dans le deuxième escadron du Train le 16 mars 1881 et que son insoumission a envoyé 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie en 1883. L'auteur est un écorché vif, un révolté qui a tellement souffert qu'il ne peut s'empêcher de se répandre en longues diatribes contre une armée qu'il accable de tous les défauts. « L'armée c'est le réceptacle de toutes les mauvaises passions, la sentine de tous les vices. Tout le monde vole, là-dedans, depuis le caporal d'ordinaire qui tient une anse du panier, jusqu'à l'intendant général, jusqu'au ministre. (…) Tout le monde s'y déteste, tout le monde s'y torture, tout le monde s'y espionne, tout le monde s'y dénonce. (…) L'armée, c'est le cancer social, c'est la pieuvre dont les tentacules pompent le sang des peuples et dont ils devront couper les cent bras, à coups de hache, s'ils veulent vivre. », dit-il. Car il n'a plus qu'un espoir, l'avènement de la « Révolution Sociale » qui doit permettre d'en finir à tout jamais avec les armées permanentes... D'un style agréable et facile à lire, ce livre intéressera celles et ceux qui veulent découvrir ce pan oublié et peu glorieux de l'Histoire des armées françaises.

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