Choir
de Éric Chevillard

critiqué par Nance, le 9 janvier 2012
( - - ans)


La note:  étoiles
Appétissant !
« Nous produisons beaucoup, énormément de bile. Inutile de nous traire, nous la vomissons généreusement dans de grands seaux qui sont versés en fin de journée dans des cuves et des citernes réparties dans Choir. Les habitants y font mariner leur viande et leur poisson. On y lave aussi le linge d'hôpital, plus difficile à récupérer, et les mères y procèdent avec une vigueur qui les apparente à une noyade aux ablutions de leurs bébés. Forts de cette éducation, nous ne nous attardons pas sur les rivages nauséabonds de la candeur, à Choir, nous entrons tôt dans la vieillesse, avec la folle ardeur et l'enthousiasme du jeune âge, dans l'espérance qu'ainsi tout ira plus vite. »

Le livre est une longue plainte qui nous raconte (en renchérissant, surenchérissant) la vie des habitants d’une île infernale dont ils sont prisonniers.

Un livre éprouvant dans sa constance dans l’horreur, la dégueulasserie (il faut avoir l’estomac solide), j’ai trouvé cependant que ça plafonnait par moment et que ça avait ses longueurs. Mais on peut dire que l’auteur crée un monde, palpable, très visuel. Aussi, je n’ai jamais rien lu de tel, ou du moins pas avec autant d’assiduité.

C’est mon deuxième Chevillard. L’exagération faisait mon petit bonheur dans Démolir Nisard, mais ici ça allait parfois dans le « trop c’est comme pas assez », c’était peut-être même voulu, seulement je n’ai pas autant accroché qu’avec l’autre. Je retrouve la même folie, la même imagination, mais l’humour de Démolir Nisard suscitait en moi plus d’écho et le thème aussi (la littérature, Nisard). C’est quand même un artiste que je compte suivre. Je le trouve spécial, bizarre, mais intéressant.

Contrairement à Démolir Nisard, je ne recommanderais pas Choir à tout le monde, mais si vous n’êtes pas trop sensible et que le livre vous intéresse, que vous voulez lire quelque chose de différent, alors pourquoi pas ? C’est un roman qui vous catapulte complètement dans un autre univers et ça m’a laissé une forte impression. Si vous n’êtes pas sûr pour Choir, que vous hésitez, alors je dirais de lire Démolir Nisard pour goûter au style.