Dictionnaire amoureux de la politique de Philippe Alexandre, Alain Bouldouyre (Dessin)

Dictionnaire amoureux de la politique de Philippe Alexandre, Alain Bouldouyre (Dessin)

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités , Sciences humaines et exactes => Histoire

Critiqué par Veneziano, le 7 janvier 2012 (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 40 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (20 826ème position).
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Un système et ses anecdotes

Philippe Alexandre est un journaliste, longtemps éminent et réputé, qui revient vers le grand public pour décortiquer l'objet qu'il a analysé de longues années, le système politique français. D'un style sec et fleuri, échappant le plus souvent au pédantisme qu'il prétend abhorrer, il se montre généreux en anecdotes, les coups de griffes étant aussi fréquents que les salutations et hommages.
Les grands événements et qualités, élections, référendums, courage, vérité, péchés mignons, comme la langue, la libido, le vin, et effets pervers, la langue de bois, le parachutage, les affaires, les mensonges sont passés au scalpel, certains portraits viennent, bien sûr, agrémenter la galerie, de manière subjective dans leur choix, comme l'exercice du dictionnaire amoureux le permet, voire l'exige.

Cette démonstration par l'exemple, cette analyse par la présentation empirique, permettent de se rendre assez précisément de comprendre de la vie politique, que les mécanismes institutionnels ne suffisent pas à éclairer. Riche, généreux, cet opus en est jouissif, autant qu'il en est instructif.

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Pauvre Alexandre ….

4 étoiles

Critique de Fredericpaul (Chereng, Inscrit le 19 mai 2013, 57 ans) - 21 octobre 2014

Les dictionnaires amoureux sont une très belle collection. Je me suis régalé avec ceux de Pivot sur le vin, celui de Lacarrière sur la Grèce, celui de Tulard sur Napoléon….
Confier le thème de la politique à Philippe Alexandre ne semble pas avoir été une belle idée. Il s'y révèle un "amoureux" bourgeois, tiède et sans relief. Rien de piquant, de vraiment drôle, d'impertinent.
Il aurait mieux valu confier ce dictionnaire à Alain Duhamel, FOG, Plenel, Kahn…. des compétences certes partiales mais passionnées.
J'ai en tête les "oiseaux de passage" de Brassens et je songe comme au dernier couplet :
"Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante!
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux.
Et le peu qui viendra d'eux à vous, c'est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux."
Philippe Alexandre est un trop petit entomologistes pour les volatiles qu'il a pourtant beaucoup côtoyés.

Les poulets de Monsieur Le Theule

9 étoiles

Critique de Jlc (, Inscrit le 6 décembre 2004, 74 ans) - 8 janvier 2012

Philippe Alexandre a été un grand éditorialiste essentiellement à RTL où il a eu une liberté totale, « parfois lourde à porter ». La politique a été une des passions de sa vie et elle le lui a bien rendu. On ne pouvait mieux choisir pour rédiger ce nouveau dictionnaire amoureux, commande dont il a su faire un plaisir pour lui et pour nous.

Vous n’y trouverez ni analyses stratégiques ni réflexions idéologiques mais la petite histoire de notre République qui vaut bien souvent la grande tant elle est un « abrégé de la comédie-tragédie humaine » de notre époque. Ce livre est bourré d’anecdotes mais il n’est pas anecdotique en ce qu’il nous renvoie l’image de notre société. Le monde politique n’est pas très gai, trop fait « d’amertume, de dépit, de regret et de nombrilisme » mais Alexandre sait poser sur lui un regard affectueux, souvent amusé, parfois indulgent, toujours malicieux. « La politique conjugue les arts de la guerre (l’odeur du sang est un puissant aphrodisiaque), du spectacle, du discours et aussi des mensonges ». Elle a aussi sa noblesse, le courage qui est « bien plus utile pour diriger les hommes que le savoir et l’expérience ».

Le charme de ce genre de dictionnaire réside dans les « entrées ». Certaines sont des figures imposées (laïcité, cohabitation, 35 heures) mais d’autres sont beaucoup plus savoureuses qu’il s’agisse de la soupe, des choux farcis, des fromages ou du vin, mais aussi des cafés du commerce, des chrysanthèmes ou encore des amours, de la libido ou de la bigamie. Tout ceci est illustré de petites historiettes bien contées et toujours révélatrices. La plus drôle, pour moi, est celle qui donne son titre à cette critique et qui raconte comment un parfait inconnu parachuté dans la Sarthe parvint à battre un notable (héros de la Résistance, ancien ministre qui écrivait aussi des contes pour enfants) avec de l’à-propos, de l’imagination et de la ténacité.

Les portraits qu’il esquisse sont souvent drôles (Giscard), féroces (« la dame des 35 heures ») mais aussi pathétiques. Ainsi de Jacques Chirac « combattant l’âge, la décrépitude et découvrant bien tard une liberté sans précaution que sa femme et sa fille tâchent de lui mesurer ». Dans cette galerie, je n’ai pas trouvé François Hollande. C’est dommage ; les hasards de l’alphabet l’aurait fait figurer entre « Histoire » et « Illusions perdues » : programme ou pronostic ?

Un dictionnaire dont on se régale de A à Z et qui s’inscrit bien dans notre tradition républicaine qui veut que « les Français aiment rire de la politique ce qui ne les empêche nullement de la prendre au sérieux. »

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