L'Homme blanc (Kolia) de Perrine Leblanc

L'Homme blanc (Kolia) de Perrine Leblanc

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Dirlandaise, le 4 janvier 2012 (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 64 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (36 321ème position).
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L'odyssée d'un clown pickpocket

La question que je me pose est celle-ci : pourquoi écrire sur la Russie alors qu’on y a jamais mis les pieds comme Perrine Leblanc l’avoue dans sa postface. Je peux comprendre l’engouement de l’auteure pour ce pays mais de plus en plus, je crois sincèrement que sans vécu, sans racines profondes, un récit ne devient qu’un exercice d’écriture, un texte qui raconte une histoire sans vraiment toucher le lecteur car comment émouvoir et intéresser lorsque le sujet est inventé de toutes pièces. Enfin, Perrine Leblanc dit s’être inspirée d’un personnage rencontré en Roumanie un prestidigitateur doublé d’un pickpocket pour créer son Kolia. Enfin, c’est déjà ça mais encore faut-il y mettre du sien pour, je le répète, émouvoir le lecteur et le remuer un brin.

Je ne dis pas que le livre soit nul au contraire, la qualité d’écriture est au rendez-vous mais les personnages et l’histoire n’ont rencontré que ma morne indifférence pour ne pas dire mon incommensurable ennui. Ah je suis dure là mais c’est la pure vérité. Je lisais et des réflexions me venaient à l’esprit un peu lorsqu’on écoute un discours qui nous ennuie profondément dans le style « Ah bon…! Tu m’en diras tant ! Ah oui que veux-tu que cela me fasse…! Ce n’est pas très gentil mais c’est vrai. Suis-je blasée ? Suis-je trop sévère ? Je ne sais pas mais cette histoire ne possède rien qui puisse retenir mon intérêt. Il faut garder cependant à l’esprit que c’est un premier livre pour madame Leblanc donc, elle s’en est sortie tout de même plutôt bien mais on est loin de Tolstoï…

Kolia est né en Sibérie dans un camp de travail. Devenu orphelin, il est pris en charge par les autorités du camp et élevé à la dure, il apprend à travailler et on l’assigne aux tâches les plus vils et rebutantes. Un autre détenu, Iossif, est chargé de lui apprendre la lecture et l’écriture. Redevenu libre à l’âge adulte, Kolia deviendra clown dans un cirque de Moscou. Il aura pour maîtres Bounine au sommet de la gloire et Pavel son assistant. Le duo Bounine se transforme en trio. Et l’auteur raconte les vies de chacun, les déboires, la maladie et la mort.

Que dire de plus que bof… Un livre et une auteure que j’oublierai très vite.

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Passé du goulag au Cirque de Moscou

7 étoiles

Critique de Libris québécis (Montréal, Inscrit(e) le 22 novembre 2002, 77 ans) - 5 janvier 2012

Kolia est né dans un goulag situé au pied d’une montagne voisinant la Kolyma, un affluent de l’Arctique. Chose impensable pour un enfant d’un camp de la mort incapable de parler, il apprend à s’exprimer et à écrire, voire même à maîtriser le français d’un quidam cultivé.

Grâce à lui et à d’autres fonctionnaires empathiques, il protège sa dignité même s’il est affecté à des tâches répugnantes qu’il exécute sans regimber pour qu’on ne lui enfouie pas la tête dans des matières fécales. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, auxquels Michel Solomon fait allusion dans Magadam.

Des rencontres fortuites dans les bars l’amènent finalement à intégrer le célèbre cirque de Moscou comme pantomime grâce à son habileté de pickpocket. En fait, c’est moins un roman que la biographie fictive d’un pierrot, l’homme blanc du titre, qui a vécu l’histoire de la Russie, de l’époque stalinienne à 1995. Si ce métier a réconforté le héros, sa vie intime fut moins brillante.

Le camp sibérien marque un homme à tout jamais. Et quand une suspicion paranoïaque devient l’art de vivre, une soif de reconnaissance, de convivialité et d’amour hiberne sans connaître de printemps. Le roman laisse voir la bride qui sert de rétention au bonheur. Sans pénétrer la métaphysique russe, l’auteure développe, à partir d’éléments factuels seulement, un existentialisme menant à considérer la vie comme une amertume que le peuple cache sous une carapace formée d’impassibilité pour ne pas être suspecté de subversion.

Cette conduite confère au roman une froideur clinique. Les émotions chassées du paysage, il ne reste que les gestes d’une vie dérisoire, devenus obligés dans un pays totalitaire. C’est sans prétention que l’auteure décrit ce contexte déprimant. L’œuvre se ressent de l’harmonisation de l’absence de sentiments à l’écriture. La lecture devient ainsi un exercice aride dont on a hâte de se débarrasser. Ce bémol aurait dû retenir le jury d’octroyer à Perrine Leblanc le prix de la ville de Montréal 2010.

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  Un prix et alors ? 5 Dirlandaise 16 octobre 2012 @ 10:26

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