La Maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino

La Maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino
(Mukashi bokuga shinda ie)

Catégorie(s) : Littérature => Asiatique , Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par BMR & MAM, le 2 janvier 2012 (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 60 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 9 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 294ème position).
Visites : 4 741 

C'est l'histoire d'une maison ...

On se méfiait un peu des Actes Noirs d'Actes Sud depuis leur trop grand succès et leur trop célèbre saga.
Mais non, voici une bonne vraie découverte, et pas nordique : nipponne !
Comme l’indique le titre, c’est l’histoire d’une maison, La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino.
Une maison où deux jeunes gens se rencontrent à nouveau après plusieurs années, venus cette fois à la recherche d’un passé occulté. Ils vont explorer cahiers d’école, journaux intimes, photos, lettres et bric-à-brac …
Rapidement on devine qu’il y a eu enfance maltraitée, ce qui explique certainement ce passé oublié.
Rapidement on devine que l’on devine un peu tout, quelques pages avant les deux apprentis détectives, mais aussi qu'on ne devine qu’une partie de la vérité toujours plus complexe. C’est fort bien écrit et bien maîtrisé. La traduction est fluide.

- Regarde.
Elle désignait la pendule octogonale tout à fait ordinaire accrochée au-dessus de la porte qui donnait sur le salon.
- Eh bien quoi ?
- Tu ne trouves pas ça bizarre ? Elle indique aussi onze heures dix. Exactement comme celle du salon.
J’ouvris la porte du salon pour regarder à nouveau la pendule du salon. Sayaka avait raison.
- Qu’est-ce que ça signifie ?

Et 150 pages plus loin, après de multiples et diverses investigations dans cette maison mystérieuse :

Bientôt je trouvais un petit réveil rond. Le rebord métallique était rouillé et le cadran tout rayé, mais les chiffres étaient en bon état.
Le réveil indiquait onze heures dix. Je le montrais à Sayaka.
- Nous comprenons enfin à quoi cette heure correspond.

Avec cette découverte viendra également l’explication du titre impossible.

D’ailleurs, chacun n’a-t-il pas une maison où l’enfant qu’il était est mort autrefois ?

Quant à vous, pour comprendre cette histoire de pendules, pour comprendre le titre, pour comprendre cette histoire de maison, il vous faudra lire ce bouquin, intéressant et curieux, étrange et bizarre, nippon quoi !

Keigo Higashino est semble-t-il un auteur réputé chez lui, et ce sera notre (petit) coup de coeur pour ce début d'année 2012.

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Les éditions

  • La maison où je suis mort autrefois [Texte imprimé], roman Keiko Higashino traduit du japonais par Yutaka Makino
    de Higashino, Keigo Makino, Yutaka (Traducteur)
    Actes Sud / Actes noirs
    ISBN : 9782742789511 ; EUR 18,00 ; 03/04/2010 ; 253 p. ; Broché
  • La maison où je suis mort autrefois [Texte imprimé], roman Keigo Higashino traduit du japonais par Yutaka Makino
    de Higashino, Keigo Makino, Yutaka (Traducteur)
    Actes Sud / Babel noir
    ISBN : 9782330001322 ; EUR 7,70 ; 02/11/2011 ; 253 p. ; Broché
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Qui es-tu Sayaka ?

7 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 55 ans) - 20 octobre 2018

Lorsque, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une mystérieuse clé et une lettre, Sayaka demande à son ex-petit ami de l’accompagner sur dans la maison que cette clé est censée ouvrir.

Sayaka, visiblement mal mariée et déchargée de la garde de sa fille, est aussi frappée d’une amnésie complète. Elle espère retrouver des souvenirs grâce à cette quête vers ce possible lieu de son enfance.

Le lecteur avance dans le récit et découvre au fur et à mesure ce qui se serait produit dans cette étrange demeure où le temps semble s’être subitement arrêté.

Ma seule vraie référence à la littérature japonaise est l’extravagance de Haruki Murakami. On retrouve aussi chez Keigo Higashino ce même caractère poétique du style et ce doux respect des personnes et des valeurs du pays du soleil levant. Par contre, contrairement à Murakami le récit avance beaucoup plus vite et le dramatique fait place au fantasque.

Je n’ai pas considéré que la maltraitance était abordée de manière suffisamment claire et pédagogique pour considérer qu’il s’agit là du thème central du roman, mais comme déjà souligné par d’autres critiques, c’est certainement l’ambiance de ce huis-clos qui va tenir le lecteur en haleine.

Modiano au pays du Soleil Levant

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 64 ans) - 6 mai 2013

Grosse impression de malaise à la lecture de cette « maison où je suis mort autrefois ». Certaines œuvres vous font cet effet, impactant votre vie quotidienne hors lecture, vous laissant dans un état d’esprit un peu flottant, un peu dans la crainte. Le dernier qui m’avait fait cet effet était « Les terrasses d’Orsol », de Mohamed Dib. Même impression comateuse, même impression de me trouver devant un coreligionnaire de Patrick Modiano, Algérien pour Dib et Japonais pour Higashino. Nous sommes dans la peau d’un ou des héros du roman, qui a oublié quelque chose et qui cherchera tout au long du roman.
Le héros ici est une femme ; Sayaka Kurahashi. Elle fut dans son adolescence et sa jeune vie de femme la petite amie (bon sang quel terme !) du héros qui va relater la quête de sa prime enfance dont elle n’a ni traces ni souvenirs. Sayaka avait quitté brutalement son petit ami « historique » pour épouser un homme d’affaire il y a quelques années déjà quand elle reprend ex abrupto contact avec lui. Elle lui demande son aide pour tenter de remonter le fil de son enfance. Elle dit n’avoir aucune mémoire de ce qui a pu se passer avent l’âge de cinq-six ans.
Son père vient de mourir et Sayaka s’est retrouvée en possession d’une clef, mystérieuse, mais surtout d’un plan sommaire conduisant de toute évidence à une bâtisse perdue en montagne.
Contre toute attente, notre héros va céder aux supplications de Sayaka pour l’aider et nous allons suivre le déroulé de leur quête et en même temps la relation de la vie de Sayaka à son ancien petit ami, Sayaka mère maltraitante d’une petite fille de trois ans, une vie tout sauf simple.
Ca fait davantage polar que Modiano, moins onirique que Dib. Entre les deux, avec l’univers japonais en toile de fond. Les rebondissements dans la quête de la vérité sont parfois un peu tirés par les cheveux mais ça reste prenant. Prenant mais vous met en état de malaise (Modiano me fait aussi un peu cet effet d’ailleurs).

un huis-clos oppressant

8 étoiles

Critique de Ellane92 (Boulogne-Billancourt, Inscrite le 26 avril 2012, 44 ans) - 5 février 2013

Je ne vais pas revenir sur l'histoire évoquée par ailleurs par les autres critiqueurs.
Je suis, comme souvent lorsque j'ouvre un livre de littérature asiatique, mitigée, incertaine de mes sentiments à son égard, encore plus incapable de dire si j'ai aimé ou pas. Je peux dire de "La maison où je suis née autrefois" qu'il est très bien construit, ménageant un suspense qui va crescendo. Le climat créé par l'auteur est singulièrement oppressant, suffisamment pour m'avoir mis parfois mal à l'aise. Mais je n'ai pas réussi à m'intéresser aux personnages, à l'histoire. Les "indices", l'écriture, la sensation d'oppression m'ont paru bien trop élevés, mal dimensionnés, par rapport à l'avancement de l'histoire. Je n'ai ressenti aucune empathie envers les personnages (pourtant, une jeune mère maltraitante et amnésique sur ses années d'enfance me ferait saliver en toute autre circonstance). Enfin, le dénouement de l'intrigue m'a paru "gros comme une maison" passé la première moitié du livre. Ce qui ne m'a pas empêché de le finir impatiemment, mais sans affect, oppressée, mais ni par l'histoire, ni par les personnages.
Une étrange expérience !

A la recherche du passé perdu

8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 62 ans) - 27 janvier 2013

Sayaka vient de perdre son père. Elle « hérite » d'une étrange clé et d'un plan. Mais elle est persuadée que cette clé lui permettra de retrouver les souvenirs des 6 premières années de sa vie qu'elle a complètement oubliées.
Elle demande à un ancien ami de l'aider à trouver cette maison. Et c'est finalement la lecture du journal d'un jeune garçon, la découverte d'indices dans cette maison abandonnée, figée, arrêtée à une heure précise qui leur permettra d'avancer.
De découvertes en déductions, les deux héros vont finir par découvrir la vérité sur l'enfance de Sayaka.

Un roman très bien construit, régulier, un peu froid et distant par rapport aux personnages vivants ou décédés, ou aux liens familiaux mais une lecture originale et captivante.
Même si je pense qu'il n'était pas indispensable de faire intervenir la propre adoption du héros; à moins qu'une suite ne soit prévue ou déjà écrite?

Huis-clos

9 étoiles

Critique de Koudoux (SART, Inscrite le 3 septembre 2009, 55 ans) - 16 décembre 2012

Une jeune mère de famille ne peut se souvenir des premières années de sa vie.
Elle reçoit à la mort de son père une clé et un plan.
Elle va donc rechercher cette maison avec l'aide de son ancien petit ami.
Le livre est un huis-clos entre ces deux personnes dans une maison pour le moins mystérieuse.
L'atmosphère créée est passionnante et nous tient en haleine tout le long du roman.
À la manière d'un puzzle, chaque fois que l'on se trouve dans une impasse, une "bonne pièce" fait son apparition et la recherche continue...
Un bon moment de lecture avec du suspense sans que soit un polar.

Une bien étrange maison

5 étoiles

Critique de Aliénor (, Inscrite le 14 avril 2005, 52 ans) - 25 septembre 2012

Sayaka Kurahashi est une jeune mère de famille en train de perdre pied. Epouse d’un homme d’affaires toujours absent, elle est malheureuse et maltraite sa petite fille. Incapable de comprendre ce qui la pousse à agir ainsi, elle pense toutefois que l’explication réside dans son absence totale de souvenirs avant l’âge de cinq ans. Elle a l’impression que sa vie a commencé à cet âge, et d’ailleurs les albums photos familiaux lui confirment cette impression puisque c’est précisément à ce moment qu’ils commencent.

Quand après la mort de son père, Sayaka reçoit en héritage une mystérieuse clef et un plan, elle se convainc qu’elle trouvera la réponse à ce mystère dès qu’elle aura ouvert la porte de la maison indiquée sur ce plan. Elle demande à son ancien petit ami de l’accompagner, et commence alors une bien étrange aventure.

Dans cette demeure où règne une atmosphère inquiétante, les deux amis vont aller de surprise en surprise. Les occupants semblent l’avoir quittée précipitamment, et c’est en analysant divers indices trouvés peu à peu qu’ils vont comprendre ce qui s’est passé entre ces quatre murs.

Bien sûr il ne faut pas en dire plus pour ne rien dévoiler de cette étrange histoire. On peut d’ailleurs regretter que le titre du livre, lui-même étrange, finisse par devenir explicite.
Même si l’écriture de l’auteur n’a rien de particulièrement remarquable – le roman est beaucoup trop dialogué à mon goût – il n’en demeure pas moins que l’atmosphère qu’il parvient à créer rend le roman assez envoûtant et qu’il est difficile de le lâcher. C’est pour moi une lecture de vacances idéale.

Les clés de la maison

9 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 51 ans) - 7 avril 2012

Bien que publié chez Babel noir, ce roman n’est pas policier en soi. Et il faut se laisser aller car la prémisse de base d’une maison abandonnée pendant tant d’années est invraisemblable. En fait, je dirais qu’il s’agit d’un exercice surréaliste. Le roman fonctionne à merveille - si on accepte de s’engouffrer dans cette mystérieuse demeure – en raison des multiples pistes et revirements. Le but de la trame est d’expliquer ce qui s’est passé. A cet égard, les trouvailles sont brillantes et nombreuses, pratiquement une leçon.

Déblocage d’un traumatisme d’enfance

4 étoiles

Critique de Isad (Occitanie, Inscrite le 3 avril 2011, 60 ans) - 1 avril 2012

Une femme qui veut absolument se souvenir de son enfance avant l’âge de 5 ans car elle maltraite sa fille et voudrait comprendre pourquoi, demande à son ancien petit ami de l’accompagner dans un endroit où son père, récemment décédé, se rendait tous les mois.
C’est un huis-clos à deux dans une maison remplie d’indices qui vont permettre de retrouver la mémoire.

L’ensemble est assez plat, sans suspense mais la réticence du narrateur à entrer dans l’histoire est bien montrée.

Si on cherche bien, on peut trouver des traces les thèmes utilisés qui tournent autour de la filiation, des parents biologiques ou adoptifs, des choix à faire et des secrets de famille.

IF-0312-3867

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