La vie est un songe
de Pedro Calderón de la Barca

critiqué par Montréalaise, le 31 décembre 2011
( - 27 ans)


La note:  étoiles
Voyage entre le rêve et la réalité
La plus célèbre pièce de Pedro Calderon de la Barca est étonnamment avant-gardiste. Même si elle fait partie du répertoire baroque espagnol du XVIIe siècle, plusieurs de ses thèmes annoncent le surréalisme du XXe siècle, tels les rêves, les pulsions, l'inconscient, le "meurtre" du père.

Le personnage principal, Sigismond, a été depuis sa naissance enfermé dans une tour par son père, le roi Basile de Pologne, craignant la réalisation prochaine d'une sombre prophétie, qui révéle que Sigismond deviendrait un cruel tyran. Parallèlement, Rosaure, une étrangère, arrive en Pologne, déguisée en homme, pour se venger d'Astolphe, neveu du roi et probable prétendant au trône, qui l'avait abandonnée et déshonorée.

Ces deux intrigues s'enchevêtront pour former un fascinante histoire qui s'étale sur 3 jours, mélangeant registre comique et tragique. Car Basile décidera de faire sortir Sigismond de sa tour en lui faisant croire que sa vie de palais n'est qu'un rêve, un pur produit de son imagination.

Cette pièce philosophique, écrite dans un style poétique majestueux et riche, est pour Calderon un combat entre le rêve et la réalité, le libre-arbitre et la fatalité, le conscient et l'inconscient.