Cacao de Jorge Amado

Cacao de Jorge Amado
( Cacau)

Catégorie(s) : Littérature => Sud-américaine

Critiqué par Vigno, le 24 août 2002 (Inscrit le 30 mai 2001, - ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (37 162ème position).
Visites : 4 514  (depuis Novembre 2007)

Aux uns la dégustation, aux autres l’exploitation

« J'ai essayé de raconter dans ce livre, avec un minimum de littérature au profit d'un maximum d’honnêteté, la vie des travailleurs dans les plantations de cacao du sud de l'état de bahia. Sera-t-il
sorti de là un roman prolétarien? »
« Ce livre est mal composé. Mais c'est qu’il n'a pas d'intrigue à proprement parler, et ces souvenirs de la vie des plantations, je les mets sur papier à mesure qu’ils viennent à l'esprit. J'ai lu quelques romans avant de commencer Cacao, et je vois bien que celui-ci n’a rien de commun avec eux. Tel qu’il est, le voici. J’ai voulu seulement conter la vie de la plantation. Parfois j'ai eu des envies d’écrire un pamphlet ou un poème. Peut-être n’ai-je pas réussi à faire un roman. »
Jorge Amado, fils de planteur, né en 1912 et décédé en 2001, a écrit ce livre alors qu'il n’avait pas 20 ans. Et il a la modestie (des grands) d'avouer que son roman n’est pas une réussite, à tout le moins du point de vue littéraire. Ce roman a quand même connu du succès dans son pays. Sans doute, en raison de l’audace de l’auteur, qui ne craint pas de fustiger les exploiteurs. Pour en savoir plus sur l'auteur : http://authologies.free.fr/amado.htm
Cacao raconte la vie dans une plantation du Brésil, dans les années 1920. La faiblesse littéraire de son livre vient du fait qu’il ne raconte pas vraiment l'histoire d’un héros. Il mène de front plusieurs histoires; en fait, il raconte l’histoire du groupe. Amado insiste plus sur la vie sociale des travailleurs (leurs amours, leur complicité, leur manque d'argent, leurs fêtes, leurs trahisons) que sur le travail lui-même. C’est un roman très court. On a vraiment l'impression que le jeune auteur « se fait la main ». Ceci étant dit, moi qui n'avais jamais lu Jorge Amado, j’ai bien l’intention de pousser plus loin ma découverte de cet auteur, en lisant ses grands romans Bahia de tous les saints et Dona Flor et ses deux maris.

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Les Ouvriers brésiliens des transplantations de cacao

7 étoiles

Critique de Libris québécis (Montréal, Inscrit(e) le 22 novembre 2002, 79 ans) - 24 décembre 2003

Cette oeuvre écrite en 1932 sur les ouvriers des plantations amorce en Amérique du Sud une conscientisation de l'exploitation de la main-d'oeuvre comme Zola l'avait fait en France avec Germinal. L'engagement social d'Amado lui a fait perdre d'ailleurs le Prix Nobel. Les hommes de gauche en Amérique du Sud sont très mal vus du fait que les États ne contrôlent pas l'économie. On y pratique un capitalisme sauvage qui entraîne l'assassinat des opposants et même de ceux qui tentent d'éveiller les consciences comme Mgr Romero, archevêque de San Salvador, qui fut tué en pleine messe dans sa cathédrale.
Jorge Amado ne se contente pas d'exposer les problèmes des ouvriers. Il propose toujours des solutions, car ce n'est pas un rêveur. Avec cette oeuvre, il indiquait déjà la voie de la syndicalisation comme solution à l'exploitation humaine. Au Québec, Marie-Paule Villeneuve a suivi les traces du grand maître en racontant dans L'Enfant cigarier l'exploitation des enfants dans les usines. Elle s'est inspirée d'un vrai modèle, soit un enfant de neuf ans de Sherbrooke, qui, devenu adulte, fut l'instigateur de la syndicalisation au Québec.
Cacao est une oeuvre plutôt bâclée, mais elle témoigne avec éloquence et efficacité d'une situation qui n'est pas prête de disparaître avec la mondialisation. Les hauts standards de vie des Occidentaux reposent sur l'exploitation de la population des pays pauvres ou sur le paupérisme créé par la technologie qui remplace une main-d'oeuvre déjà bon marché. C'est la perspective dans laquelle se situe cette oeuvre de l'un des meilleurs écrivains brésiliens avec Moacyr Scliar.

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