Eloge de la haine
de Khaled Khalifa

critiqué par Elya, le 21 décembre 2011
(Savoie - 34 ans)


La note:  étoiles
Ennuyant
Quelle déception ! Il ne manquait pas grand-chose pour faire de ce roman un très « beau » témoignage des abominables altercations qui ont eu lieu entre les islamistes radicaux Syriens et le gouvernement du pays et son despotisme. L’écrivain ne prend pas parti, les violences, l’horreur et la bêtise humaine sont présents des deux côtés. C’est un cercle vicieux dans lequel le pays s’est engendré et personne, ni la population, ni les dirigeants, n’arrivent à arrêter.

L’héroïne que nous suivons est issue d’une famille traditionnaliste. Parce que c’est une jeune femme, elle vivra avec ses tantes célibataires et un vieux gardien aveugle dans une grande maison d’Alep. Les femmes s’occupent comme elles peuvent, on sent bien qu’elles ne sont pas libres, et qu’un de leur rare loisir est d’aller au hammam, entre elles. Pour échapper à l’ennui, à cette vie qui n’a pas de sens, de but, notre jeune femme va très vite intégrer un parti militant islamiste et se passionner pour cette nouvelle activité.

« J’ignorais d’où me venait la force de croire que le chemin du paradis s’ouvrait devant moi. Je désirais devenir une martyre, être emportée par de blanches colombes – mes péchés pardonnés – vers ce paradis que nous avait esquissé hajda Sou’âd sans laisser place au doute. Mes angoisses s’étaient calmées, je retrouvai soudain la certitude de la foi, moi la parent de Bakr, né pour concrétiser le rêve d’anéantir la débauche et faire renaitre la gloire du califat islamique. »

C’est en fait une grande partie de sa famille qui sera complice des dizaines de meurtres dans la ville d’Alep.
Malheureusement, on se perd au milieu de tous ces noms de personnages, très vite on ne sait plus qui est qui, quels sont les liens. Il y a plein de petits récits banals et ennuyants encastrés dans ce plus grand récit intéressant. Finalement, la narration lourde et maladroite nous pèse presque plus que les atrocités qui sont racontées.