Soleil des loups
de André Pieyre de Mandiargues

critiqué par Hélian, le 11 décembre 2011
( - 42 ans)


La note:  étoiles
Soleil des loupes
Chef-d'oeuvre pour certains, ce recueil de 6 nouvelles d'André Pieyre de Mandiargues m'a laissé une impression plus que mitigée.
D'abord quelques remarques générales. La tonalité est assez particulière, plus proche du surréalisme que de la littérature fantastique pure. Pour le style, s'il est de haute tenue, il m'a paru surtout plein de fioritures, à la limite de la préciosité. Mandiargues sacrifie souvent l'intelligibilité à la musicalité, à tel point qu'on devrait presque plus parler de poèmes en prose que de nouvelles. Paradoxalement, la richesse en détail de ses descriptions est ce qu'il leur fait perdre leur force d'évocation. De paragraphes entiers qu'on lit (et relit) laborieusement, on ne retient qu'une ou deux phrases. L'ouverture de L'Archéologue (le premier et le meilleur texte) en est un bon exemple.
Un autre élément problématique est l'écart existant entre ce soin microscopique (le titre devrait être Soleil des loupes) et ultra-calculé porté à la forme avec la pauvreté ou le flou de l'histoire. La dimension poétique chez Poe, parce qu'elle est intimement liée à la dimension narrative, donne le vertige au lecteur ; chez Mandiargues, elle l'enfume. A la fin de chaque nouvelle de Soleil des loups (sauf pour L'Archéologue) je me disais : "C'est tout ? Tous ces détails, ces détours et c'est tout ? "
En guise de bref passage en revue :
L'Archéologue : malgré son manque d'unité et la conclusion grotesque le meilleur texte plein d'une sexualité trouble.
Clorinde : jolie miniature sans grand intérêt.
Le Pain Rouge : surprenant au début puis très vite ennuyeux, la nouvelle contient pourtant une des plus belles visions du livre (les Singsong bees).
L'Etudiante : insignifiant, fait penser à Borges en moins bien.
L'Opéra des Falaises : trop de style tue le style. Un semblant d'histoire, une belle conclusion.
La Vision capitale : drôle ?