Le Horla de Guy de Maupassant

Le Horla de Guy de Maupassant

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Nouvelles

Critiqué par Lolita, le 2 août 2002 (Bormes les mimosas, Inscrite le 11 décembre 2001, 31 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 19 avis)
Cote pondérée : 8 étoiles (355ème position).
Visites : 14 972  (depuis Novembre 2007)

Les mots défilent sous mes yeux comme envoûtée....

Un livre excellent rempli de petites nouvelles à dévorer... Mélange de suspens, de folie, de terreur, d'humour... Bref, si vous ne deviez lire qu'un seul livre de Maupassant ce serait celui-ci...
Le horla raconte la dégradation d'un homme face à la folie. Jour et nuit il se sent traqué. Il sent derrière lui comme une présence... Le conte de la folie s'achève en cauchemar parapsychique et en roman d'anticipation...
Amour, après les sueurs froides du Horla, nous détend et nous amuse dans cette nouvelle d'environ 5 pages.
Clochette, où l'existence d'une pauvre vieille. Ici, Maupassant nous raconte cette nouvelle comme un vieux souvenir. Le signe, l'histoire plutôt drôle d'une jeune femme prise d'une envie furieuse de se prostituer...
Vraiment toutes les nouvelles sont excellentes et je dois bien avouer que j'ai lu le livre d'une traite. Peut-être que le héros de Maupassant se sent possédé, en tout cas, dans ce livre c'est le lecteur qu'il envoûte...
Petit extrait de Clochette :
"Celui-là est si vieux, si vieux que je ne saurais comprendre comment il est resté si vif et si tenace dans mon esprit. J'ai vu depuis tant de choses sinistres, émouvantes ou terribles, que je m'étonne de ne pouvoir passer un jour, sans que la figure de la mère Clochette ne se retrace devant mes yeux, telle que je la connus, autrefois, voilà si longtemps, quand j'avais dix ou douze ans. C'était une vieille couturière qui venait une fois par semaine, tous les mardis, raccommoder le linge chez mes parents. Mes parents habitaient une de ces demeures de campagne appelées châteaux, et qui sont simplement d'antiques maisons à toit aigu, dont dépendent quatre ou cinq fermes groupées autour. Le village, un gros village, un bourg, apparaissait à quelques centaines de mètres, serré autour de l'église, une église de briques rouges devenues noires avec le temps. Donc, tous les mardis, la mère Clochette arrivait entre six heures et demie et sept heures du matin et montait aussitôt dans la lingerie se mettre au travail. C'était une haute femme maigre, barbue, ou plutôt poilue..."

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Un spécialiste

9 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 66 ans) - 18 décembre 2014

Sept nouvelles d’un spécialiste.

1. « Le Horla « : un homme seul habitant une maison à Rouen se sent surveillé, menacé, et ce qui advint …
2. « Amour » : deux oiseaux, une femelle et un mâle, abattus lors d’une partie de chasse …
3. « Le trou » : dispute fatale entre deux pêcheurs …
4. « Sauvée » : une épouse prend son mari en flagrant délit par l’entremise de sa nouvelle servante …
5. « Clochette « : la tragique histoire d’une femme d’ouvrage lâchement abandonnée par son amant …
6. « Le marquis de Fumerol » : les derniers instants d’un franc noceur, libre penseur …
7. « Le signe « : une femme mariée qui fait la fenêtre (et pas le trottoir) …

( Vicieux comme je suis, c’est cette dernière que je préfère entre toutes)


Extraits de « le Horla » :


- Est-ce que nous voyons la cent-millième partie de ce qui existe ? Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises et jette aux brisants les grand navires, le vent qui siffle, qui gémit, qui mugit – l’avez-vous vu et pouvez-vous le voir ? Il existe pourtant.

- Quand nous sommes seul longtemps, nous peuplons le vide de fantômes.

quelle bonne nouvelle !

5 étoiles

Critique de Krapouto (Angouleme Charente, Inscrit le 4 mars 2008, 72 ans) - 1 novembre 2014

J'ai lu une édition qui propose les 2 versions du Horla, lettre d'un fou et une vingtaine de (bonnes?) nouvelles.
Pourquoi les 2 versions du Horla ? pour qu'on voie la différence ? oui, on l'a vu mais on a surtout subi tout ce qui est identique. Toutes les oeuvres littéraires ont eu plusieurs versions, revues, corrigées, et on ne publie que la dernière !
Les nouvelles qui suivent sont de la même veine , le même filon de la démence, des hallucinations, des comportements irrationnels , et tous les maux passant dans sa tête.
Certaines sont captivantes, mais la série est lassante à la longue.
Et décidément j'ai du mal à me faire au style XIXème.

Préféré

10 étoiles

Critique de TheYoung (, Inscrite le 1 juillet 2013, 18 ans) - 1 juillet 2013

Le Horla est l'une des meilleures nouvelles de Maupassant, qui est l'un de mes auteurs préféré. Après avoir lu les 2 versions j'estime que la meilleure nouvelle est celle écrite comme un journal intime qui rend cette petite histoire beaucoup plus vivante. Et bien sûr j'adore Maupassant pour son sens inné du "surnaturel ou pas?" et bien sûr du "vrai ou pas vrai?". Et j'aime aussi quand à la fin, on explique le pourquoi du comment.

Un classique du genre.

10 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 37 ans) - 7 avril 2012

Il existe deux versions du "Horla", la première est courte et sous forme de récit, la seconde sous forme de journal intime. Cette dernière est un bijou. L'on suit les confidences du narrateur qui a le sentiment qu'un esprit rôde dans sa demeure. Il a l'impression de sentir un souffle, de se sentir épié ... Apparition ? Manifestation de la folie du narrateur ? Déraison qui n'est pas sans rappeler le déséquilibre psychologique de l'écrivain lui-même.

Maupassant emporte son lecteur, le fait douter, le malmène, l'inquiète. Il est indéniable que l'écrivain maîtrise son sujet et a le sens du rythme. La chute est redoutable.

L'une des meilleurs nouvelles que j'ai lues.

A toujours avoir à portée de main

5 étoiles

Critique de Judas (, Inscrite le 7 février 2012, 23 ans) - 10 février 2012

je viens juste de terminer "le horla ". C'est un roman assez passionnant, un recueil de nouvelles fantastiques. j'ai savourée le style de l’écriture, il a su donner en détail, chaque chose, chaque émotion, chaque évènement (Bien propre à son style) sans qu'on se perde dans les détails, sans s’ennuyer, sans tourner en rend, avec les bons adjectifs, les bons termes ; et de magnifiques expressions. J’ai apprécié et je me suis délectée de chaque passage, rien que pour le plaisir de sa lecture.
Dans cette édition, il y a deux versions de "la Horla ", et la lettre d'un fou. La première parue en 1885, est une lettre, adressée à son docteur, où il se confesse ; lui raconte sa mésaventure, et achève sa lettre par une question "dites-moi ce que je dois faire?". la seconde ; en 1886, sous forme de récit, où la personne est rentré de gré dans un asile, et cette fois-ci encore il explique à des médecins ce qu'il lui arrive. enfin sous forme de journal intime; en 1887.
Personnellement, j'ai trouvé les deux premières versions réussies ; mais, il en reste que je préfère le journal, il y a un ordre chronologique, plus de détails et d'éléments. Il arrive à un certain point, où " la horla " se matérialise ou bien se personnifie , ça crée une confusion. Est-ce une fiction, un document ou bien un témoignage ?? Mais l'histoire en général reste la même, possédé par un double maléfique, qui le honte, qui lui détruit sa vie. A cette époque, ce genre de comportement se nommait " la folie ", ce qui est de nos jours, une dépression ou tout autre maladie nerveuse. Qui a une explication tout à fait compréhensive et prouvée scientifiquement. mais à l'époque, cela restait un phénomène, sans explication logique et rationnelle, les auteurs du 19 siècle l'ont utilisé comme sujet pour leurs romans fantastiques.
pour le reste du roman, les thèmes tournaient surtout autour de la folie (Un fou?, qui sait?, lui?. ..) ; la peur (la peur , auprès d'un mort, apparition ; la main, la main décrochée..) ainsi que l’obsession poussée (cas de divorce. la nuit. la chevelure ;. .. ) Qui remarquons-le ; chacune des obsessions des personnages se retournait contre eux ; jusqu’à les démolir intérieurement (belle leçon de vie !!) mais aussi des nouvelles, juste pour le plaisir d'écrire, je suppose, car elles n’ont pas de but précis à part de narrer comme "le loup" ou bien " le tic" ou encore sur l'eau".
En conclusion, Guy de Maupassant a voulu nous transmettre son idée de la folie. Un fait fantastique, les hallucinations; une chose inexplicable avec un soupçon de mystère. Ce que aujourd’hui on arrive à donner un nom à cette mystérieuse " folie". Alors nos enfants et futurs petits-enfants donneront-ils à leur tour un nom aux personnes que nous nommons de nos jours "Fou" ??

Un Maupassant Culte ou sa raison l'emporte.

10 étoiles

Critique de Anonyme3 (, Inscrit le 6 septembre 2011, - ans) - 27 octobre 2011

Dans cette édition du Livre de Poche nous trouvons trois nouvelles: deux versions du HORLA et la Lettre d'un Fou (88pages).
Maupassant passionne, agace, angoisse, mais finit par émouvoir, distraire et passionner les lecteurs. Maupassant a écrit le HORLA en 1887, à une période de sa vie où la folie l'a emporté.
Le HORLA est une nouvelle où il rapporte ses angoisses et troubles par une sorte de journal : il sent autour de lui la présence d’un être invisible qu'il nomme le « Horla ». Au début lucide, il sombre peu à peu dans la folie en cherchant à se délivrer de cette emprise.
Nouvelle passionnante, qui nous en apprend beaucoup sur les troubles et les angoisses de l'auteur.
A lire, absolument pour tout fan de fantastique et simplement de belle écriture.

Bien écrit

7 étoiles

Critique de Adrien34 (, Inscrit le 18 janvier 2009, 27 ans) - 27 décembre 2010

Je ne suis pas un fan inconditionnel de Maupassant, cependant la première nouvelle de ce roman m'a quand même laissé un souvenir agréable. Raconter la folie n'est pas chose aisée, d'autant plus quand c'est celle de l'auteur qui est décrite avec brio. Les autres nouvelles ne valent pas la première.

Paranoïaque

10 étoiles

Critique de Nowhereboy (Rennes, Inscrit le 7 décembre 2010, 38 ans) - 22 décembre 2010

«Quand nous sommes seuls longtemps, nous peuplons le vide de fantômes.»
Bien entendu, à la lecture du recueil, la nouvelle qui lui donne son titre reste la plus frappante. Ma préférence va à la deuxième version, sous la forme du journal intime, entre raison et folie, qui nous fait vraiment entrer dans la tête du héros et qui maintient le doute sur l'existence réelle du Horla. Maupassant se révèle ici un maître de l'angoisse en rendant littéralement visible pour le lecteur l'être imperceptible, l'Autre insaisissable qui hante son récit. J’ai également beaucoup apprécié "La main d'écorché"… Un classique du fantastique, genre naissant à l’époque (cf. Edgar Poe).

4 étoiles!

8 étoiles

Critique de Js75 (, Inscrit le 14 septembre 2009, 34 ans) - 22 juillet 2010

Le Horla est une nouvelle écrite par Guy de Maupassant. Le style est concis, honorable, l'intrigue est captivante, fouillée, d'une grande originalité. Un ouvrage d'un très bon niveau, troublant, onirique, novateur, un grand classique à lire.

Superbe !

10 étoiles

Critique de Guidi (,, Inscrit le 7 décembre 2009, 21 ans) - 5 avril 2010

En lisant Le Horla, je découvre une histoire courte, extrêmement bien écrite et la littérature de Maupassant. A nos jours, certains livres sont difficiles par leur langage; pas celui-ci. Certains sont des gros pavés dont on a pas tellement envie de s'y attarder ; pas celui-là. Ce livre fait un peu réfléchir à la vie, même si c'est un conte noir, je le trouve magnifique, pour un classique !

Fantastique!

8 étoiles

Critique de Rouchka1344 (, Inscrite le 31 août 2009, 27 ans) - 24 janvier 2010

Guy De Maupassant est pour moi l'un des meilleurs auteurs de son siècle! Son écriture est simple, concise et il ne s'embête pas avec des descriptions aussi longues que le bras.

Le Horla est un recueil de récits courts mais tellement bien écrit que certains vous glacent le sang. Toutes n'ont pas le même intérêt, certaines sont à laisser de côté (tout dépend de l'humeur du moment). Mais on s'amuse et Maupassant se révèle être un formidable conteur!

j'adore

7 étoiles

Critique de Ingrid26510 (, Inscrite le 8 mars 2008, 30 ans) - 9 mars 2008

le horla m'a passionnée, je l'ai lu et relu, par contre les autre nouvelles m'ont déçue après avoir lu le horla je m'attendais à mieux

Inégal, mais Le Horla est un classique

7 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 27 février 2008

Le Horla et autres contes d'angoisse est un cadeau d’anniversaire que m’a offert mon amie. Ce livre a été choisi en grande partie à cause de sa couverture (oui, nous sommes à ce point superficielles). C’est un recueil des nouvelles les plus lugubres de Maupassant. Inégales, mais Le Horla en vaut la chandelle.

On retrouve trois versions de Le Horla : Lettre d'un fou (en 1885, sous forme d’une lettre adressée à un docteur), Le Horla (en 1886, sous forme de dialogues), Le Horla (en 1887, sous la forme d’un journal intime). Les deux premières sont intéressantes, envoûtantes même, mais la version de 1887 est plus complète et profonde. Le narrateur est persuadé qu’une présence invisible s’introduit dans sa chambre. Je ne veux pas trop révéler. C’est épeurant et c’est la nouvelle clé de ce recueil. Cette nouvelle a inspiré Lovecraft et plusieurs films d’extraterrestres.

La Main d'écorché est l’une des premières nouvelles de Maupassant, qu’il a publié en 1875 sous le pseudonyme de Joseph Prunier. Lors d’une soirée entre amis, un des convives ramène une main morte. Peut être qu’à l’époque ça n’était pas le cas, mais j’ai trouvé l’histoire prévisible et je préfère quand c’est plus gore, comme le récit des voleurs de tombes du Molosse de Lovecraft.

J’ai aimé quelques parties du Docteur Héraclius Gloss. C’est l’histoire d’un homme qui se questionne sur la réincarnation jusqu’à s’en rendre fou, il se rapprochera des bêtes au détriment des humains. J’ai aussi aimé la finale, mais l’ensemble est long et lent.

Sur l'eau est atmosphérique, mais j’ai trouvé le récit trop court pour embarquer, c’est le cas aussi de Le Loup. Il faudrait que je les relise.

« Coco, coco, coco frais! » est insignifiant. Un homme à l’article de la mort qui attend dire « Coco » est heureux parce que ça porte chance... L’histoire est courte, mais c’est trop long encore.

J’ai trouvé Suicides déprimant. Prévisible, non? C’était quand même intéressant.

Je me rappelle à peine de Magnétisme, Rêves et Conte de Noël. J’ai trouvé ces nouvelles très ordinaires.

Le recueil fini avec Auprès d'un mort, que j’ai trouvé drôle et visuel.

Ça se termine sur une bonne note. Quelques bonnes nouvelles, mais je préfère encore Boule de Suif. Je conseille ce recueil à ceux qui aiment Maupassant ou qui veulent découvrir Le Horla.

Histoires de fous.

8 étoiles

Critique de TELEMAQUE (, Inscrit le 9 février 2006, 69 ans) - 10 novembre 2006

Histoires de fous.

Dans cette édition du Livre de Poche nous trouvons trois nouvelles: deux versions du HORLA et la Lettre d'un Fou.
Maupassant a eu l' intuition de la folie, de ce qu'à son époque on nommait ainsi, faute d'un vocabulaire adapté. Puis la fin de sa vie en a été affectée, séquelle de la syphilis contractée en 1870. Les connaissances psychiatriques de son temps étaient réduites à l'hystérie comme symptôme observable et à divers types d'aliénation que l'on nommait à défaut "crétinisme", hébétude", "mélancolie" selon l'ampleur de leur manifestation.
Les expériences de Charcot sur l'hypnotisme découlaient de celles de son prédécesseur Messmer, mi-charlatan, mi médium qui avait exercé au siècle passé, le XVIII ème, et laissaient entrevoir la possibilité d'une interaction entre le mental et le physiologique. L'inconscient n'avait pas encore statut de vedette, Freud n'étant encore occupé qu'à en faire la découverte.

Un phénomène d'hallucination, de vision, de dédoublement pouvait donc être ressenti par le patient et le vulgaire comme d'origine para normale, et les symptômes de ce qui est reconnu aujourd'hui sous le nom de dépression nerveuse, forme la plus commune et la plus facilement traitable des "maladies de l'âme" laissaient la Faculté désemparée autant qu'elles laissaient désemparées les capacités intellectuelles de celui qui était, comme dans le "Horla" ou le "Journal d'un Fou" victime et témoin lucide de telles manifestations.
La mélancolie n'était pas reconnue comme le signe d'une pathologie, et les connaissances scientifiques de l'époque ne permettaient pas encore de nommer la schizophrénie.
Un aliéniste tentait d'éliminer les symptômes par de vigoureux traitements chimiques ou des douches froides, les malades les plus "agités", ceux affectés de "folie furieuse" étant soumis à la contention, à l'enfermement.

Le scientisme, la rationalité revendiquée qui marque l'époque s'accommodent mal de manifestations comme les hallucinations. La littérature s'en empare pour les faire figurer dans le domaine du fantastique, représentation objective et rassurante d'un phénomène inexpliqué.
Le domaine du fantastique s'ouvre donc lorsque l'hallucination laisse des traces matérielles, des preuves de l'intervention d'un double réel ou d'une créature qui serait l'émanation de quelque mystérieuse puissance ou volonté, sans que l'on sache vraiment s'il s'agit d'un prolongement de l'hallucination, ou de l'interprétation abusive de phénomènes tout à fait normaux.

Dans le Horla la "chose" qui visite le narrateur pendant la nuit, boit son eau, mais ne touche ni au vin ni aux aliments solides, elle se manifeste dans ce qu'elle choisit de "voler" au narrateur et lui amène comme la preuve qu'elle a une réalité, une présence, qui si elle n'a pas d'apparence physique n'en révèle pas moins une "existence".
C'est cette existence, non visible, mais cernable par les traces qu'elle laisse qui présente ce caractère fantastique.

Ce que l'on sait aujourd'hui des dérives de la raison, les apports de la neurophysiologie, de la neuropsychiatrie et de la biochimie du cerveau et du système nerveux en général, nous permet de ne pas considérer comme a-normal celui qui manifeste de tels troubles et d'en relier les manifestations à un dysfonctionnement qui prend le caractère d'une pathologie. La puissance de l'évocation peut, on le sait se traduire par des manifestations physiques, comme les stigmates.

Il n'en reste pas moins que dans le "Horla", le phénomène hallucinatoire devient contagieux, ce qui achève de le rendre inexplicable. Il résiste à toute la capacité de raisonnement critique dont disposait l'époque.

Faut-il voir dans ces nouvelles, si éloignées des sujets de prédilection de Maupassant, héritier de Flaubert, une passerelle entre réalisme et symbolisme? Y voir ce que l'on peut voir avec le recul dans le "Cri" de Munch: une sorte de prémonition de ce que sera le siècle qui s'annonce, le vingtième?

C'est un peu fou, non?

Cinquante Cinquante

7 étoiles

Critique de Gahwem (Suisse, Inscrit le 4 mars 2006, 26 ans) - 21 mars 2006

Le horla est vraiment génial, la main écorchée aussi, certaines autres nouvelles sont intéressantes, mais la plupart des minuscules nouvelles sont très décevantes... il y a trop de détails pas importants et pas assez de matière pour traiter des sujets comme l'eau...

Bravo quand même pour ce beau recueil

de quoi se poser des questions

8 étoiles

Critique de Lecteur n°1 (, Inscrit le 10 juin 2005, 32 ans) - 26 décembre 2005

Maupassant nous emmène dans un monde plein de folie et de choses étranges et nous interroge sur la réalité des êtres et des choses fantastique. Vraiment intéressant!

J'aime à la folie

10 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 39 ans) - 10 mai 2005

Navré pour ce nouveau calembour pitoyable. Mais il a pour mérite tout de même de rendre part de manière fidèle de ce que je pense de ces nouvelles.
Le fantastique agace autant qu'il passionne, et je me suis amusé, pour chacune d'elles, à inventorier les explications plausibles, s'il en a, à celles qui le seraient beaucoup moins. Cela permet un jeu d'enquête et d'invention très stimulant, tout en donnant la chair de poule.

Un des grands "rois" de la nouvelle...

10 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans) - 16 août 2002

A mes yeux Maupassant mérite ce titre et de loin !... Il est à la nouvelle française ce que Hemingway était à la nouvelle américaine.

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