Adios muchachos
de Matz (Scénario), Paolo Bacilieri (Dessin)

critiqué par Hervé28, le 20 octobre 2011
(Chartres - 50 ans)


La note:  étoiles
Meurtre au soleil
J'ai découvert cette bd presque par hasard, au détour d'une dédicace avec les deux auteurs. J'avoue que je ne suis pas un grand fan des adaptations de romans en bd. La dernière fois que je suis resté scotché par une telle adaptation, c'était pour "l'ultime défi de Sherlock Holmes" (après le très remarqué "Shutter Island" de De Metter), toujours dans la même collection.
Et là j'ai été séduit sur deux points: l'histoire qui, de chapitre en chapitre, multiplie les rebondissements ,et le dessin de Paolo Bacilieri qui épouse parfaitement le climat de Cuba. Ses illustrations sont lumineuses, avec des traits très simples.
Le scénario peut sembler du déjà vu, mais pour ma part j'ai tourné les pages avec impatience pour connaitre la suite.
Bluffé, j'ai littéralement été bluffé par cette adaptation de Matz de ce roman de Daniel Chavarria.
Il s'agiit d'un très bon polar de série B , comme je les aime.
Pièges sur l'île... 8 étoiles

Il y a d’abord la couleur, le soleil et l’île de Cuba. Cela vous saute aux yeux bien avant le postérieur de la chère Alicia, qui lui aussi, arrive très vite et mérite bien quelques attentions…

Très rapidement, on est pris par la construction des manipulations et on se doit de tourner page après page pour savoir. Rien ne nous arrête plus. C’est d’autant plus surprenant que rien n’est extraordinaire, c’est du déjà plus ou moins vu mais ça fonctionne parfaitement. On sent très rapidement que d’une part le roman est un bon polar latino, comme on dit, et d’autre part que le scénariste qui signe l’adaptation en bédé est un auteur solide. Pas étonnant de voir Alexis Matz, le scénariste du Tueur, de Cyclopes, à pareille fête !

Ensuite, le dessin se révèle être tout à fait adapté à la situation. Il participe à notre dépaysement, à notre passage sur l’île de Cuba. Je ne connais pas ce lieu mais j’avoue que je le retrouve là comme je l’avais imaginé, ni trop beau ni trop abîmé, un Cuba que l’on aimerait visiter toutes affaires cessantes…

Enfin, la crédibilité des personnages est forte et le lecteur se laisse bien manœuvrer par les auteurs jusqu’aux dernières pages. Oui, ça fonctionne parfaitement bien, sans génie supplémentaire, mais sans fausse note, non plus.

Cette bande dessinée fait partie de ces ouvrages qui nous offrent un très bon temps de lecture, que l’on ne regrette pas d’avoir eu en main, même si ce n’est pas nécessairement ceux que l’on va relire dès demain matin. Mais cette adaptation remplit bien sa mission : nous distraire, tout simplement !

Occasion de rappeler qu’Alexis Matz n’est pas seulement un scénariste de cette très bonne collection Noir des Editions Casterman et Rivages, il en est un des deux directeurs. Bravo donc pour cette collection qui d’album en album confirme sa qualité, son sérieux et surtout justifie totalement sa raison d’être…

Il m’arrive même de me demander si je ne préfère pas encore plus les adaptations de ces romans noirs en bédé que celles au cinéma. Allez savoir…

Shelton - Chalon-sur-Saône - 63 ans - 7 novembre 2011