Les Sex Pistols, le Clash et l'explosion punk de Bruno Blum

Les Sex Pistols, le Clash et l'explosion punk de Bruno Blum

Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Musique

Critiqué par Patman, le 28 septembre 2011 (Inscrit(e) le 5 septembre 2001, 56 ans)
La note : 8 étoiles
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London Calling...

Bruno Blum est un personnage pour le moins atypique. « Doc Reggae » comme on le surnomme est musicien, producteur, auteur de BD, peintre, collectionneur de pochettes de disques et accessoirement journaliste et écrivain. Il fut de 1977 à 1981 le correspondant à Londres du mensuel Best. Vous vous souvenez de Best ? avec Rock & Folk il constituait l’essentiel de la presse rock française en ce temps là ! Comme vous l’aurez compris, son trip à lui, c’est Marley et les rastas, « Punk, Sex Pistols, Clash et l'explosion punk » est donc un livre qui dénote quelque peu dans la vaste bibliographie qui compte quand même une vingtaine d’ouvrages. Mais Blum peut se targuer d’avoir vécu le phénomène punk anglais de l’intérieur, il fut d’ailleurs membre fondateur du groupe punk Private Vices, on peut donc penser qu’il sait de quoi il parle.
Cet ouvrage, richement documenté sur le plan iconographique, nous replonge dans le bouillonnement extraordinaire que fut cette époque dans l’histoire de la musique rock. Vous le savez sans doute, il y a deux « écoles » dans le mouvement punk ; tout comme dans les sixties il y avait les pro-Beatles et les pro-Stones, il y aura dans les seventies les pro-Sex Pistols et les pro-Clash… Blum est ouvertement dans le camp des seconds et pour cause, le Clash revendiquant haut et fort des influences dub et reggae ! Contrairement au livre de Christophe Bourseiller que j’ai critiqué ici même, ce n’est pas l’aspect sociologique qui intéresse l’auteur mais bien l’origine, ou plutôt les origines, historique(s) du mouvement. Au début du livre on replonge dans la musique noire américaine : jazz, blues, gospel même, sont pour lui à la base du punk ! Mélangez –y bien sûr la musique jamaïcaine et les influences country du grand ouest américain, secouez le tout, saupoudrez de déhanché à la Elvis, accélérez le tempo au maximum et vous obtenez ce qui se fait de mieux en matière de musique déglinguée et de rébellion… Simple non ? Selon Bruno Blum, ce qui va motiver ce grand chambardement musical, c’est la lassitude qui s’est emparée de bon nombre de jeunes à l’époque. Les grands groupes qui avaient insufflé un vent nouveau dans les sixties, soit n’existent plus, soit se sont endormis et embourgeoisés. Les musiciens sont devenus des virtuoses, les morceaux joués sur scènes durent 10 à 15 minutes avec « soli » à répétition (guitare, batterie, re-guitare…) 3 minutes de chansons et 12 de viaducs musicaux ! Il y a bien le Velvet Underground qui secoue un peu le cocotier au début des 70’s mais c’est une démarche avant tout intellectuelle et artistique et elle trouve peu d’écho auprès des jeunes des banlieues ouvrières anglaises ou américaines. Le punk, c’est avant tout une philosophie nouvelle, nihiliste, puisque de toute façon la vie est nulle. Pour faire du punk, pas besoin de savoir jouer d’un instrument, on apprend sur le tas, on plaque 3 accords durant deux minutes et le tour et joué ! On joue vite, on crie fort. Pas d’intro, pas de conclusion… un texte violent et volontiers provoc et voilà…
La plus grande partie du livre est consacrée aux deux groupes emblématiques que sont les Sex Pistols et The Clash, on devine les affinités de Bruno Blum avec Johnny Lydon (Sex Pistols puis PIL) et Joe Strummer (The Clash) et son antipathie envers Malcom Mc Laren, « manager » des Pistols et surtout grand maître en escroquerie… mais l’auteur n’occulte pas pour autant le reste de la production punk de l’époque. Les groupes issus du Bromley Contingent (Siouxie & the Banshees, Adam & the Ants, …), les pionniers (Damned, Buzzcocks,…), les « pub bands » (Stranglers, Eddie & the Hot Rods, Ian Dury,…) et bien sûr les grands frères américains ( Ramones, Heartbreakers, New York Dolls,…) Il nous parle également de toutes les émanations diverses et variées qui s’en sont suivies (New Wave, Cold Wave, etc…). L’ensemble est plutôt plaisant à lire ; ça fourmille d’anecdotes plus ou moins croustillantes ou tragiques ; le ton est volontairement rock’n’roll et on ne s’ennuie pas une minute. 1976-1980, 4 années clé dans l’histoire du rock selon Bruno Blum. Je suis assez d’accord avec cette vision des choses.
Un bon moment de lecture à savourer sans modération.

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Les éditions

  • Les Sex pistols, le Clash et l'explosion punk [Texte imprimé] Bruno Blum
    de Blum, Bruno
    Hors collection / Collection dirigée par Gilles Verlant
    ISBN : 9782258069596 ; EUR 24,90 ; 21/12/2006 ; 159 p. ; Broché
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