Les Nains de la Mort de Jonathan Coe

Les Nains de la Mort de Jonathan Coe
( The dwarves of death)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Teacher, le 5 juillet 2002 (Pulnoy, Inscrit le 4 juillet 2002, 51 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 10 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 872ème position).
Visites : 2 919  (depuis Novembre 2007)

LA PERTE DE L'INNOCENCE

Le prétexte est une intrigue policière qui nous tient en haleine jusqu’à la fin et dont les ressorts sont posés dès le premier chapitre : le narrateur, un jeune musicien, rencontre les membres du groupe que son manager veut qu’il rejoigne dans une maison d’une banlieue cossue de Londres. Mais il assiste au meurtre du leader du groupe par des nains et, pris de panique, il s'enfuit à l’arrivée de la police. Un chapitre intitulé Interlude relance un peu le suspense en plein milieu du roman en revenant sur sa fuite après le meurtre. Mais ensuite c'est seulement dans les trois derniers chapitres que l'on revient au suspense policier jusqu'au dénouement incroyable. Mais tout cela ne prend que la moitié du roman.
L’enjeu véritable est ailleurs et notamment dans le fait que cet événement permette au jeune narrateur de faire le point sur sa vie et cet événement tragique est vu par lui comme l'aboutissement d'un parcours semé d’échecs en tous genres. Il revient alors sur ses amours compliqués avec Madeline, une jeune fille catholique, sage et quelque peu naïve, sur son envie de quitter sa province pour tenter sa chance en tant que musicien dans la capitale, sur ses amitiés, sur sa passion de la musique etc… Sur le ton de la confidence , avec le souci de sincérité , le narrateur évoque au gré de ses sentiments et au mépris de la chronologie des évènements de sa vie , ne dissimulant pas sa candeur ni son immaturité touchante. Non dénué d’humour, il peint les petites tracasseries quotidiennes de sa vie avec sa colocataire, ses soucis avec les transports en commun.
Au final, ce roman nous parle de la perte de l’innocence et nous décrit le parcours de quelqu'un qui grandit bien malgré lui - et en dépit de sa petite taille. Les circonstances de la vie amènent le héros à se confronter à un univers qu'il ne connaissait pas , à perdre ses illusions , à découvrir la complexité du monde qui l'entoure mais malgré tout, il parvient à rester lui-même et à garder en lui une forme aboutie de candeur.

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« Et chacun doit vivre sa vie et Dieu sait que je dois vivre la mienne » (Morissey)

7 étoiles

Critique de Jlc (, Inscrit le 6 décembre 2004, 73 ans) - 20 avril 2012

Cette phrase mise en exergue de ce roman me fait imaginer que Jonathan Coe a un tempérament mélancolique. L’écriture doit être pour lui une nécessité pour vivre dans un monde qui n’est pas toujours acceptable. On sent qu’il prend plaisir à écrire. La fluidité de son style, son goût du récit, son sens de l’observation de ses contemporains, sa perception extrêmement fine d’une émotion ou de la fugacité d’un sentiment, son sens de l’humour, sa passion pour la musique dont il sait restituer le rythme par le choix des mots et la cadence des phrases donnent au lecteur un plaisir de grande qualité. Plaisir que rehausse une ambiance mélancolique et parfois un peu nostalgique.

Je ne reviens pas sur l’histoire et les passages soulignés à juste titre par les précédents critiques. Cependant j’en rajouterai un : « Il y a des gens qui ne se rendent pas compte qu’un simple « non » peut-être parfois la plus douce des réponses ». Il écrit cela pour décrire les désillusions de chômeurs à qui on promet une réponse rapide qui souvent ne viendra jamais au lieu de leur dire clairement pourquoi on ne retient pas leur candidature et ainsi peut-être mieux les aider. Ces lignes qui ont un quart de siècle gardent toute leur cruelle actualité.

Certes « Les nains de la mort », qui a été écrit quand Coe avait moins de 30 ans, n’est pas son meilleur livre mais il est intéressant pour celles et ceux qui suivent son travail car il annonce « Testament à l’anglaise », « Bienvenue au club », « Le cercle fermé » ou encore « La vie très privée de Mr Sim ». Et pour les autres, voilà un roman qui leur fera passer un bon moment. Je lui ferai toutefois le même reproche que celui déjà formulé pour « Testament à l’anglaise » : la fin est un peu trop grand guignol et le personnage de Karla quelque peu outré. Mais je sais que d’autres critiques ne partagent pas ce point de vue.

Le livre se referme sur le point d’interrogation de la vie qui continue. Mais « reviendra-t-elle jamais à la normale ? » (Morrissey)

Punk is not dead !

9 étoiles

Critique de Patman (, Inscrit(e) le 5 septembre 2001, 55 ans) - 18 mars 2011

Celui là, c'est mon préféré ! Why ? Je sais pas, les références à Morrisey peut être ? Une certaine nostalgie de la fin des seventies ? Même si l'action se déroule dans les nineties la références à certains groupes mythiques (X-Ray Spex, Clash, Siouxsie & the Banshees, Buzzcocks, etc...).
Et puis la construction, cet immense flash back entre les événements un rien "polar" du début et de la fin du livre. Quelques scènes sont restées gravées dans ma mémoire, en particulier celle de l'attente du bus un dimanche matin... j'ai l'impression de l'avoir vécue moi même à plus d'une reprise.

Lisez le !!!!

Ne vous fiez pas au titre

9 étoiles

Critique de Maylany (, Inscrite le 11 novembre 2007, 37 ans) - 31 janvier 2009

Très bonne surprise !

Ce livre ne me tentait absolument pas ; je dirais même que tout me repoussait : le titre, la couverture, le résumé ... sauf l'auteur dont j'avais déjà lu 2 livres qui m'avaient beaucoup plu.

Je l'ai donc pris complètement au hasard à la médiathèque histoire d'avoir "mon compte de lecture" et n'arrivais pas à me décider à le lire une fois dans ma PAL.

Finalement, je m'y suis quand même attaqué et j'ai vraiment beaucoup aimé. L'écriture est tellement agréable, fluide et rythmée. L'histoire, contrairement à ce que je pensais, est très intéressante et pas du tout loufoque (malgré cette histoire de nains) et William est très attachant.

Bref, du petit lait !

Heureusement, il y a le style…

7 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 49 ans) - 4 juin 2008

Comme le disent les critiques précédentes, le style anglais pince-sans-rire de Jonathan Coe domine sur l’histoire qui, du coup, passe au second plan. Ceci dit, c’est encore mieux quand le scénario est à la hauteur. Ce qui, il faut bien l’avouer, n’est pas tout à fait le cas ici. Sans parler de l’intrigue « policière » qui ne tient pas la route : on ne s’invente pas auteur de roman policier (à propos, quel est le terme exact ? Pour les drames, c’est les dramaturges, pour les romans, les romanciers, mais pour les polars ???)…

Mais l’art de Jonathan Coe transcende les faits décrits. Et donc, ceux-ci, même faiblards comparés par exemple à « Bienvenue au club », nous font rire et on se dit qu’il est fort, ce Coe, à tel point que lorsqu’il fait du « sous-Coe », ça reste quand même bon…

un moment de vie peu banal

7 étoiles

Critique de Ichampas (LAMBALLE, Inscrite le 4 mars 2005, 53 ans) - 5 septembre 2005

William, jeune musicien, vit péniblement d’un petit boulot.
Un soir, il va être témoin d’un meurtre, sa vie va basculer. Il nous raconte son quotidien jusqu’à cet événement.
La trame de l’histoire est passionnante même si à première vue l’histoire de William semble banale. Jonathan Coe décrit un Londres particulier. Un roman intimiste plus qu’un policier !

Pauvre William

6 étoiles

Critique de Marz (Aulnay sous bois, Inscrite le 1 juin 2004, 34 ans) - 25 juin 2004

On ne peut pas dire que ce pauvre William soit verni avec ses amours frustantes et ses déboires avec son groupe, et le pire c'est que Jonathan Coe rend ça très drôle. je pense en particulier au passage où il attendant désespéremment un bus qu'il finira par rater. De plus, la fin est assez réussie.
Cependant, j'ai moi aussi trouvé ce livre un peu moins bien que Testament à l'anglaise ou La maison du sommeil. Il y a quelques longueurs dans ce livre, même si on passe plutôt un bon moment.

Rocambolesque et hilarant

7 étoiles

Critique de Féline (Binche, Inscrite le 27 juin 2002, 39 ans) - 14 novembre 2002

Je mets 3,5 étoiles, non pas parce que je n'ai pas aimé le livre (bien au contraire) mais parce qu'il est, à mon humble avis, moins excellent que "Testament à l'anglaise" et "La Maison du sommeil".
J'ai longuement hésité avant d'acheter ce roman et ensuite, une fois acheté à le lire. En effet, l'intrigue décrite dans la quatrième de couverture ne me tentait pas vraiment. Mais, fan de l'auteur, je me suis finalement décidée, et je ne le regrette pas. Construite sur un tempo rapide, l'histoire nous entraîne dans la vie de William. Je ne reviendrai pas sur l'histoire ni sur l'humour présent dans le livre, Bolcho en a très bien parlé.
J'aimerai ajouter un commentaire sur les personnages, qui sont à mon avis les plus attachants de Jonathan Coe. Non seulement William, mais aussi la plupart des personnages secondaires. Comme Tina, la colocataire de William, que l'on ne voit presque pas mais dont on connaît la vie via les petits mots qu'elle laisse pour William et les messages de son petit ami sur le répondeur, Derek et Stacey, les amis d'enfance du héros ou encore son ami musicien. J'ai également apprécié le rythme des chapitres emmené par la composition d'un morceau de musique par le héros, sorte de fil rouge du livre.

Géant !

10 étoiles

Critique de Esperluette (*, Inscrite le 19 juin 2002, 45 ans) - 27 août 2002

Voila un roman qui se dévore en quelques heures. Le narrateur, William (ou Bill, ça dépend de l'humeur de l'auteur) est un jeune musicien qui a quitté sa famille, ses amis et sa province. La tête pleine de rêves et de projets, il est parti chercher fortune dans la capitale. Confronté aux réalités de la vie londonienne, William déchante un peu, car, sans être complètement misérable, son quotidien est plutôt glauque. Mais, le jeune homme est un garçon résistant, bien qu'un peu naïf. Ni les petites pimbêches des quartiers chics, ni les tours des HLM surpeuplés, ni même les bars miteux dans lesquels il se produit n'ont raison de son enthousiasme. Mais le destin, malheureusement, s'acharne parfois.
Le jour où William décide que son avenir doit prendre un tournant décisif, c'est la catastrophe. En l'espace de quelques heures à peine, il se trouve mêlé à un trafic de drogue puis témoin d'un assassinat. Et, comme si cela ne suffisait pas, sa petite amie décide de rompre, tandis que sa co-locataire tente de se suicider.
Déprimant ? Et bien, non. Pas du tout, car Jonathan Coe, comme tout britannique qui se respecte, maîtrise parfaitement l'humour noir. C'est une oeuvre qui tient à la fois du roman initiatique, du polar humoristique et de la critique sociale (mais sans moralisme excessif ou mal placé). Bref, Les nains de la mort est un roman comme j'aimerais en lire plus souvent et que je conseille vivement.

Ce sont les frustrations qui nous élèvent.

7 étoiles

Critique de Bolcho (Bruxelles, Inscrit le 20 octobre 2001, 69 ans) - 11 août 2002

Teacher nous en a dit l'essentiel, je me contenterai d’insister sur la verve comique qui transforme les petites frustrations de l'existence en épopées délirantes : le bus du dimanche qu'on attend toute la journée pour rien, les serveurs de resto qui jamais, jamais, ne daignent croiser votre regard alors qu'ils obéissent aux battements de cil de votre voisin ou cette scène grandiose qui voit un personnage ayant perdu son père s’entendre dire par une pète-sec que ce-qui-importe-c’est-de-quitter-la-vie-avec-dignité, puis « De quoi est mort votre père ? ». « D’une gangrène des testicules ».
Ce bouquin est drôle, et il faut un grand fond de tristesse (banlieusarde ici) pour réussir la vraie drôlerie. Le récit lui-même, la trame, les événements, tout cela aurait pu être n'importe quoi d’autre.

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