Le livre noir de la Révolution Française
de Auteur inconnu

critiqué par Patmos, le 5 septembre 2011
( - - ans)


La note:  étoiles
Frustration.
Le Livre Noir de la Révolution française, Cerf, 2008


Si l'idée de ce gros volume, dirigé par R. Escande, est bonne, on pourra discuter sa mise en oeuvre et finalement, la tendance qu'ont les auteurs à fustiger l'événement sans chercher assez loin son explication. Car faire la liste des horreurs révolutionnaires ne suffit pas à rendre compte du sens de ce qui ne saurait être perçu comme un monstrueux accident de l'Histoire. On regrettera donc une approche parfois "intégrisante" qui certes, pleure légitimement les victimes de la Terreur, mais ne s'interroge pas en profondeur sur les origines du processus révolutionnaire. A côté de cela, les loges maçonniques, quoiqu'on en dise ici avec Barruel, très souvent cité, n'ont eu aucune responsabilité idéologique (p. 40-42). Celles-ci furent en réalité prises en  otage par la Révolution et donc instrumentalisées. Un examen sérieux des écrits symbolico-rituels britanniques des XVIIe et XVIIIe siècles, montre que la Franc-Maçonnerie n'a rien à voir avec les Lumières. Mais, il n'est pas certain qu'on veuille trop enquêter dans cette direction! En fait, par delà le contexte immédiat, la Révolution française n'est compréhensible que si on la situe dans la très longue durée, comme nous nous proposons de le faire dans une étude en préparation. Or, cette manière de faire, esquissée de façon plus ou moins satisfaisante par Tocqueville semble déranger (p. 326), l'oeuvre de ce dernier étant du reste trop ignorée dans ce livre. Par ailleurs, une vraie théologie de l'événement fait défaut. Dire que « l'histoire n'est jamais écrite d'avance » (p. 441) peut faussement faire croire que la Révolution était évitable (p. 607), mais une telle conception rompt dangereusement avec l'idée centrale d'une divinité maîtresse du Temps et de l'Histoire! D'autres réserves seraient à formuler au sujet de la mention assez indésirable de Donoso Cortes « partisan d'une dictature » (p. 529), si souvent confondue par le public avec la monarchie! Ni Barbey d'Aurevilly, ni Bloy (convoqués en 2e partie) et encore moins Nietzsche qui détestait le Christianisme, n'aident à comprendre la Révolution qui au final demeure une énigme partielle à élucider. Patrick Geay pour Johan Patmos.
Notre Révolution Française : le sujet tabou par excellence ! 9 étoiles

Un ouvrage collectif passionnant de par ses multiples angles d’analyse sur la Révolution Française : historique, météorologique, économique, social, politique, philosophique, religieux, artistique, criminel (doux euphémisme), comparatif (Jacobins et Bolcheviques)…
Ce livre a le mérite par toutes ces contributions de grands auteurs, de sortir du dogme devenu quasiment mythologique de la : « pureté » de cette période qu’est la Révolution Française.Le constat est que les terribles expériences Révolutionnaires Française et Russe, ont engendré :- D’une part, la barbarie avec son sordide cortège de massacres individuels et de masse, de tortures à mort, de crimes contre l’Humanité, de génocides de populations (populicide Vendéen, décosaquisation et dékoulakisation bolcheviques…).Or, le principe d’une Révolution est de sortir d’un régime tyrannique, qu’il soit de type : autocratique (monarchie absolue, tsariste), dictatorial… et le summum totalitaire, pour basculer brutalement vers une société libre et démocratique.
Nous sommes, là, face à un dilemme excessivement délicat et complexe à résoudre ; puisque, comme il est légitime qu’un peuple veuille sortir du joug d’un système despotique, vaut-il mieux, soit :
– Déclencher une Révolution qui, très certainement, va engendrer une guerre civile (véritable boucherie), ou plutôt,
– Qu’une grande partie de la population prenne le temps de s’organiser, de se mobiliser pour parlementer et amener ainsi le pouvoir en place à se restructurer, ou en dernier recours, le préparer à être destitué… le plus pacifiquement possible ?Ayant pour ma part, un penchant naturel pour la non violence, « l’art du compromis » me paraît le plus souhaitable.
En effet, les CENTAINES de MILLIERS de citoyens innocents massacrés (paradoxalement au nom de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen) sous la Révolution Française, n’ont pas demandé à l’être, sur l’autel de NOTRE République démocratique actuelle.

– D’autre part, une issue démocratique longtemps incertaine (Révolution Française) ou inexistante (Révolution Bolchevique).

Effectivement, un autre phénomène complexifie, bien souvent, les Révolutions (déjà meurtrières dans leurs cours), il s’agit de l’émergence opportuniste de partis extrémistes (Jacobins, Bolcheviques ou autres), dont l’application IDEOLOGIQUE jusqu’au-boutiste, décuple la débauche de violence.

Malheureusement, non seulement l’infâme terreur Jacobine de Robespierre a servit de matrice à la monstrueuse Terreur rouge bolchevique (communiste) ; mais en plus, contrairement au 9 Thermidor (on l’a échappé belle) de la Révolution Française, personne n’a pu arrêter la prolifération de l’ignoble régime totalitaire communiste à travers le monde. Celui-ci a exterminé, sans vergogne, pendant 74 ans, entre 1917 et 1991 (chute de l’U.R.S.S.), environ 100 MILLIONS de civils innocents.

Rétrospectivement, le déclenchement d’une Révolution (avec les horreurs qu’elle génère) fait froid dans le dos. C’est pour cela que le travail des historiens est fondamental afin d’anticiper l’avenir, en essayant de tirer les leçons du passé.
De plus, dans le cas du totalitarisme communiste : l’ouverture des archives des ex-pays de l’U.R.S.S. ainsi que les précieux témoignages des survivants, prouvent la véracité historique des horribles crimes commis par ces régimes communistes.
Ces témoignages sont essentiels pour préserver et perpétuer notre MEMOIRE universelle et ne pas oublier tous ces gens massacrés, souvent anonymes et toujours innocents !

Dramatiquement, le 20ème siècle a largement renoué avec : les révolutions, les guerres, les totalitarismes (Communisme, Fascisme, Nazisme…).

Il semble donc, que l’Homme soit incapable de faire preuve de « raison garder » !

Confer également d’autres ouvrages aussi passionnants sur le même thème, de :
– Reynald Secher Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d’un crime légal contre l’humanité ;
– Patrice Gueniffey La politique de la Terreur : Essai sur la violence révolutionnaire, 1789-1794 ;
– Gracchus Babeuf La guerre de la Vendée et le système de dépopulation ;
– Reynald Secher La Vendée-Vengé : Le génocide franco-français ;
– Max Gallo Révolution française, Tome 1 : Le Peuple et le Roi (1774-1793) et Révolution française, Tome 2 : Aux armes, citoyens !.

Anonyme11 - - - ans - 20 août 2020