La ville et les chiens de Mario Vargas Llosa

La ville et les chiens de Mario Vargas Llosa
(Le Ciudad y los perros)

Catégorie(s) : Littérature => Sud-américaine

Critiqué par Lectio, le 5 septembre 2011 (Inscrit le 16 juin 2011, 70 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (22 929ème position).
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soleil voilé

Lima, Pérou. Le collège Leoncio Prado est une académie militaire réputée. Discipline et rigueur pour ces gamins venus des déserts péruviens ou des beaux quartiers de la ville. Ici ils deviennent des hommes. Rien ne doit ternir la prestigieuse réputation de l'établissement. La vie à l'intérieur est bien différente. Les cadets (élèves) sont bien décidés à contrer la discipline imposée. Le cercle, groupe d'élèves en révolte et surnommé les chiens va instituer ses propres règles sous la direction du redouté "jaguar". Celui-ci va imposer un monde encore plus redoutable. Brimades, sévices corporels, sexuels, vols, beuveries, trafics, seront le quotidien de cette section. Le vol raté des sujets d'examen de chimie sera dénoncé par l'esclave, le souffre douleur de la section, auprès de la hiérarchie militaire. Il le paiera de sa vie, tué d'une balle dans la tête au cours d'un exercice d'assaut. Tout sera fait par la direction de l'établissement pour préserver la réputation de l'institution mais aussi de ses dirigeants. L'élève malheureusement s'est tiré une balle dans la tête avec son propre fusil, en tombant. C'est sans compter sur l'unique ami de l'esclave qui accusera le jaguar de meurtre et dénoncera auprès de l'instructeur Gamboa responsable de la section la terreur imposée dans la section. Gamboa, homme rigide, appliquant à la lettre le règlement, dérangera sa hiérarchie. Une chape de silence sera scellée entre le jaguar et son mouchard, Gamboa sera muté. Lorsqu'ils ne sont pas consignés, les cadets retrouvent la liberté, apparente, de la vie civile. Cinémas, plage, camarades, amourettes. Et aussi, bagarres, sexe, pauvreté, bandes rivales et voleurs, parents désunis, père volage. Cet ouvrage, sombre, d'une rare violence est largement autobiographique. Mario Vargas Llosa fut en effet envoyé par son père (il ne le connut qu'à l'age de 10 ans) à l'académie militaire de Lima. L'auteur avait 14 ans lorsqu'il entra dans cette institution à former des "hommes". Auteur majeur de la littérature latino - américaine, Vargas Llosa décrit admirablement, durement, crument, cruellement cette civilisation de violence et de sexe. L'épilogue de l'ouvrage ne laisse aucune fenêtre d'espoir. Sont-ils vraiment devenus des hommes ? Qu'est ce que devenir un homme ? le soleil de Lima est bien pâle et voilé.

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Instructif mais bien austère

7 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 41 ans) - 7 août 2015

Tout cela est bien rude, voire rugueux. L'aspect un peu potache permet d'introduire un peu d'humour dans un récit qui demeure bien sombre. Cela est certes prévisible, l'ensemble reste instructif, la narration bien menée, avec un suspense à la clé. Mais je dois avouer n'avoir pas totalement adhéré. Cela ne prévaut pas totalement de la valeur du roman, qui reste bon.
C'est le premier de l'auteur, et qui n'est pas non plus mon préféré. Il ne serait pas pour rien dans la délivrance du Nobel de littérature à ce romancier, que j'apprécie, de manière générale.

Entre les murs du Leoncio Prado ...

9 étoiles

Critique de Bebmadrid (Palma de Mallorca, Inscrit le 29 novembre 2007, 39 ans) - 4 mai 2013

Le collège militaire Leoncio Prado a la réputation d'être dur. Les jeunes y sont envoyés par leurs parents afin d'en faire des hommes et d'apprendre la discipline militaire.

C'est alors qu'un cercle d'élèves dirigé par le charismatique Jaguar vient briser la routine du collège. L'alcool, les jeux de cartes et même la poésie font irruption dans les dortoirs.

Les lieutenants préfèrent passer sous silence ces infractions au règlement jusqu'à ce qu'un malheureux incident ne délie certaines langues ...

Après avoir lu et aimé "La fête au bouc", j'ai adoré "La ville et les chiens". Peut-être moins accessible que le premier nommé mais plus intense.

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