Une école sous influence ou Tartuffe-roi de Jean-Paul Brighelli

Une école sous influence ou Tartuffe-roi de Jean-Paul Brighelli

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Essais

Critiqué par Aktukritik, le 23 août 2011 (Nantes, Inscrit le 23 août 2011, 34 ans)
La note : 8 étoiles
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L'école à visage découvert

Jean-Paul Brighelli publia en juillet 2008 son deuxième essai critique sur l’école, Une Ecole sous influence. Ce professeur de français décrit l’influence de la religion dans le système scolaire et ses conséquences sur l’abaissement du niveau scolaire des élèves. Cet abaissement du niveau général des élèves est selon lui la conséquence d’une main mise du pédagogisme et d’une gauche qui a favorisé le communautarisme. Comme il le précise dans son livre « on a fait entrer les cultures dans l’école au lieu d’enseigner l’Histoire des cultures ». Ainsi, il dénonce une politique éducative démagogique qui place l’individu au centre des apprentissages au lieu de placer le savoir et le savoir-faire au centre du processus d’instruction. Il préfère une école républicaine à une école démocratique.

1/ Une école républicaine et école démocratique

Cet essayiste oppose l’école démocratique à l’école républicaine. L’école démocratique est selon lui, démagogique parce qu’elle est idéologique, elle feint de croire que l’élève est potentiellement détenteur d’un savoir qu’il va redécouvrir et actualisé dans un savoir-faire institutionnel. Cette pédagogie désacralise l’autorité d’un savoir professoral et légitime professé par l’enseignant et renvoie tous les savoirs à des savoirs équivalents, celui des élèves comme celui des professeurs. Il affirme P23 « une pédagogie démocratique travaille sur l’impossible rêve et peut-être faut-il des utopies, comme ligne de fuite, ce qui l’amène souvent par définition, à haïr tout savoir déjà inscrit. » L’aboutissement de l’école démocratique est l’expression des revendications communautaires et du nombrilisme juvénile qui revendique tous les droits mais ne respecte aucun savoir légitime.

En revanche, l’école républicaine se borne à former des citoyens dans un cadre unificateur parce qu’il sert de modèle de référence aux élèves. Il oppose l’école des années 1950 à l’école des années 1980 jusqu’à aujourd’hui. Puissamment élitiste, elle assimilait les individus et leur permettait de s’insérer professionnellement et socialement de façon à introduire de nouvelles élites selon les critères qu’elle s’était fixés. Elle fait de l’élève un sujet intégré à des valeurs et selon des normes qui s’imposent à lui indifféremment de ses origines et de ses choix religieux. Elle fait de l’individu un sujet réfléchi parce qu’elle lui inculque l’effort et la nécessité de s’adapter à un système pragmatique. Il écrit p 23 « une pédagogie républicaine tâche de former effectivement des citoyens d’aujourd’hui, avec des savoirs d’aujourd’hui et d toujours. Le conflit entre les pédagogues et leurs adversaires, en éducation et instruction est là tout entier. »

2/ Communautarisme religieux et inculture historique

Brighelli considère que l’éviction de la chronologie des faits historiques issue des programmes de l’éducation nationale datant de 2001 participe de l’abêtissement des élèves qui, ne se repérant pas dans le temps ne peut en rien comprendre le monde dans lequel il vit. Il se situe dans la droite lignée de Jacqueline de Romilly qui fut la première a envisagé l’histoire comme moteur de l’éducation de la jeunesse. Ainsi, le racisme envers les juifs pourrait tirer sa source de cette inculture puisque les programmes insistent sur le fait que les enseignants doivent insister sur des faits majeurs et donc passer à la trappe de nombreuses clés de compréhension qui permettraient à certains jeunes d’affirmer naïvement certaines idioties. De manière identique, il s’insurge contre un racisme étatique qui fait de l’antisémitisme un mot qui a perdu son véritable sens. Confronté à un élève qui s’affirmait ouvertement antisémite, Brighelli lui donna un dictionnaire et lui permit de voir que les sémites sont des peuples arabes et juifs issus de Babylone, il put comprendre qu’il haïssait une population avec laquelle il partage une Histoire commune.

Fustigeant la loi d’orientation de 1989, il la dénonce comme étant responsable du communautarisme. Affirmant « dans les collèges et lycées, les élèves disposent, dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité, de la liberté d’information et d’expression », elle entraina la première affaire du voile à Creil. Cet appel du pied aux revendications communautaires fut le premier pas vers le refus de pratiquer la natation pour les jeunes filles musulmanes, de pratiquer certaines expériences en sciences, la nécessité de préparer certains plats pour les jeunes musulmans qui ne mangent pas de porc. Le droit intégral sans contrepartie associe à l’inculture d’une jeunesse érigée au même statut que l’enseignant fut irrémédiablement ce qui entraina la montée en puissance des incivilités et des affrontements communautaires à l’école.

L’avis du blogueur

Un livre à lire pour tous les enseignants et à découvrir pour les parents qui apprendront ce qui se passe entre les murs de l’école. Ce livre est à lire également parce que c’est un manifeste pour apaiser les conflits communautaires par l’apprentissage de la culture historique et une redéfinition de l’enseignement par l’instruction nécessaire à l’éducation.

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