Elantris (Chute, suivi de Rédemption)
de Brandon Sanderson

critiqué par Goupilpm, le 4 novembre 2017
(La Baronnie - 60 ans)


La note:  étoiles
Huis clos et ambiance particulière.
Sur fond d'intrigues politiques et de guerre de religion, Brandon Sanderson nous brode l'histoire d'Elantris, une ville habitée par des demi-dieux beaux et puissants, qui du jour au lendemain est frappée d'une malédiction à la fois originale et pleine de rebondissements. Les habitants ont perdu leurs pouvoirs et sont devenus des zombies. Elantris, la plus belle cité du monde, est devenue un immonde camp de concentration Pour son premier roman, Brandon Sanderson nous offre un monde original. Une notion qui apparaît également dans son cycle Le Fils des Brumes. Une histoire beaucoup trop proche à mon avis de son premier roman, une lecture qui est loin de m'avoir convaincu ayant avorté la lecture en milieu du premier opus.

C'est dans un univers glauque, un cloaque, que nous entraîne à la suite de son principal héros dans le milieu très fermé d'Elantris où celui-ci sera exilé, à la veille de son mariage, en raison d'une malédiction qui frappe les habitants de la cité et des environs. Malgré un milieu plutôt clos, un peu à la manière de Cédric Ferrand dans Watsburg, l'auteur nous brosse un décor très sombre dans un moyen-âge à l'agonie. Le deuxième, ou plutôt la deuxième protagoniste nous apparaît l'héroïne, la princesse qui devait épouser Raorden, le prince héritier qui lui sera présenté comme décédé, alors qu'il est parqué dans l'enclos. C'est à côté de celle-ci à laquelle nous nous prenons très vite d'affection, qui a décidé de rester, que nous allons lutter pour sauver le royaume des coutumes d'un autre âge, d'une conversion forcée et de l'autre du invasion. On frémit pour le premier protagoniste qui se retrouve dans une ville déliquescente où même le concept d'espoir n'existe plus.
Deux personnages forts et charismatiques, qui chacun de leur côté vont lutter, l'un pour survivre, l'autre pour amener des jours meilleurs au royaume, malgré les actions de deux prêtres menaçants : un par son intelligence, l'autre par son fanatisme.


Le rythme du roman est haletant, plein de rebondissements, on ne s'ennuie jamais, mais l'auteur comme certainement l’auteur aurait pu de son histoire romantique et philosophique, un diptyque car certaines actions, gâchant notre plaisir, laissent un goût d'inachevé car trop rapidement bouclées. Philosophique car l'auteur ne nous offre pas que du divertissement, il en profite pour nous amener à la réflexion sur des sujets qui sont dans notre quotidien toujours d'actualité : l'émancipation des femmes, les conditions sociales, la problématique des affrontements multi-ethniques engendrés par l'extrémisme de certaines religions, …

Avec une intrigue maîtrisée de haute volée et une ambiance très particulière, l'auteur réussit, pour un premier roman, à obtenir l'approbation du lectorat, et qui laisse par les jalons posés la possibilité d'une suite. Si Brandon Sanderson m'a convaincu par son must-have d'aventures, la suite de ses écrits n'ont pas réussi le même tour de force. C'est donc avec beaucoup d'introspection que j'aborderai ses futures œuvres. Le rythme du roman est haletant et le lecteur se prend vite d'empathie pour Sarène qui doit composer avec sa nouvelle condition. Le lecteur imprégné de l'ambiance sombre frémit avec le prince qui se retrouve dans une ville en déliquescence où l'espoir est un vain mot.
Des personnages attachants qui évoluent sur un fond de philosophie et de romantisme, et aussi d'humour Un fond philosophique où Brandon Sanderson invite le lecteur à réfléchir sur des thèmes d'actualité tels les conditions sociales déplorables et l’émancipation des femmes dans certains pays de notre monde actuel.

Elantris est un excellent premier roman, émouvant, à l'ambiance particulière très marquante. Une lecture de fantasy qui restera marquée longtemps dans notre mémoire