La femme qui aimait les hommes
de Maryse Wolinski

critiqué par Rosenoire, le 8 août 2011
( - 53 ans)


La note:  étoiles
décevant
Titre prometteur, hélas usurpé, pour ce livre de M. Wolinski. Il fait inévitablement penser à l’homme qui aimait les femmes, un des films mythiques de F. Truffaut, qui raconte l’histoire de Bertrand, autant amoureux des femmes que de l'idée même de la femme. Pour lui, les femmes sont uniques, irremplaçables et méritent qu’on s’y intéresse, sic wikipedia. Elles sont à la fois l'œuvre de sa vie, son inspiration artistique et la cause de sa mort. Une passion qu'il résume par ces mots : "les jambes de femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie".
Dans le livre de M. Wolinski, il s’agit en fait d’une histoire banale celle d’une femme aimée par 2 hommes, son mari et son amant. Une femme aimée et non qui aime (contrairement au titre prometteur du livre et au film de F. Truffaut) car il se révèle au fur et à mesure des pages que Frédéric, avec un C, femme oisive et entretenue, se voit essentiellement au travers de l’amour qu’on lui porte ou plutôt qu’on lui voue. Ecrit à la 1ère personne, ce roman est construit autour d’une femme gâtée par la vie à laquelle il est difficile de s’identifier ou au minimum de trouver un quelconque intérêt tant ses préoccupations sont éloignées de celles de la femme active d’aujourd’hui.
Sa vie semble en effet uniquement gouvernée par l’un des soucis les moins répandus pour la femme active actuelle : choisir entre un mari, célèbre avocat, qui la couvre de cadeaux dont un vignoble, un appartement à Paris et une bague Cartier ; et son amant plus que dévoué, ‘seulement’ écrivain à la mode. Dans ces conditions, on comprendra aisément que le choix ne puisse donc qu’être Cornélien.
Le livre peut toutefois présenter un quelconque intérêt si l’on parvient à y découvrir quelques indices permettant de brosser le portrait d’une certaine bourgeoisie, celle de la ville de Bordeaux, dans les années soixante-huitardes et post soixante-huitardes.
En tout état de cause, le supplice n’est que de courte durée puisque le livre ne compte que 150 pages, preuve supplémentaire d’une histoire qui tourne court, voire en rond.
Le plus dommage au fond, est que le titre de cet ouvrage ne soit désormais plus disponible, il aurait pu en effet faire le magnifique sujet d’un ouvrage véritable.
A titre d’illustration de l’esprit général de ce livre, deux citations :
- le temps au contraire des fleuves remonte toujours à sa source…libre à chaque lecteur d’interpréter cette phrase pleine de prétention qui ne veut au fond pas dire grand chose, bonne chance !
- Ou encore, ces mots de Voltaire : le plaisir est l’objet, le devoir, le but de tous les êtres raisonnables…voilà qui résume assez complètement, hélas, la seule préoccupation de la narratrice qui ne va pas d’ailleurs jusqu’à approfondir ce concept qui aurait pourtant pu faire pardonner le côté très auto-centré de ce livre peu intéressant, et lui donner un véritable attrait.