Un yankee à la cour du roi Arthur de Mark Twain

Un yankee à la cour du roi Arthur de Mark Twain
(A Connecticut Yankee in King Arthur's Court)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone , Littérature => Voyages et aventures , Enfants => 10-12 ans

Critiqué par Nance, le 5 août 2011 (Inscrite le 4 octobre 2007, - ans)
La note : 2 étoiles
Moyenne des notes : 5 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 3 étoiles (47 757ème position).
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Une idée de départ qui a du potentiel

Une des premières histoires sur le voyage dans le temps (bien qu’il y ait des prédécesseurs). Comme l’indique le titre, un yankee (un américain) du 19e siècle raconte son aventure à la cour du roi Arthur.

« Je raisonnais : ou bien nous étions encore au XIXe siècle et, dans ce cas, je ne manquerais pas de prendre rapidement la direction de l'asile, ne fût-ce que pour m'en évader; ou bien nous étions réellement au VIe siècle (par quelque phénomène inexplicable) et alors, je me donnais trois mois au plus pour être le maître de la contrée, car j'aurais, sur tous ces gens-là, l'appréciable avance des connaissances de mille trois cents ans. »

Qui n’a pas rêvé d’être catapulté dans une époque passée ? Mais est-ce que nos fantasmes personnels sur le sujet auraient tendance à être meilleurs que la fiction ? Je ne sais pas si c’est une des raisons pour lesquelles je n’ai pas aimé ce livre. Ou encore, est-ce parce que ça m’a tellement fait rappeler des livres meilleurs, plus subtils, plus poussés ? Ou au contraire, m’a rappelé de mauvais livres ? Est-ce parce que je déteste les façons du personnage principal ? Une grande impression générale qu’on n’a pas utilisé le plein potentiel de ce que l’histoire aurait pu être ?

Pour ce qui est des comparaisons avec d’autres livres, plusieurs moments (bien que le livre a été publié en 1889) ça m’a fait rappeler du Tintin, mais pas les bons Tintin. Je parle des premiers Tintin et aussi il y a un passage d’éclipse à la Le Temple du Soleil (1948), un des pires moments Tintin pour moi, commode, très deus ex machina, et dans ce livre-ci je trouve aussi que ça « arrange » bien l’histoire. Durant toute ma lecture, je ne pouvais m’empêcher de penser combien L’île mystérieuse (1874) de Jules Verne était génial comparé à ce livre. Dans le livre de Twain, j’aurais plus apprécié si on nous aurait plus expliqué avec quoi et comment le personnage fabrique ses inventions. Dans L’île mystérieuse, la façon dont Verne va dans les détails pour les créations me montrait comment le personnage était habile, ça me faisait même un certain effet d’admiration, tandis que dans ce livre-ci c’est « tala! », le personnage les crée sortis de nulle part. Aussi, des fois j’avais l’impression que les inventions étaient là juste pour nous en mettre plein la vue et que ce n’était pas toujours utile dans le contexte. Comme des vélos, c’est vraiment pratique pour des chevaliers ? Tout en armes et armure, se battre, pédaler et diriger le vélo en même temps... Et est-ce qu’ils ont eu de l’entraînement ? Dans L’île mystérieuse, tout était expliqué et tout utile et non superflu. Au moins, je vais lui donner ça, ce livre m’a montré encore plus la valeur de L’île mystérieuse. Certains lecteurs pourraient donner comme défense que ce n’est pas à prendre au sérieux, moi je trouve que ça va à la facilité.

Je n’ai pas aimé le personnage principal. Je l’ai trouvé suffisant, arrogant, il ne cherche aucun côté positif de l’époque où il est, il veut juste la transformer pour en faire une deuxième Amérique. Je ne l’ai pas trouvé constant non plus dans sa façon d’être pour l’égalité des droits. Il rend des gens libres d’un bord, mais fait des esclaves de l’autre, une moralité à la Quo Vadis ? (Sienkiewicz), donc ! Et vraiment, est-ce que le fait d’être renvoyé dans le temps fait de soi l’être le plus intelligent ?

Ce n’est pas mauvais de chez mauvais, j’admets que le thème du voyage dans le temps était assez nouveau au moment de sa parution, j’ai trouvé sa tournure finale assez intéressante aussi, mais ça aurait pu être tellement mieux à mon avis.

Le roman a été adapté à plusieurs reprises en films et en a inspiré d’autres (je pense à Timeline ou même à Army of Darkness de Sam Raimi de la série Evil Dead).

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Les éditions

  • Un yankee à la cour du Roi Arthur [Texte imprimé] Mark Twain trad. de l'anglais par Odette Ferry
    de Twain, Mark Ferry, Odette (Traducteur)
    Terre de brume / Bibliothèque arthurienne (Paris).
    ISBN : 9782908021257 ; EUR 19,67 ; 08/03/1994 ; 380 p. ; Broché
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Génie ou Escroquerie ?

7 étoiles

Critique de R. Knight (, Inscrite le 18 janvier 2012, 24 ans) - 10 juillet 2012

Mark Twain est, à mes yeux, le maître du roman américain de son siècle. En effet, ses oeuvres mondialement reconnues comme Les Aventures de Tom Sawyer et toutes leurs suites et dérivés ont considérablement marqué la littérature du 19ème. C'est un véritable conteur professionnel qui s'adresse à nous, lecteur émerveillé, dans ces quelques récits. Ainsi, en attendais-je de même avec Un Yankee à La Cour Du Roi Arthur. Quoique la critique de Nance m'ait un peu refroidie.

Passionnée par tout ce qui touche à la légende arthurienne, je me suis tout de même convaincue que je ne pouvais pas laisser passer ça. Et, dans un sens heureusement, dans un autre...

Le récit se base sur une idée très originale pour l'époque où Mark Twain écrit : l'arrivée d'un Connecticut du 19ème siècle à la cour du Roi Arthur du 6ème siècle.
Tout au long de l'ouvrage, c'est avec brio que l'auteur parvient à nous divertir avec moult rebondissements, épopées... et farces. Au final, le tout est très amusant et critique. La société d'obscurantisme du Moyen-Âge m'apparait comme dénoncée. Mais pas que ! La République prônée par le Yankee l'est aussi et de nombreuses fois. Je pense d'ailleurs que c'est pour cela que le narrateur est représenté comme si vantard, sûr de lui et détestable. La monarchie aveugle et la république sont tour à tour mises en valeur et condamnées.
Autrement, le roman consiste en une véritable découverte de l'univers arthurien, bien que cet aspect me soit apparu comme un peu 'bâclé'. En effet, nous n'avons tout bonnement que l'avis du Yankee sur Merlin qui apparaît alors comme frivole et haïssable, sur le roi Arthur qui en devient même idiot et candide, sur Guenièvre qui se voit totalement reléguée au second - voire troisième - plan. C'est un regard trop subjectif que Twain nous propose, dommage.

En dehors de ce fait dérangeant, le style du papa de Tom Sawyer est toujours aussi bien ébauché. Simple mais plaisant, distractif mais intéressant, on se laisse entraîner avec plaisir dans cet univers revisité.

Mais qui doit primer ? La critique sociale finement établie ou cet oeil méprisant posé sur un mythe dont tout le monde rêve ? Un Yankee à la Cour du Roi Arthur est-il empreint de génie ou n'est-il qu'une belle escroquerie ?

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