Un garçon singulier de Philippe Grimbert

Un garçon singulier de Philippe Grimbert

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Pascale Ew., le 25 juillet 2011 (Inscrite le 8 septembre 2006, 53 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 12 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (3 108ème position).
Visites : 4 374 

Qui est normal ?

« Recherche jeune homme motivé pour s’occuper d’un adolescent singulier en séjour avec sa mère à Horville (Calvados). »
Qui de Louis ou de Iannis est le garçon singulier ? Le babysitter ou cet adolescent autiste que ses parents n’ont plus la force de supporter ? Le comportement imprévisible de Iannis a découragé plus d’un babysitters, mais avec Louis, c’est différent. Ce jeune homme indécis et taciturne est attiré tout d’abord par Horville, chargé de tant de souvenirs de vacances. Ces souvenirs vont se réveiller petit à petit, en compagnie de Iannis qui pressent les sentiments de ceux qui l’entourent et s’en imprègne comme une éponge. Bien que Iannis ne parle pas, la complicité va naître entre eux. Louis va découvrir des talents en Iannis que personne n’a détecté auparavant. Et cette expérience permet également à Louis de se révèler à lui-même et de s’affirmer comme il ne l’a jamais fait auparavant. Il est aussi confronté à Helena, la maman de Iannis et auteure de romans particuliers, qui le pousse dans d’autres retranchements.
Encore une fois, Philippe Grimbert nous fait partager son vécu de psychiatre au travers de personnages qui sonnent juste et qui présentent tous des faiblesses plus ou moins grandes. L’histoire racontée nous permet de bien comprendre leurs comportements et nous les rend humains.

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Une agréable surprise.

8 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 40 ans) - 17 septembre 2014

Je suis généralement méfiant vis-à-vis de certains auteurs célèbres contemporains, car bizarrement, de manière injustifiée sans nul doute, j'imagine qu'il y a un côté commercial dans leurs textes. Je me suis bien trompé avec Philippe Grimbert dont le roman m'a captivé de bout en bout. L'écriture n'est pas exceptionnelle, mais il parvient à créer un univers inconfortable pour le lecteur qui s'interroge sur ces personnages singuliers. L'auteur possède aussi des qualités quant au rythme du récit. On ne s'ennuie absolument pas et l'on devient très curieux de connaître la suite du roman.

Le narrateur est engagé par un couple pour s'occuper de leur fils de seize ans souffrant d'un handicap, sans doute l'autisme. Il s'agit d'un enfant considéré comme ingérable, capable de tout et très intuitif, ce qui fait que le personnage principal le comparera à un médium. La mère de ce personnage troublé écrit des romans érotiques et se révèle de manière ambiguë dans ce roman. Le narrateur accepte ce travail qu'il ne trouve pas évident chaque jour. Plus les jours passent, plus il se sent attaché à ce lieu qui lui rappellent ses vacances d'enfance.

Le roman de Philippe Grimbert contient certaines scènes fortes qui peuvent embarrasser le lecteur, des scènes qui ont sans doute du sens pour le psychanalyste. Que l'esprit de l'homme peut être étonnant parfois ! Le narrateur a emporté avec lui des œuvres littéraires qui influencent partiellement notre lecture comme "L'Education sentimentale" de Flaubert et la poésie de Rimbaud qui évoque la soif de liberté du poète aux semelles de vent, comme ces adolescents qui ont besoin de fuir les conventions. Je rejoins la plupart des critiques du site en ce qui concerne la fin un peu décevante.

Un roman étonnant qui interroge le lecteur sans servir un message moralisateur et pesant. Un savant dosage.

Psychanalyse : Etude de cas

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 64 ans) - 25 juillet 2014

Philippe Grimbert est d’abord psychanalyste avant que d’être écrivain. Pourquoi ne pas exploiter les possibilités de l’un pour nourrir l’autre ? C’est ce qu’il fait, et bien.
« Un garçon singulier » a beau être un roman de 207 pages (écrites en « gros », certes), il se dévore très très vite. A l’instar du garçon, l’histoire est singulière :
Louis peine à sortir de l’adolescence. Il ne se sent pas en phase avec les jeunes de son âge (d’abord il lit ! Si ça, ce n’est pas un signe manifeste de marginalité sociale ?!!), il ne sent pas ses études, il n’a pas confiance en lui ( j’ai failli écrire en Louis !) … Bref, ce n’est pas le grand beau.
Et puis il tombe sur une annonce, une annonce pour un job :

« Recherche jeune homme motivé pour s’occuper d’un adolescent singulier en séjour avec sa mère à Horville (Calvados). »

Philippe Grimbert ne prend pas son lecteur pour un ouf et le conduit par la main sur le chemin de l’analyse – disons de la compréhension. C’est que deux mots ont particulièrement accroché Louis : « singulier », puisque c’est ainsi qu’il est considéré, et « Horville », la petite ville de ses villégiatures d’été durant sa prime enfance.
Donc le jeune homme motivé, c’est Louis (je veux dire lui !), et l’adolescent singulier, c’est Iannis. Et il va embarquer dans l’histoire (Louis) et nous, nous faire embarquer par Philippe Grimbert dans ce « garçon singulier ».
C’est intelligent, troublant. La fin parait un peu faible par rapport à l’ensemble mais ça se lit d’une traite. Il faut aimer les romans « introspectifs », cela dit …
Louis y laissera son indécision, ses doutes. Il tourne la page vers l’âge adulte. Et Philippe Grimbert nous laisse avec des zones d’ombre sur lesquelles il n’a pas porté le faisceau de sa « lampe-stylo », et ça c’est bien aussi …

Un duo singulier

8 étoiles

Critique de Pieronnelle (Dans le nord et le sud..., Inscrite le 7 mai 2010, 72 ans) - 22 avril 2014


La rencontre de ces deux garçons en fait n'est pas vraiment fortuite. Il y a une sorte d'enfermement des deux côtés et c'est bien cela qui va quelque part les faire se « rejoindre ». Il y a aussi comme un fil qui les relie même si la réalité est souvent cruelle ce qui rend d'ailleurs Iannis, celui qui est emprisonné en lui-même, très touchant. Il est clair qu'on attend un signe, un éclair de sa part et l'auteur, de par son métier, sait très bien où il s'aventure et il le fait par touches délicates.
Louis, le narrateur, va retrouver son ami d'enfance, Antoine, au travers de lannis , ce quelque chose d'enfoui qu'il a laissé en l'état et qui l'a empêché de s'ouvrir vraiment à la vie. Il va retrouver aussi tous ces petits objets échoués sur la plage, souvenirs de ses recherches d'enfant, et qui seront le point de départ du lien qui va le relier à lannis ; un premier signe grâce à une petite salière, sorte de madeleine de Proust, amorçant une voie possible vers une communication.

J'ai aimé cette ambiance dans le décor de cette ville du bord de mer en déclin, parfaitement décrite ; l'amitié troublante entre Louis et Antoine lors de cet unique mois de rencontre dans l'année ; ce désir de refaire vivre Antoine au travers de lannis, mission impossible mais libératrice aussi. Le portrait de la mère est aussi bien vu, pas très sympathique, pleine de contradiction mais aussi tout en souffrance, partagée entre l'amour pour son fils et le désir de s'en séparer.
J'ai aimé aussi l'alternance de l'écriture, belle et imagée lors de l'évocation des souvenirs, plus linéaire et simple lorsqu'il s'agit du temps présent.
Quant à la fin je la trouve vraiment belle même si elle n'est aucunement plausible.
On rêve d'un monde où ceux qui ne le comprennent pas ou ne parviennent pas à y vivre puissent enfin communiquer avec nous ; enfin moi je rêve de ce monde là ; je suis convaincue que ceux qu'on nomme autistes ont bien des choses à nous apprendre et qu'il nous appartient, nous, gens ordinaires et non « singuliers », de trouver le chemin qui nous conduise vers eux. Et ce livre nous permet, je trouve, de penser qu'il peut exister...

« Mais je devais admettre que ce silence scellait une sorte de pacte entre lannis et moi. Malgré ses yeux qui erraient, malgré les gestes mécaniques de ses bras, il avait été sensible à mon récit : mes vacances d'enfant, la plage, Antoine, les mèches et les salières. Je voulais croire qu'il avait été traversé par mon émotion et qu'une capacité d'attention hors du commun lui avait permis de dénicher au creux du sable humide l'un de ces trésors d'autrefois, qui avait échappé à mon regard »

Leçon de psychanalyse

7 étoiles

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 73 ans) - 3 mars 2014

Dans cette fiction qui n’a apparemment pas une grande ambition littéraire, Philippe Grimbert semble plutôt vouloir proposer une étude de cas en application après une leçon de psychanalyse. Louis, un jeune étudiant en droit lassé de ses études, répond à une annonce recherchant un jeune garçon pour s’occuper d’un adolescent « singulier » sur la côte normande. Il est choisi par le père de l’enfant, cadre dans une grande entreprise de la Défense, et rencontre ensuite la mère et l’enfant « singulier », Iannis, dans la petite ville où il passait ses vacances avec ses parents quand il était adolescent lui-même.

Un huis clos réunit alors Louis, Iannis et sa mère, auteure de romans érotiques, totalement dépassée, démolie par le handicap de son fils qu’elle ne supporte plus. Le premier contact avec le jeune garçon est surprenant mais Iannis semble accepter la présence de Louis qui essaie de comprendre ses réactions imprévisibles et ingérables. A seize ans le jeune garçon ne parle pas et ne sait ni lire ni écrire mais Louis découvre rapidement qu’il est doué d’une grande sensibilité et qu’il perçoit très vite les tensions qui habitent Louis et sa mère de même que celles qui s’installent entre les membres de ce huis clos. A travers les phobies de l’adolescent qu’il découvre progressivement, Louis renoue avec les angoisses et les terreurs de son enfance qu’il croyait totalement enfouies. Iannis perçoit toutes ces tensions et les comprend rapidement, une forme de transfert s’installe entre les deux garçons, Iannis s’apaise quand Louis retrouve les tensions qu’il croyait oubliées. Les deux garçons essaient d’oublier leurs démons respectifs dans une tendresse naissante qui apparait bien fraîche en rapport de la pression sexuelle que la mère frustrée met sur Louis.

« Vous m’avez dit que mon fils était branché sur nos pensées les plus secrètes, qu’il absorbait nos émotions, nos angoisses. Ce n’est pas de Iannis dont tous ces jeunes gens ont eu peur, mais d’eux-mêmes, de ce que Iannis leur envoyait. C’était leur part d’ombre qui les effrayait ».

Une leçon de psychanalyse écrite avec une langue facile à lire dans un livre qui se lit d’une seule traite et qui démontre qu’il n’est nul besoin de parler pour bien se comprendre et exhumer les frayeurs qui pèsent souvent sur nos vies depuis la première enfance. Une intrigue certes très prévisible mais un texte bien construit et une leçon assez aisément compréhensible.

« Nous n’avons jamais chassé de notre mémoire ces quelques syllabes, nous avons gardé au plus profond de nous ce geste regretté : c’est de cette part aveugle que nous dépendons, vivante, insistante, c’est elle qui a décidé de notre destinée ».

Reflet de soi et mimétisme des émotions

6 étoiles

Critique de Isad (Occitanie, Inscrite le 3 avril 2011, 60 ans) - 16 février 2014

Retrouver ses souvenirs d’enfance, faire la paix avec le passé et trouver sa voie dans la vie, c’est ce qui va arriver au narrateur, jeune étudiant au pair engagé pour s’occuper d’un enfant « différent » pendant que sa mère écrit un livre au bord de la mer. L’atmosphère, au début nostalgique et prudente, finit sur une insouciance et une joie de vivre retrouvées.

En 1970, Louis hésite toujours sur ce qu’il va faire de sa vie après 2 années d’université et répond à une petite annonce qui consiste à s’occuper d’un garçon de 16 ans particulier (autiste) au bord de la mer. Comme il s’agit d’une petite ville où il passait étant enfant ses vacances, il accepte. Il rencontre un être dégingandé et imprévisible qui ne parle pas mais a d’autres moyens d’expression avec qui il va s’attacher.

IF-0214-4159

Lu dans le cadre du Prix CL 2014.

4 étoiles

Critique de Yotoga (, Inscrite le 14 mai 2012, - ans) - 9 janvier 2014

A travers une simplicité d’écriture, Grimbert souligne le caractère complexe des différents personnages et par un jeu de strates des parallélismes entre le passé et le présent.

Dans ce voyage dans le temps, l’amitié d’Antoine et Louis se transpose sur la relation de Louis avec Iannis. Par le biais de texte en italique, l’auteur replonge dans ses souvenirs en coupant le lien avec le présent. « Horville c’est morville » : couper les liens avec le passé, pour mieux se concentrer sur l’avenir.

Les parallèles entre Louis, appelé « le grand taciturne » par ses parents, et Iannis, qualifié de « singulier », sont frappant, particulièrement dans leur relation avec leur père respectif. « Mon père avait choisi de me couper les vivres si je ne choisissais pas une filière qui offrait de véritables débouchés » (le père de Louis) et « les fondamentaux, ce sont des valeurs sur lequel on construit sa vie. » (le père de Iannis). Ce jeune autiste facilite à l’étudiant une représentation de lui-même, comme un miroir qui lui permet d’analyser à travers un travail sur soi, le passage de l’enfant assisté qui va en vacances à Horville avec ses parents et de l’étudiant qui consciemment décide d’aller à Horville tout seul par ces propres moyens : trouver son chemin seul, sans soutien, fermer la porte de l’enfance et devenir adulte.

Helena, la mère de Iannis est écrivain. Elle n’a pas pu écrire pendant des années, sèche et sans inspiration, fatiguée de sa relation avec son fils, qu’elle aime par-dessus tout. Le fait que Iannis cache qu’il sache écrire me semble une protection pour lui, un mur contre sa mère qui parait envahissante.

Rien n’est laissé au hasard. L’agressivité et frustration sexuelle d’Helena dans ces années 70, juste après ou pendant une révolution sexuelle dénigrée par le père de Iannis pèse dans le récit. Louis se sent un peu comme la proie qui essaie d’éviter le chasseur.

Je résumerai ce livre par « ni père ni maitre », concept didactique mais aussi pédagogique. Premièrement dans le sens du coupage de cordon avec leurs pères respectif dictateurs et non didacteurs, puis dans le sens premier : qu’apprend-on d’un élève qui semble ne pas progresser ou ne pas apprendre ? : La réception même passive de valeurs inculquées et leur pouvoir destructif sur certaines personnalités.

J’ai été étonnée que le roman ne donne pas les clefs de certaines actions, mais tout s’explique en refermant le livre. L’autisme n’est pas toujours compréhensible, mais l’autiste signale toujours le chemin de la solution. Il suffit de lire entre les lignes.

L’indésirable

7 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 51 ans) - 3 janvier 2014

Un joli bouquin très accrocheur dès le début avec ces personnages mystérieux d’adolescent singulier et sa mère qui écrit des romans particuliers. L’écriture et l’analyse des sentiments est d’une grande justesse, presque de la dentelle. C’est un beau crescendo où chacun se dévoile délicatement. Mais j’aurais aimé qu’un événement bouscule tout ça, apporte un autre souffle.

Une annonce singulière sur les murs de la faculté

9 étoiles

Critique de Koudoux (SART, Inscrite le 3 septembre 2009, 55 ans) - 27 décembre 2013

Louis, un étudiant qui a du mal à trouver sa place, va répondre à une annonce pour un emploi.
"Recherche jeune homme motivé pour s'occuper d'un adolescent singulier en séjour avec sa mère à Horville (Calvados)."
Horville a été la destination des vacances de Louis pendant plusieurs années.
Il va devoir apprivoiser Iannis pour arriver à le comprendre bien mieux que ses propres parents.
Ses souvenirs de vacances vont venir également remplir ses journées.
Louis va se métamorphoser.
Un magnifique roman et une fin...touchante...
A découvrir et surtout ne pas lire "avant" le dernier chapitre pour ceux qui ont cette habitude!!

Deux garçons singuliers

8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 61 ans) - 8 décembre 2013

Il aura fallu que deux circonstances soient réunies pour que Louis rencontre Iannis. Louis est un étudiant qui hésite sur son choix de vie quand il lit une petite annonce recherchant une personne pour garder un adolescent handicapé. Louis ne connait rien au handicap et ce n'est pas la réserve du père qui lui en apprendra plus. Ce qu'il sait, c'est qu'il habite à Horville, petit village balnéaire normand où il passait ses vacances familiales quand il était enfant.
La rencontre avec Iannis va être l'occasion d'une sorte d'apprivoisement de l'un par l'autre. L'adolescent refusant toute communication directe, Louis va être fasciné par cet étrange garçon capable de lire en lui ou de retenir ce qu'il pensait être des monologues. Une drôle de relation va s'établir, loin des normes classiques de l'affection.
C'est avec beaucoup de talent que l'auteur nous fait spectateur de cette évolution. On assiste aux scènes de folie, mais aussi au crescendo touchant de cette relation jusqu'aux touchantes dernières pages. Il y a un peu de Saint-Exupéry dans cette rencontre....

Singulière rencontre …

6 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 84 ans) - 15 septembre 2013

Quelque part en bord de mer dans le Calvados, Louis, le narrateur, jeune adulte qui se cherche, se voit confier la garde de Iannis, un garçonnet autiste dont la maman, Helena, effondrée de chagrin s’évade dans l’écriture.

Malgré l’état d’absolue incommunicabilité qui frappe Iannis, sa relation avec Louis évoluera au fil des semaines, passant d’une désespérante absence de signes de reconnaissance à l’ébauche d’une complicité muette, à la limite de la télépathie.

Ce roman chargé d’émotion analyse avec finesse et réalisme l’interaction des comportements et des sentiments de ces trois protagonistes, ainsi que l’atroce mal de vivre qui accable l’autiste et ses proches.

Un ouvrage qui, à l’image de celui de Françoise Lefevre (‘Le petit prince cannibale’) est le cri pathétique d’une souffrance infinie.

j'irai revoir ma Normandie...

10 étoiles

Critique de Jfp (La Selle en Hermoy (Loiret), Inscrit le 21 juin 2009, 71 ans) - 30 octobre 2011

Le narrateur, jeune homme de bonne famille en rupture de ban universitaire, qui ne sait trop que faire de sa vie, tombe un jour sur une annonce qui l'alerte et va faire basculer son quotidien. En bas de l'annonce, la ville, Horville, située en Normandie comme son nom l'indique, fait brusquement surgir les souvenirs liés à l'enfance: les traditionnelles vacances à la mer avaient lieu chaque année précisément dans cette ville, à l'Hôtel des Flots. Il s'agit de s'occuper d'un "garçon singulier", sans plus de précisions, en lui consacrant tout son temps en échange d'une petite rémunération et, bien entendu, le gîte et le couvert. Une sorte de baby-sitting d'un genre un peu spécial, ce qui ne lui fait pas peur, avide qu'il est de remplir sa vie avec autre chose que des manuels de droit. C'est le point de départ d'une aventure, disons plutôt d'un voyage initiatique, qu'il ne serait pas bon de dévoiler au lecteur, tellement on va de surprise en surprise au fil des pages. Comme dans une énigme policière, on devine ou on essaie de deviner la suite de l'histoire, tout en sachant qu'un coup de théâtre va nous mener au suspense final. Qu'il est étrange l'univers de Philippe Grimbert! Par son style d'écriture, faussement naïf et utilisant des mots simples, on est dans l'atmosphère du conte, les personnages nous paraissent tout d'abord comme étrangers à notre monde. Et pourtant, une fois le livre refermé, ou bien même en cours de lecture, les souvenirs affleurent, et l'on garde le sentiment que l'auteur touche juste à tous les coups et parvient en quelques pages à fouiller l'âme humaine dans ses recoins les plus obscurs.

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