Ils attendaient l'aurore de Claude Michelet

Ils attendaient l'aurore de Claude Michelet

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Varnaudis, le 24 juin 2011 (Inscrite le 24 juin 2011, 56 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (18 309ème position).
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La Seconde guerre mondiale et l'occupation

J'ai lu ce livre quasiment d'une traite. Claude Michelet relate à merveille les sentiments souvent radicalement opposés que l'on pouvait trouver dans cette société troublée lors de l'occupation de la France par l'Allemagne nazie. Nous suivons les pas de Jean, Albert et René, lesquels prennent des directions différentes face à l'envahisseur allemand. Nous nous trouvons alors au cœur de la résistance, de la collaboration et des règlements de compte.
Au cœur de l'action, nous oscillons entre dégoût, peine, incompréhension, peur, compassion pour nos trois héros.
Je recommande vivement cet ouvrage pour tous ceux et celles qui, comme moi, sont passionnés par cette période de notre histoire.

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Roman de Résistance.

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 25 juin 2015

Claude Michelet nous brosse un tableau des choix qui ont pu se proposer aux jeunes Français en 1940 alors que les Allemands se mettaient à occuper une partie de la France. Au travers des destins divergents de trois amis : Jean, Albert et René, il nous fait toucher du doigt la dureté de l’époque, le courage qu’impliquaient certains choix, l’ignominie qu’apportaient d’autres et enfin la quasi impossibilité de rester neutre.
Paris, 1940, les Allemands occupent la moitié nord de la France. Jean, Albert et René sont trois amis d’enfance d’une vingtaine d’années. Leurs préoccupations a priori tournent davantage autour des filles et de leurs séances de piscine mais l’époque est exigeante et Jean se retrouve rapidement dans une situation compliquée alors qu’il vient de participer à la manifestation patriotique du 11 Novembre, interdite, et qui, pour se soustraire à la police blesse un gendarme en s’enfuyant et laisse sur place veston et papiers. En tant que Jean Aubert, il est grillé. Il trouve secours auprès d’une journaliste américaine qui le dirige vers une atypique créatrice de mode, qui, contre toute attente s’avère une résistante impliquée. Jean va s’engager dans cette voie et prendre des responsabilités de plus en plus importantes et dangereuses. Ca c’est pour le côté « clair » de la pièce. Le côté que les Français voudraient retenir.
Mais il n’y eut pas que des résistants – tant s’en faut – il y eut aussi des Albert. Albert, un des amis de Jean donc, se tourne lui plutôt vers un de ses professeurs, qu’il admire et qui le promeut peu à peu dans des activités collaborationnistes, écrivant des billets pour des revues pétainistes telles « La Gerbe » ou « Je suis partout », et, plus grave, infiltrant les milieux étudiants pour identifier ceux qui se tournent vers la Résistance et les dénoncer. Voilà pour le côté sombre de la pièce.
Et puis la pièce a une tranche, ni claire ni sombre, ce sont ceux qui refusent de choisir et de s’impliquer, la majorité probablement. René, le troisième de la bande est de ceux-là. Il a fait sienne cette devise attribuée à Jean Giono : « l’amour de la paix à tout prix ». Hélas, à l’âge de René, il y avait un risque, celui d’être envoyé au S.T.O., le Service du Travail Obligatoire, à faire l’esclave en Allemagne.
Claude Michelet déroule parallèlement ces trois destins dans une œuvre pas nécessairement démonstratrice mais au moins explicative pour ceux qui n’ont pas connu l’époque. On est loin de « Des grives aux loups » mais il semblerait que Claude Michelet avait besoin de raconter tout ceci pour purger le traumatisme subi enfant lorsqu’il vit son père, Edmond Michelet, résistant de son état pour le coup, se faire embarquer par la Gestapo au petit matin …

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