Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison de Arto Paasilinna

Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison de Arto Paasilinna
(Hirttämättömien lurjusten yrttitarha)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par CHALOT, le 13 juin 2011 (Inscrit le 5 novembre 2009, 69 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 855ème position).
Visites : 3 840 

de la fantaisie et de l'humour à revendre....

« Le potager des malfaiteurs
ayant échappé à la pendaison »
roman d'Arto Paasilinna
traduit du finnois par
Anne Colin du Terrail
Editions Denoël et d'ailleurs
343 pages
mai 20111

Une « thérapie » par le travail forcé !

La fantaisie et l'humour sont toujours aux postes de commande chez Arto Paasilinna et ce dernier roman est une cerise sur le gâteau.
Des justiciers organisés décident de faire appliquer la loi à leur manière ...Il ne s'agit pas d'exécuter des malfrats mais de leur « offrir » un cadre social où ils puissent réparer les torts causés.
C'est ainsi qu'une femme volontaire et énergique décide de lutter en bâtissant un « centre d'éducation moral expérimental »....
Grâce à cette main d'œuvre bénévole, un domaine agricole moderne et écologique peut vivre, prospérer et servir de modèle....
Il suffit « d'embaucher » sous la contrainte, mais souvent avec ruse des délinquants et des malheureux « égarés du bon chemin » !

En haut lieu, la sécurité nationale finlandaise décide d'enquêter sur cet ancien kolkhoze reconverti en exploitation agricole performante.
Elle dépêche donc sur place un inspecteur principal qui va mener une enquête sérieuse et minutieuse, clandestinement par infiltration dans cette entreprise située à l'ouest de la Laponie....
Notre inspecteur, devenu contrôleur du ministère de l'agriculture, arrivé sur place, découvre le pot aux roses...Il observe, médusé, des champignonnières géantes implantées dans le sous sol d'une ancienne mine de fer, exploitée autrefois par des communistes autorisés à mettre en pratique les principes communistes.
Le projet initial ayant avorté, le projet actuel est d'une toute autre nature puisqu'il s'agit d'un camp de travail où des a-sociaux de toutes conditions contractent un CDD ou même un CDI !
D'innombrables crapules trouvent ainsi à l'étang aux Rennes « un nouveau sens à leur vie, plus pur et plus honnête »....
Le lecteur ne s'ennuie pas un instant. Il est invité à suivre l'histoire extravagante de cet inspecteur et de ses nouveaux amis, à la recherche de nouveaux clients....
Non adepte, et de loin à la justice dite populaire et surtout à l'utilisation de milices privées, j'ai pourtant bien ri et parfois-je l'avoue humblement- apprécié le sort réservé à certains délinquants économiques comme ces PDG qui, prisonniers vont se retrouver, eux aussi, dans la mine :
« Grâce à leurs bonus, les patrons des grandes entreprises empochaient chaque année des millions, et tout cela pour jeter l'argent par les fenêtres et mener une politique qui avait conduit le pays entier au bord de la ruine ».

J'ai alors déposé quelques minutes mon livre et j'ai pensé un court instant que cette histoire pouvait inspirer de nouvelles pratiques :
Si un jour on pouvait contraindre tous ces affameurs à travailler et à suer comme font tant d'autres !

Mais ce n'est qu'un rêve et l'histoire, une fiction plaisante, poétique, voire même un peu morale !

Jean-François Chalot

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bienvenue en enfer

10 étoiles

Critique de Jfp (Yerres (Essonne), Inscrit le 21 juin 2009, 69 ans) - 7 janvier 2017

La Laponie, ses rennes et ses élans, ses sapins en habits de neige, tout un folklore né de l'imagination de quelques romanciers a fait de cette contrée hostile un lieu où l'on vient se ressourcer, revivre aux temps lointains où la fée électricité ne s'était pas encore penchée sur nos berceaux. Profitant de cet attrait, et dans l'espoir de "purifier" l'humanité, Ilova Kärmeskallio a acquis un vaste domaine, doté de parcelles agricoles et d'une ancienne mine de fer. En surface, on cultive des plantes aromatiques selon les principes de l'agriculture biologique, en profondeur, dans les galeries de l'ancienne mine, différentes espèces de champignons. Pour le personnel, elle fait largement appel au bénévolat (même un évêque en quête de rédemption s'est pris au jeu), mais l'offre ne suivant pas la demande il faut bien faire appel à des personnes ne venant pas nécessairement de leur plein gré. Comme on n'a pas de quoi les payer, rien de mieux que de recruter des volontaires d'office, malfrats divers et variés, qui vont, contraints et forcés, pouvoir trouver ici le salut par le travail : "Arbeit macht frei", cela ne vous rappelle rien ? Mais si, cherchez bien… Un beau jour, ce paradis perdu voit arriver un certain Jalmari Jyllanketö, soi-disant agronome certificateur, chargé de vérifier la certification "bio" du domaine. En réalité, Jalmari appartient aux services secrets finlandais et est chargé d'enquêter sur les agissements assez troubles de cette organisation "charitable". Mais voilà que notre faux certificateur, armé à son arrivée de fortes réticences, va se prendre au jeu, tombé sous le charme de ce rutilant phalanstère, et surtout de la fille de la patronne. Dans une ambiance grandguignolesque, de faux en faux on arrive à des situations plus abracadabrantes les unes que les autres, pour finir dans une vision idyllique d'une utopie qui n'est au final rien d'autre qu'un camp de concentration au pays des nains de jardin. Mais c'est très bien écrit et on dévore les pages, en se demandant jusqu'au bout quelle va être la morale de l'histoire. Eh bien, il n'y en a pas, et c'est bien là le problème car tout le monde peut y trouver son compte si l'on prend les choses au premier, au second voire au troisième degré. Et les Lapons (Samis), dans tout ça ? Eh bien, il n'y en a pas, sans doute, trop petits, ont-ils disparu au fond de la mine…

TOUT ÇA POUR ÇA?...

4 étoiles

Critique de Septularisen (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 50 ans) - 16 décembre 2013

Grand fan du "Gabriel Garcia MARQUEZ de Laponie", que je lis depuis le début des années 2000, je dois avouer que cette fois-ci encore (après "Le Cantique de l'apocalypse joyeuse"), je suis à nouveau vraiment, mais vraiment déçu par cet livre…

Non que le livre ne soit pas dans sa verve habituelle, avec ses situations incroyables et rocambolesques, ses retournements de situations, ses invraisemblances, ses inventions toutes plus farfelues les unes que les autres, ou encore son imagination débridée, etc etc…

Je dois aussi dire que la traductrice, Mme. Anne COLIN Du TERRAIL (Lauréate en 2003, du Prix du traducteur étranger décerné par l’État finlandais.), fait toujours de un aussi bon travail, rien à redire de ce point de vue là…

Non, je dois dire que si ce livre de M. PAASILINNA ne m’a pas enchanté, c’est que je m’y suis profondément ennuyé !... Oui ennuyé!... D’abord on ne s’esclaffe pas de rire dans ce livre-ci, comme dans tous les autres du finnois (à cause du sujet trop grave ?...), on ne sourit même pas un tout petit peu… Et je dois avouer que cela m’a beaucoup manqué ici, moi qui avait pris l'habitude de passer un bon moment avec le finnois!…

Ensuite, l’auteur fait sans cesse des répétitions, revenant plusieurs fois sur le même thème, le même sujet, la même histoire encore, encore et encore...
Ainsi, la mine aux champignons p. ex. où les enlèvements de personnes…
Certains thèmes sont aussi d’abord trop développés, puis complétement bâclés comme p. ex. quand le héros et sa fiancée se retrouvent en terrain inconnu suite à un atterrissage de fortune avec leur Cessna. On nous décrit, par le menu détail, toutes leurs aventures et mésaventures pour survivre et se débrouiller, mais on boucle le récit en une demi-page en ne nous disant plus rien et en ne nous faisant même aucune description précise de leur sauvetage…
Mais alors quel intérêt de développer cette histoire sur tant de pages? Tout ça pour.. Ça ?...
Des pages et des pages superflues de redondances, de retours, de répétitions…
L’auteur a-t-il voulu allonger son livre ? Manque d’imagination ? Panne de créativité ? Angoisse de la page blanche? Livre de commande? Travail à remettre de façon urgente?...

Non franchement, je dois avouer que pour la première fois j’ai l’impression qu’Arto PAASILINNA est passé ici, complétement à côté de son livre...
Pour ceux qui désirent l’écrivain finnois, je conseillerais donc plutôt de commencer par « La douce empoisonneuse » ou encore « Prisonniers du paradis », au risque sinon avec ce livre-ci de se faire une opinion complétement fausse du grand talent de conteur d'histoires de M. PAASILINNA…

Déjanté, dirait-on !

8 étoiles

Critique de Lectio (, Inscrit le 16 juin 2011, 68 ans) - 30 mai 2013

L'étang aux rennes est un ancien kolkhoze situé dans l'ouest de la Laponie. Ilona Kärmeskallio, nouvelle propriétaire, a converti le domaine en une florissante exploitation agricole plutôt spécialisée dans les herbes aromatiques et les légumes bio. A quelques kilomètres de là, elle a transformé une ancienne mine de fer en champignonnières. Devant de persistantes rumeurs sur de mystérieuses disparitions, la sûreté nationale finlandaise missionne l'inspecteur principale Jalmari Jyllänketo pour infiltrer et enquêter sur ce mystérieux site aux impressionnantes clôtures officiellement destinées à contrer l'intrusion des animaux sauvages. Et c'est sous le couvert d'un contrôleur des cultures biologiques que monsieur l'inspecteur principal fait son entrée au domaine et finit par s'y installer définitivement en devenant le gendre d'Ilona Kärmeskallio. Pourtant tout est loin d'être légal dans ce que nous pourrions résumer en un bagne privé. Le séjour de Jyllänketo est truffé de péripétie rocambolesques, folles et surréalistes. A. Paasilinna ne se prive pas d'un humour sarcastique et acerbe sur l'Etat finlandais, l'Europe, naturellement la lourde bêtise des services secrets, les grands patrons.. et une certaine conception de faire justice. Si ces thèmes sont loin d'être nouveaux, l'intrigue est originale, bien construite. Le texte est agréable à lire, fluide, grâce à des chapitres courts et sans aucunes lourdeurs. Bravo pour la traduction de Anne Colin du Terrail car franchement rien que les noms propres finnois nous procurent quelques difficultés de lecture et de prononciation.

L'auteur s'est défoulé

7 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 52 ans) - 5 juin 2012

On est ici dans un récit à nouveau délirant dans lequel l'auteur s'est fait plaisir en contant une histoire purement "paasilinnienne" en voulant en plus faire passer un certain message.

Certes on part dans tous les sens et on a parfois l'impression que l'auteur se laisse aller dans des écarts inutiles.

Un bon livre distrayant, mais sans doute d'abord pour les inconditionnels de Paasilinna, car certains lecteurs qui découvriraient l'auteur via ce livre risqueraient de considérer ce récit complètement absurde et d'une écriture trop facile.

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