Les sept erreurs stratégiques fatales de Hitler
de Claude Collin Delavaud

critiqué par Chene, le 5 juin 2011
(Tours - 49 ans)


La note:  étoiles
Un livre pour les experts en stratégie
C’est une évidence quand on y pense. Hitler a perdu la guerre dès qu’il pris la décision d’envahir la Pologne, c’est à dire dès 1939. En effet, à moins d’arriver à mettre au point l’arme atomique avant les Américains, l’Allemagne était perdue d’avance. D’abord parce que l’Allemagne avait pris du retard dans la conception de la bombe atomique et ceci pour deux raisons : d’une part, Hitler n’y croyait pas ou y a cru trop tard, et d’autre part, parce que la politique raciste des nazis avait fait fuir de grands cerveaux d’Allemagne, en particulier celui d’Einstein qui s’est réfugié en Amérique.
Dans tous les cas, l’Allemagne sans cette arme ne pouvait gagner la deuxième guerre mondiale. Car en 1945, l’Amérique avait mis au point l’arme atomique, l’arme suprême, et quand bien même Hitler eut pu continuer les combats au-delà de l’année 1945 comme nous le démontre l’auteur, l’Amérique aurait finit par larguer une douzaine de bombes atomiques sur l’Allemagne pour l’arrêter. En effet, les deux premières bombes n’étaient pas destinées aux japonais mais bien aux allemands.
Donc envahir la Pologne était la première erreur stratégique de Hitler.
Hitler avait des vues à court terme. Certes il a pu bénéficier de victoires au départ car son armée était techniquement plus avancée que les autres mais ce que l’on apprend, c’est qu’il n’avait rien prévu pour la suite en cas de victoire sur les armées françaises et britanniques à Dunkerque. Non seulement il ne détruit pas l’armée britannique qui est encerclée, mais en plus il ne profite pas de l’avantage. Il aurait fallu de suite envahir l’Angleterre. Au lieu de cela, il laisse l'Angleterre en bonne état et il s’en va attaquer les Russes avec dans son dos, les Britanniques qui s'arment suivis des Américains qui s'arment.
Egalement, l’auteur souligne une autre erreur stratégique de Hitler : attaquer l’URSS sur 3 points différents avec 3 armées distantes chacune de 500 kms qui avancent selon des vitesses différentes. De plus au lieu de se diriger vers Moscou, un des groupes d’armée a ordre de se diriger vers l’Ukraine et le Caucase. La prise directe de Moscou aurait été plus intéressante, or Hitler néglige Moscou. Autre erreur stratégique, l’ouverture d’un troisième front en Méditerranée sans avoir obtenu l’engagement de Franco pour intervenir aux côtés des Italiens. Le fait aussi de ne s’être pas bien entendu avec les Japonais. Ces derniers n’interviendront jamais en Russie (de l’autre côté en prenant les Russes à revers) ce qui aurait soulagé Hitler.
Toujours, selon l’auteur, Hitler et ses généraux auraient du réduire le front de l’Est et se consolider derrière le fleuve Dniepr. Au lieu de cela, une offensive est lancée sur Stalingrad où les forces allemandes vont s’épuiser puis en 1943 une autre offensive perdue est lancée, c’est la fameuse bataille de blindés de Koursk où Hitler va perdre 10 divisions. A partir de Koursk, les Allemands ne feront que reculer.
Les sept erreurs stratégiques de Hitler si elles n’avaient pas été commises auraient prolongé la guerre d’une année supplémentaire engendrant encore d’énormes souffrances et de ruines. Tout cela aurait finit dans un enfer nucléaire pour l’Allemagne. Il valait mieux pour tout le monde qu’Hitler commette ces erreurs et qui plus est qu’il en fasse d’autres…Ou même qu’il ne puisse pas exister.
C’est un docu fiction, un essai, un war game un peu surréaliste.
L’invasion de l’Angleterre qui n’a jamais eu lieu mais que Hitler aurait du mener, selon l'auteur, est décrite dans les détails pendant tout un chapitre, c’est un peu fou et un peu long.. Il arrive que l’on se perde dans les dédales et les labyrinthes des techniques et tactiques militaires. L’ouvrage est peut être un peu trop scientifique. J’avoue que parfois j’ai eu du mal à en continuer la lecture et même à finir le livre car l’auteur qui est quand même professeur de géographie émérite à l’Université Paris VIII émet ici des hypothèses très détaillées qui n’ont jamais existé dans la réalité et qui auraient pu être tout à fait différentes si elles avaient existé… De plus, les cartes sont dessinées assez grossièrement à la main ce qui est assez surprenant et déroutant et ce qui ne donne pas envie de les lire encore moins de les étudier. Il arrive qu’au cours de la lecture on se demande pourquoi on lit un tel livre ? D’où la question que l’on peut se poser : quel est l’intérêt de ce livre ? Un livre pour les militaires ? Les historiens ? Les chercheurs ? Les stratèges ? En tout cas un livre ovni….C'est sûr.