Longues peines de Jean Teulé

Longues peines de Jean Teulé

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Killeur.extreme, le 24 mars 2011 (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 36 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (9 585ème position).
Visites : 2 728 

Les prisonniers et les matons

Présentation de l'éditeur
Dans la cellule 203, ils sont quatre : Jacky Coutances a probablement tué trois de ses amoureuses; Sergueï Kazmarek a rendu hémiplégique une jeune mariée ; Pierre-Marie Poupineau a un goût immodéré pour les petits enfants. Et Sébastien Biche, instituteur fragile, a, dans un moment d'épuisement et de folie, tué son bébé en lui cognant la tête contre la cheminée. Dans la 108, croupit Corinne Lemonnier, monstre femelle qui offrait ses neveux et ses nièces aux plaisirs sadiques de son amant. Jacky aime Corinne et Corinne aime Jacky. Ils ne se connaissent que par les mensonges amoureux qu'ils échangent en hurlant, chacun collé aux barreaux de leur fenêtre respective. Ainsi va la prison, entre crises d'amour et coups de démence, le ronronnant barnum de la cabane aux forcenés…

Ce roman de Jean Teulé, publié en 2001 n'est sorti que cette année (2011) chez Pocket, alors que son dernier roman "Charly 9" est sorti la même période.

Dans ce roman, on retrouve l'écriture très "cinématographique" de Jean Teulé, il décide de situer son roman dans une prison en faisant partager le quotidien des surveillants et des détenus à travers les pensées et les réflexions de ceux-ci. On les découvre avant leurs crimes ce qui pemet au lecteur de s'"attacher" (le mot est un peu fort mais je vois pas comment dire autrement) à ses détenus, les gardiens aussi sont attachants, la plupart n'ont choisi ce métier que pour vivre, d'autres l'exercent comme une vocation. Ce Huis-clos nous permet de voir quelque drames qui se passent à l'intérieur de ces barreaux.

Un défaut cependant, j'ai trouvé l'ensemble trop "Fiction", Teulé ne rend pas assez, à mon avis, l'horreur des prisons et pour les surveillants et pour les détenus, certes c'est un roman, mais d'autres ont mieux décrit les relations entre le gardien et le gardé "La ligne verte" par exemple là certains passages sonnent faux, dommage.

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En prison vraiment?

8 étoiles

Critique de Palmyre (, Inscrite le 15 avril 2004, 55 ans) - 27 octobre 2015

Ce petit roman de Jean Teulé ne m'a pas déplu, loin de là! Mais je ne peux m'empêcher d'être dubitative à son sujet. Il ne me semble pas possible que la prison soit ce petit univers oserais-je dire familial? Les détenus se connaissent, les matons sont gentils à une exception près, leur chef qui semble être une belle ordure!
Le personnage qui m'a le plus émue, c'est le directeur, pauvre homme enfermé de par sa fonction mais aussi à cause de l'amour qu'il porte à sa femme qui semble folle à lier.
Bref, un roman agréable à lire mais dont je doute qu'il soit le reflet réaliste d'une prison!

Découverte du monde carcéral avec Jean TEULE

8 étoiles

Critique de Arbralettre (, Inscrit le 26 janvier 2013, 55 ans) - 13 février 2013

Jean Teulé (Saint-Lô, Manche, 26 février 1953) est un romancier et auteur de bande dessinée français, qui a également pratiqué le cinéma et la télévision (Wikipédia).
Il est l’auteur de Longues Peines, publié en 2001.
C’est un livre de 190 pages qui se lit d'un trait.
Nous allons à travers des exemples de personnages du livre, faire un résumé succinct du livre.
C'est un témoignage de la vie des hommes et de femmes en prison, incarcérés pour diverses raisons (meurtres, infanticides, pédophilies, trafics de drogue…)
Il décrit sans détour la vie des hommes au QH (quartier des hommes) avec la détresse de ceux qui ne se pardonnent pas leurs actes passés.
Et des femmes au QF (quartier des femmes) qui tentent de vivre (Corinne une détenue agressive), de survivre dans l'attente d'une libération (pourtant Nadège Desîles va refuser sa sortie et s'accrocher à un barreau. A découvrir).
Il y a ceux aussi qui doivent affronter leur mort prochaine (Sébastien Biche infanticide ne résistera pas longtemps. A découvrir).
Il décrit également les rituels des prisons [les repas, le courrier (la correspondance de Sergueï kaczmarek avec une femme inconnue qu'il va retrouver à sa sortie), la douche qui devient un supplice pour les "pointeurs"
(Les pédophiles) qui finissent par servir d'exutoire sexuel à certains détenus).
L’auteur décrit aussi les rêves, les amours (exemple de l’amour irréel de Jacky Coutances triple meurtrier de femmes avec Elsa) et l'imagination débordante de chacun.
Il n’oublie pas le monde de marchandages et de chantage sans règles (apparentes) pour améliorer son quotidien et gare à celui qui s'écarte du chemin. Il faut d'abord penser à soi!
Il décrit le langage violent de la prison, avec des prisonniers excités qui vont exprimer ce sentiment général.
Personne n'est oublié :
Le directeur irresponsable Denis van Der Beek (qui accepte de se ridiculiser avec de la layette) pour soutenir sa femme dépressive (elle va finir par se transformer en justicière. A découvrir).
Les matons (les fautes du novice Cyril Cambusat, (les matons sont obligés de boire avant d'affronter ce monde) et les matonnes Agnès Leduc (plus renfermées et qui explosent souvent leur ras-le-bol dans leur ménage).
C’est un monde qu'ils n'ont la plupart du temps pas choisi. Un monde qui les suit partout entrainant divorces, dépressions, suicides (celui du maton Cyril Cambusat).
Quelques points légèrement abordés :
- le personnel médical auquel il est quelque fois fait appel.
- à part l’allusion à un aumônier le point religieux n’est pas abordé dans le sujet.
Au final comment garder un esprit sain dans un pareil univers ?
L'auteur dépeint bien ici la cruauté de nos prisons mais ne devons-nous pas nous interroger sur le véritable but de nos prisons car il s'agit d'une prolongation de notre société qui est celle qui a jugé ces hommes et femmes.
Le but de ce jugement n'est t-il pas de leur faire payer leur faute (dans le bon sens du terme) plutôt que de leur faire expier leur faute ?
Saluons ici le travail de recherches de l’auteur sur ce milieu des prisons (définitions, expressions, us et coutumes…) qui nous permet de mieux comprendre cet univers fermé.
Peut être l’auteur a-t-il utilisé ses compétences acquises avec le cinéma et la bande dessinée.
Nous pensons que la morale à retenir est d’éviter à jamais cet univers.
A lire, c’est un plaisir.

Un beau langage fleury

8 étoiles

Critique de Ndeprez (, Inscrit le 22 décembre 2011, 41 ans) - 30 septembre 2012

Voila un petit livre qui doit être pris pour ce qu'il est : une fable poétique sur fond de milieu carcéral.
Bien sûr tout n'est pas possible (en théorie les hommes et les femmes incarcérés ne peuvent se rencontrer ni se parler, les surveillants ne portent pas de casquette) mais certaines histoires sont très plausibles (mon parcours professionnel m'a conduit à bosser en prison).
C'est un peu déjanté avec un fond de vérité.
Le personnage du directeur de la prison est savoureux.
J’apprécie le style de Teulé et c'est donc avec plaisir que j'ai lu ce bouquin.

Cocasseries dramatiques dans le monde carcéral

8 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 82 ans) - 8 juillet 2011

Ce court roman aligne une série d’anecdotes hors du temps et qui plongent le lecteur au plus profond de l’univers carcéral, de ses lois non écrites, de ses prisonniers aussi ignobles qu’humains, de ses personnels désenchantés qui témoignent de manière fort instructive …

Si l’on fait un instant abstraction des horribles crimes qui ont mené la plupart des personnages du roman à cette maison d’arrêt pour hommes et femmes, l’on peut trouver savoureuses certaines de leurs aventures vécues sous les verrous : l’illettré qui pour rédiger ses lettres d’amour demande l’aide d’un co-détenu peu fiable, la folle qui refuse sa levée d’écrou sauf à emporter l’un des barreaux de sa cellule, ou encore l’éternel sodomisé à la douche qui contre-attaque en ingérant des pastilles laxatives …

L’on découvre au fil des pages, qu’à l’abri de ces murs, de nombreuses fragilités mentales cohabitent avec d’irréversibles salauds et que devant certaines situations cocasses qu’en humoriste l’auteur a choisi de nous exposer, le lecteur ne cesse d'hésiter entre sourire et compassion.

Encore une belle contribution de Jean Teulé à la connaissance de notre monde …

Sans peine

8 étoiles

Critique de Sincou (, Inscrit le 24 avril 2010, 36 ans) - 21 mai 2011

Histoires de prison. Des histoires comme il en existe plein dans ces lieux clos. On partage un court moment (dommage qu'il soit trop court d'ailleurs) d’existence d'une maison d'arrêt. Sa vie avec ses détenus, ses surveillants et son directeur. Chacun a son histoire qui se regroupe l'une à l'autre.
Teulé nous passe la pommade. Il nous donne un sentiment de bienveillance envers ces personnages incarcérés. Un paradoxe, car il s'agit là des pires. (violeurs, pédophiles, assassins, ...)

Style simple et fluide, un bon petit moment de lecture.

"DANS LES YEUX" DE JEAN TEULE

9 étoiles

Critique de Papyrus (Montperreux, Inscrite le 13 octobre 2006, 57 ans) - 23 avril 2011

Une fois de plus, Jean Teulé se joue des genres et commet un texte difficilement classable entre roman et documentaire, entre fiction et réalité. J’ai lu ce livre d’une traite en quelques heures, ce qui chez moi est le signe d’un réel intérêt qu’il faut attribuer à l’écriture et à la construction du roman.
Chapitres très courts, insertion d’italique qui donne la parole aux divers protagonistes, les matons qui s’expriment sur leur vécu, comme une interview retranscrite et insérée dans le texte.
Kaléidoscopique, le roman nous mène de cellule en cellule, du quartier des hommes au quartier des femmes, nous livrant le quotidien de quelques détenus et de leur attitude irrationnelle, puis nous délivrant la cause de leur incarcération comme pour donner un nouvel éclairage sur l’immensité de la détresse humaine qui les a conduits en détention.
Dans ce monde aux codes si particuliers qu’il faut connaître pour survivre, le directeur de la maison d’arrêt est un détenu particulier qui lui aussi sera rattrapé par la tragédie humaine qui se joue dans le huis clos de la maison d’arrêt.
Cyril, c’est le fil rouge du roman, un maton trop qualifié (bac + 5) pour cette profession, trop sensible et trop naïf, dont on sent dès le début du roman qu’il ne sortira pas indemne de ce choix professionnel …
Jean Teulé signe là un très beau livre, tout en finesse et sensibilité (je viens d’en lire 3 de suite de cet auteur) où je retrouve la part d’humanisme de son auteur.

Derrière les barreaux

6 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 48 ans) - 20 avril 2011

Un portrait réaliste des moeurs du milieu carcéral. Mais, il n'y a rien de vraiment surprenant ou que l'on n'avait pas déjà lu dans d'autres romans baignant dans le même univers. Humaniser des criminels est un défi de taille. Ici, je ne peux pas dire que je me suis attaché à aucun des personnages, d'autant plus que l'on passe de l'un à l'autre rapidement. Le style est efficace, les historiettes intéressantes, mais sans plus.

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