Une maison pour toujours de Enrique Vila-Matas

Une maison pour toujours de Enrique Vila-Matas
(Une casa para siempre)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Tistou, le 8 février 2011 (Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans)
La note : 7 étoiles
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12 nouvelles

Douze nouvelles qui présentent l’originalité d’un personnage commun, comme un fil rouge qui permettrait de dépasser la nouvelle pour en faire la colonne vertébrale d’un roman.
Douze nouvelles marquées par une extrême originalité et un ton libre et souvent inattendu. L’une d’entre elles laisse clairement entrevoir l’inspiration autobiographique puisqu’il y fait intervenir Marguerite Duras comme pourvoyeuse, auprès de l’ami d’Andrès, d’une chambre de location à Paris. Ce fut le cas du véritable Vila-Matas qui logea deux ans à Paris dans une chambre de bonne louée par Marguerite Duras !
« Houle » :
« J’avais un ami. En ce temps-là, c’était mon seul ami. Il s’appelait Andrès et habitait Paris, où j’allais lui rendre visite, ce dont il se réjouissait. L’après-midi même de mon arrivée à Paris, il me présentait son amie Marguerite Duras.
…/…
J’étais ruiné, j’étais parti pour Paris et mon ami m’avait présenté à Marguerite Duras. Andrès était de ces gens qui s’imaginent que la compagnie d’écrivains de talent aide à bien écrire.
« J’ai une chambre de bonne qui vient de se libérer », me dit Marguerite dès qu’elle me vit. »
La suite est beaucoup moins cohérente et beaucoup plus « Vila-matasienne » !
La première du recueil, une des plus longues, constituerait facilement le thème d’un roman à elle toute seule : « J’avais un ennemi ». Aux allures de faux polar et de vrai délire, c’est du Vila-Matas pur jus.
Il s’avère d’ailleurs extrêmement difficile d’essayer de donner une idée, ou de présenter, résumer, les nouvelles de Vila-Matas. Leur consistance tient autant dans l’histoire que dans la manière désinvolte avec laquelle Vila-Matas taille, découpe dans le cohérent pour y intégrer de l’inattendu, de l’incongru, et au final perdre son lecteur dans les méandres de son imagination.
J’ai l’impression que le style de Vila-Matas s’accorde mieux du coup au format du roman, plus long, et au bout duquel le lecteur finit quand même par recoller les morceaux ? Pour les nouvelles, ce lecteur est balloté, malmené, et arrivé au port il ne se souvient plus bien d’où il était parti ni si le port d’arrivée aurait dû être celui qui l’accueille !

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