L'empire barbare, Tome 2 : Théodoric le Grand
de Gary Jennings

critiqué par Hamilcar, le 7 février 2011
(PARIS - 64 ans)


La note:  étoiles
Un très bon livre d'histoire et d'Histoire
Je me suis exprimé récemment sur l’excellent livre de Gary Jennings, l’Empire Barbare, et je disais l’impatience que j’avais d’en lire la suite. C’est fait. Et je dois avouer le plaisir immense à retrouver le personnage qui m’avait séduit dans le premier tome.
Si, dès le début du récit, j’avais une certaine circonspection par rapport à sa nature, je me suis complètement inscrit dans l’épopée, car c’en est une, jusqu’à prétendre au mythisme de ce héros.
La deuxième partie me conforte complètement. Thorn est un héros qui ne déroge à aucune règle des légendes, sauf que le fruit de l’imagination de l’auteur se superpose à un véritable travail de recherche et d’argumentation historique.
Il y a Thorn et son double féminin Veleda, et il y a l’histoire, avec un h aspiré lorsqu’il s’agit d’évoquer Strabo l’ostrogoth sanguinaire, rival de Théodoric, ou la tribu amazone des Walis-karja (on frôle parfois Tolkien mais avec un plus de cruauté), et l’Histoire avec son grand H quand on suit Théodoric dans sa conquête de l’empire romain d’occident.
Extrêmement documenté, ce deuxième et dernier opus nous éclaire sur une époque rarement décrite.
La chute de Ravenne où s'est réfugié Odoacre, empereur romain sur le déclin, est un passage du livre qui nous rappelle que oui, on est dans l’Histoire et non la fantaisie. Les descriptions qui s’ensuivent de la république romaine, de son quotidien, les explications sur les rapports entre la Rome d’Orient de Justinien et Théodora et le nouvel empire arien de Théodoric, sans cesse impactés de considérations religieuses ou politiques, nous emmènent alors vers un véritable roman d’Histoire.
Et Thorn finit par s’effacer, après maintes et maintes péripéties, entraînant avec lui Veleda sur le chemin du crépuscule.
Il aura eu ce mérite de remettre sur son piédestal un des plus grands empereurs de l’Histoire, très souvent ignoré, mais qui méritait certainement, tel Alexandre de Macédoine, son qualificatif de Théodoric le Grand.
A lire sans modération. Et un grand coup de chapeau à Thierry Chevrier, traducteur de l’œuvre.
Je conseille toutefois de lire dans la foulée les deux tomes sans trop attendre, car certains retours en arrière peuvent s’imposer en raison du grand nombre de personnages.
Une digne suite 8 étoiles

Que dire de plus, sinon que cette suite est dans la continuité du premier tome. Si vous avez aimé le premier tome, alors n'hésitez pas, celui-ci vous plaira autant. Si par contre vous n'avez pas aimé le premier, passez votre chemin.
Le "petite" histoire de notre héros Thorn s'inscrit parfaitement dans l'Histoire, durant une époque assez méconnue. Toujours bien documenté, ce roman nous apprend beaucoup de grands faits et petits détails de l'époque. C'est une période de l'Histoire dont peu de romans parlent, ce qui fait un peu la particularité de celui-ci et qui le rend intéressant.
A lire pour tous les passionnés de romans historiques!

PA57 - - 36 ans - 12 février 2013