Petite histoire du Ticket de métro parisien de Grégoire Thonnat

Petite histoire du Ticket de métro parisien de Grégoire Thonnat

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire , Arts, loisir, vie pratique => Divers

Critiqué par Numanuma, le 30 janvier 2011 (Tours, Inscrit le 21 mars 2005, 46 ans)
La note : 6 étoiles
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Disparition du Q...

Y’a des livres comme ça, qui payent pas de mine mais qui donnent envie juste à les voir en rayon. Cette Petite histoire du ticket de métro parisien en fait partie.
Malgré sa couverture jaune et marron, aux couleurs les plus connues du ticket de métro, le livre était difficile à repérer au milieu des autres et je suis passé à côté plus d’une fois avant que mes yeux s’arrêtent dessus.
Bon, c’est sûr, un type qui n’a jamais pris le métro à Paris n’y trouvera pas forcément son compte sauf à prendre le livre tel qu’il est : un témoignage plus qu’un livre d’histoire. Une page de texte à gauche, une photo à droite, des tickets en pagaille depuis le premier jusqu’à l’actuel Navigo, des encarts hors texte, des extraits d’œuvres se situant dans le métro, tout y est et rend ce petit livre, qui ne prendra pas plus d’une heure de lecture, fort sympathique et agréable.
L’historien amateur restera sur sa faim, c’est entendu mais pour le lecteur lambda, pour le curieux, pour le nostalgique, c’est parfait !
Le métro parisien a été inauguré le 19 juillet 1900 ; l’ingénieur qui est en charge de sa construction est Fulgence Bienvenüe, ceci pour ceux qui s’étonnent de la présence de l’accent sur le u à la station Montparnasse – Bienvenüe. A l’origine, le métro est géré par la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris, la CMP. La première ligne traverse Paris de la Porte Maillot à la Porte de Vincennes. En 1905, une nouvelle concession est attribuée par la municipalité parisienne à la société Berlier-Janicot. Ce nouveau réseau, le Nord – Sud, ouvre sa première ligne (qui correspond à l’actuelle ligne 12) est ouverte en 1910. Elle sera absorbée par la CMP en 1930.
La RATP ne sera créée qu’en 1949. La régie hérite alors d’un réseau ferré de 166 Km correspondant à 14 lignes de métro.
Evidemment, un tel ouvrage repose sur beaucoup de chiffres : les tarifs des billets s’égrènent au fil des pages ainsi que le nombre des voyageurs transportés par années… Il est intéressant, au regard des conditions de transport de nos jours, et je sais de quoi je parle avec 3 heures de bus/métro par jour, qu’en 1939, un voyageur ne subissait qu’un retard moyen de 1 minute pour 1000 kilomètres parcourus ! Cependant, la RATP a mis en place, depuis longtemps et qui dure encore, un système dont j’ignorais l’existence : le bulletin de retard, justificatif qui peut s’avérer fort utile face à un patron récalcitrant ou un directeur d’école peu compréhensif.
En 1951 disparait la lettre Q !!! N’ouvrez pas vos dictionnaires pour vérifier la raison est assez simple bien que double. La même année apparaît le tarif P, ce qui correspond à une augmentation du prix du billet suite à l’apparition des pneumatiques sur les trains de la ligne 11. En août de la même année la RATP lance le tarif S. Où sont passés le Q et le R ?
Pour le Q, l’auteur indique qu’il n’aurait peut-être pas été de bon ton de demander « le prix d’un Q de première classe ou bien un aller-retour en Q » ! Je dois bien l’avouer, l’anecdote m’a bien fait marrer mais la réalité est plus prosaïque : il existait un risque de confusion visuelle entre les O et le Q de même qu’entre le P et le R. Rappelons que le poinçonneur fera « des trous des p’tits trous encore des p’tits trous » aux Lilas et ailleurs, jusqu’en 1975, les tourniquets commençant à se mettre en place dès 1973 ; 75 est également l’année de l’apparition de la Carte orange.
Au fil des pages, je me suis perdu dans des souvenirs pas si lointains finalement. Ainsi, page 117 se trouve une photo d’un plan de poche dépliable qui a fait remonter immédiatement l’odeur à mes narines, si je puis dire. De même, je me souviens, gamin, de la joie que j’ai pu éprouver quand, par miracle, une ancienne rame arrivait en gare de Fort d’Aubervilliers, ligne 7, une de ces rames à l’ancienne, verte et jaune, avec des bancs en bois, ce genre que l’on voit parfois dans les films de guerre et qui sont restées en circulation jusqu’en 1983.
Les madeleines de Proust prennent des formes variées…

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