La première nouvelle, Intitulée "Masques" et initialement publiée dans le recueil de nouvelles "Premier amour, derniers rites" aborde la troublante relation qui s'installe entre une tante et son neveu dont elle assure l'éducation. Déguisements au programme, ambiguïté, possessivité et exclusivité sont les ingrédients majeurs de cet texte qui m'a paru bien fade. Rien de très original, un sujet pas très bien traité, sans surprise, même ennuyeux par moments. La tante a des pulsions, le neveu en fait les frais de manière détournée et encore... ça s'arrête là et la fin est franchement bâclée.
Le second récit "Pornographie" est meilleur, mieux ficelé, bien plus cruel et pervers. Un homme amateur de sexe et de jolies femmes abuse de l'amour de deux d'entre elles jusqu'au jour où ça se retourne contre lui et de manière violente, les deux belles étant infirmières. L'histoire va crescendo, il faut du temps à McEwan pour poser son ambiance puis peu à peu, on sent la tension qui s'installe et la fin est à la hauteur de l'attente ainsi créée.
Le dernier texte, Psychopolis, est à mes yeux le plus abouti. Long discours sur l'Amérique intellectuelle et sur la société bourgeoise superficielle, névrosée et psychanalysée. Pas de gros rebondissements, plutôt un portrait détaillé d'une classe sociale aisée qui se cherche sans jamais se trouver. Introspections, regards sur les autres, morosité de vies rangées qu'on voudrait palpitantes, vanité et autres défauts... tout cela contribue à faire de ce texte un petit bijou sociologique bien plus efficace à mes yeux que les deux précédents.
Au final, trois nouvelles agréables allant du moins bon au meilleur. Pas de quoi donner vraiment un aperçu complet et efficace du talent de Mc Ewan mais on sent que l'essentiel y est et qu'il est dès lors utile d'aller voir ailleurs dans son oeuvre pour y trouver davantage de performance.
Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 37 ans) - 18 août 2005 |