Comment on meurt de Émile Zola

Comment on meurt de Émile Zola

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Le rat des champs, le 10 août 2010 (Inscrit le 12 juillet 2005, 67 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 942ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
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Peinture sociale de la mort

La mort représente-t-elle l'égalité absolue? Au travers du récit de cinq agonies, celle d'un noble, d'une bourgeoise, d'une commerçante, d'un enfant du milieu ouvrier et d'un paysan, Zola nous montre qu'il n'en est rien et que si la faucheuse se comporte avec chacun de façon égalitaire, tout ce qui précède et qui suit le décès, selon qu'on soit puissant ou misérable, est très différent. Ce livre très court mais percutant est un précieux témoignage sur une époque pas si lointaine. D'ailleurs, les choses ont-elles vraiment changé?

Mieux que dans les oeuvres plus connues de cet auteur généreux, on peut prendre la mesure de sa révolte devant les inégalités sociales. Et quel style puissant! Un livre petit par la taille mais géant par le contenu.

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L’argent plus fort que la mort

10 étoiles

Critique de Zagreus (, Inscrit le 16 novembre 2010, 33 ans) - 10 janvier 2011

Chez les plus aisés, on meurt dans l’indifférence : pour le Comte de Verteuil, Mathilde sa femme, qui n’assiste pas à son enterrement, se masturbe (« Et la comtesse, sur sa chaise longue, n’a pas bougé. Elle joue toujours avec le gland de sa ceinture, les yeux au plafond, perdue dans une rêverie, qui, peu à peu, fait monter une rougeur à ses joues de belle blonde. ») ou dans la solitude : au pied du lit de Madame Guérard, ses trois fils se disputent son héritage et Adèle Rousseau agonise pendant que son mari, trop accaparé par son commerce, fait l’inventaire (le chagrin, sincère, doit vite laisser la place aux affaires).
Pour Jean-Louis Lacour, paysan, le travail de la terre ne peut souffrir aucune pause et personne n’a vraiment de peine : mort à soixante-quinze ans, le père a bien vécu.
Il n’y a que chez les miséreux qu’on pleure un peu plus. Chez les Morisseau, la mort du petit Charlot, dix ans, est cruelle mais c’est un coup du sort parmi tant d’autres et le soir quand on offre à manger « les Morisseau, affamés, mangent gloutonnement près du mort ».

Cinq récits efficaces qui reflètent la condition sociale face à la mort (la maladie qui terrasse, le faste de l’enterrement ou la dernière demeure du défunt sont bien sûr liés au niveau de richesses). Zola, même s’il grossit parfois un peu le trait, sait comme toujours ménager une chute saisissante…

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  Comment on meurt 1 Le rat des champs 5 décembre 2010 @ 12:33

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