Les Princes du romantisme
de Gonzague Saint Bris

critiqué par Villanelle, le 4 juillet 2010
( - 40 ans)


La note:  étoiles
Pauvres princes...
Certes, le titre est bien choisi. Certes le sujet et l'idée étaient intéressants, mais Gonzague Saint Bris se discrédite lui-même en enchaînant clichés et erreurs.

Au commencement était un tableau d'Horace Vernet : Louis-Philippe quittant le château de Versailles à cheval, entouré de ses cinq fils. L'auteur se propose donc, en dix chapitres, de présenter d'abord Louis-Philippe, puis ses huit enfants ayant atteint l'âge adulte, pour conclure avec Ary Scheffer, peintre, ancien professeur des enfants d'Orléans et ami de la famille (pourquoi ne pas finir sur Marie-Amélie ?). La peinture, plus précisément les portraits des princes, sont le fil rouge du livre. La métaphore filée pouvait séduire...

Chaque chapitre ou tableau s'ouvre sur un moment, que l'auteur a sans doute jugé décisif, de la vie de l'un des protagonistes, en le replaçant dans son contexte artistique : littérature, musique et beaux-arts. Un canevas qui devient assez vite lassant et des choix pour le moins contestables...

Ce qui aurait pu être "une fresque biographique étonnante et passionnante des enfants du premier Roi des Français" n'est qu'une succession de clichés, d'anecdotes plus ou moins intéressantes et une vague énumération de portraits et tableaux représentant ces "princes du Romantisme".

Si Gonzague Saint Bris passe assez vite sur ce patriotisme qui a animé tous les enfants de Louis-Philippe, il insiste très lourdement sur leur soutien à l'esthétique romantique, au caractère romantique de leurs différents destins. Tous artistes, tous collectionneurs.

Ce livre a le mérite d'exister et de restituer des personnalités méconnues comme le duc de Nemours et le duc de Montpensier (dont le souvenir reste pourtant persistant en Espagne). Mais trop d'erreurs discréditent le livre et l'auteur.

Si l'on peut passer sur l'absence en bibliographie d'ouvrages de référence (notamment les travaux d'Hervé Robert, grand spécialiste de l'Orléanisme et auteur d'une thèse de doctorat sur le prince royal), d'archives et de notes, certaines confusions grossières sont absolument impardonnables pour quelqu'un qui se prétend historien et spécialiste de la période.

Bornons à trois exemples : un portrait du jeune duc de Chartres avec sa mère qui serait dû aux pinceaux d'un certain François (en fait le fameux baron Gérard), le duc d'Angoulême qui meurt assassiné à la place de son frère Berry et... cerise sur le gâteau, Ary Scheffer assistant aux obsèques de Marie-Amélie avant de mourir en 1858 alors que la reine meurt en 1866 !

Un regret ? Que la feue comtesse de Paris ait « offert ses souvenirs, ouvert ses archives et tant désiré que ce livre fût. » Il eut mieux valu pour la réhabilitation des princes d'Orléans qu'un véritable historien recueille ces souvenirs et se plonge dans ces archives.