L'entreprise des Indes de Erik Orsenna

L'entreprise des Indes de Erik Orsenna

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Tanneguy, le 13 juin 2010 (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 80 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (12 619ème position).
Visites : 3 964 

Intéressant, mais inachevé et un peu brouillon

Bartholomé, frère cadet de Christophe Colomb, achève sa vie dans l'île d'Hispanola, dont il fut un temps gouverneur. Arrivent alors plusieurs prêcheurs Dominicains qui interpellent violemment les maîtres du pays ; pourquoi avoir découvert ce pays pour en martyriser les habitants ? Bartholomé, qui a une idée de la réponse, affirme qu'on ne peut rien conclure si on ne connaît pas les conditions dans lesquelles Christophe, son frère, a pris la décision de se lancer dans le voyage de découverte, qu'il appelait "L'Entreprise des Indes".

C'est ce que va relater progressivement Bartholomé dans une sorte de confession que recueille Batholomé de Las Casas, dominicain lui-même, qui prépare une monumentale "Histoire des Indes".

Nous n'en saurons guère plus de la question initiale, mais Erik Orsenna nous promènera au milieu de nombreuses anecdotes, certaines authentiques, d'autres sans doute moins, mais très souvent savoureuses. Le lecteur en prendra connaissance avec plaisir malgré les digressions incessantes qui finiront - peut-être - par le fatiguer.

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Si ce n'est toi...

8 étoiles

Critique de Lecassin (Saint Médard en Jalles, Inscrit le 2 mars 2012, 64 ans) - 21 janvier 2013

Mieux qu'un récit de plus traitant de la découverte des « Indes de l'ouest » par Christophe Colomb, ce roman d'Erik Orsenna nous décrit une ambiance : celle de Lisbonne au XVème siècle, le siècle des « découvertes ».
Le narrateur, Bartoloméo, est le propre frère de Christophe Colomb ; géographe et cartographe : il aime la mer et écrit petit…
Et Christophe, me direz-vous ? Il entre en scène au tiers du récit… avant cela, Erik Orsenna nous narre par le menu les préparatifs de l'entreprise… dans le monde des cartographes. On découvre que les cartes réelles sont dissimulées et que seules sont visibles les fausses destinées à tromper la concurrence.
On découvre également toute une « industrie » autour des voyages maritimes de l'époque comme celle mise en place par Ze Miguel - un notaire de la ville - qui consiste à fabriquer des veuves avec les épouses sans nouvelles de leurs marins de maris à fin de remariage… et mille autres anecdotes.
Le jour où Christophe Colomb appareillera, la chasse aux juifs se déclenchera dans Lisbonne la catholique… mais il s'agit là d'une autre histoire. Une histoire complémentaire à cette « Entreprise des Indes » admirablement détaillée (entre autres histoires) dans l'excellent ouvrage de Jacques Attali « 1492 », publié chez Fayard en 1991 et qui décrit l'année 1492 comme une année charnière ; une de celles après lesquelles rien n'est plus comme avant...

Génèse de LA découverte

6 étoiles

Critique de Sundernono (Nice, Inscrit le 21 février 2011, 37 ans) - 12 juillet 2012

Mon ressentiment à la fin de cette lecture est exactement celui de @Tanneguy dans sa critique principale.
L"Entreprise des Indes est vraiment un livre intéressant qui m'a bien souvent rappelé mes cours d'épistémologie de la géographie à la fac de Géo donc (histoire de la cartographie: monde divisé en 3 continents avec l'Océan en "T"...), bien écrit et agréable à lire.
Cependant une fois la lecture achevée il y'a clairement une sensation d'inachevée. Je m'attendais au récit de la découverte ou du moins de la traversée de l'Atlantique, mais Orsenna ne narre ici que la préparation de l'Entreprise racontée par Bartolomé, frère cadet de Chritophe Colomb et cartographe de surcroît.
Bref je suis resté sur ma faim.

Quand les découvreurs se font massacreurs !

6 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 84 ans) - 3 mars 2011

Dans ce roman à trame historique, Erik Orsenna nous immerge dans l’ambiance agitée des ports de Gènes et surtout de Lisbonne au cours des années 1480 lorsque le retour des caravelles déversaient sur les quais les produits et denrées ramenés de pays lointains.

Ces souvenirs, Bartolomé Colomb, le jeune frère de Christophe, nous les raconte, trente années plus tard depuis l’île de Saint Domingue (l’ancienne Hispanola, aujourd’hui devenue la double république d’Haiti et de Dominicaine).

A la base de cette Entreprise des Indes (Indes Occidentales, s’entend) le rêve du grand large et de la découverte a toujours tenaillé des navigateurs tels que Christophe Colomb à l’ombre duquel évolue le narrateur. La plus grande partie de ce roman est consacrée à la vie quotidienne de Bartolomé, oeuvrant au sein de la principale corporation des cartographes de Lisbonne tandis qu’il attendait toujours un signe de son aîné, afin de pouvoir l’accompagner dans ses multiples voyages à l’Ouest …

Tout en fin de récit, l’on apprend que Christophe Colomb, en désaccord avec la monarchie portugaise sur les conditions de sa mission de grand navigateur, finit par obtenir de l’Espagne le financement tant recherché, et ce, grâce aux Rois très catholiques, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille ; l’appareillage des 3 fameuses caravelles aura lieu à une date que l’Histoire retiendra : le 3 août 1492.

Survivant à Christophe, Bartolomé terminera son récit-confession en évoquant le massacre des Indiens de Saint Domingue et pose la question philosophique du pourquoi de tant de crimes …

Bien que les captivants talents de conteur et d’historien d’Erik Orsenna se soient trouvés ici indiscutables, j’ai été quelque peu dérouté de ce que l’action de son roman, dont le titre promettait des aventures en mer, se soit tout le temps déroulée sur terre ferme. Cet ouvrage aurait aussi bien pu s’appeler « Le cartographe de Lisbonne » …

Quand la vérité est si infâmante....il faut prendre mille détours!

8 étoiles

Critique de Deashelle (Tervuren, Inscrite le 22 décembre 2009, 11 ans) - 9 novembre 2010

C’est bien vu de faire parler le frère abstrait de l’ombre. Celui qui adore son frère solaire et si concret. Celui qui va peu à peu révéler l’envers du décor, conservant un immense respect et un immense amour pour ce frère tant sublimé, tant adulé. Ce livre est écrit avec le soin calligraphique d’un manuscrit ancien, enluminures, finesse, détails. Ce travail de cercles concentriques, cette distillation patiente et méthodique, est celle du tueur de mythes. L'écriture va mettre à jour la vérité. Elle fera éclater avec d’autant plus d’impact, toute l’horreur du fanatisme, celle de l’infâmante supériorité de la race blanche dénoncée par le sermon historique de Montesinos.

On s’attendait à une épopée picaresque ou maritime, veinée de découvertes scientifiques, ourlée de débats existentiels, peut-être truffée d’anecdotes truculentes de l’époque ou de vérités dépassées... Le tout dans le sillage aventureux du grand Christophe dans son insatiable quête de l’inconnu, à la poursuite de son rêve insensé, et on assiste à une dissection méthodique de l’âme humaine, sans jamais emprunter de bateau, ou si peu!

La plume est belle, elle égrène des boîtes à surprises, perd de temps en temps le lecteur, le mène en bateau au point qu’il se demande vraiment où cela va le mener. Détours poétiques, abracadabrants, genre Candide de Voltaire, on est médusé jusqu’à la fin du livre où éclate l’ignoble vérité. D’autant plus fracassante. Et l'habitude de la documentation soigneuse et presque maniaque du détail rend cette fin totalement accablante.

On ose à peine jeter les yeux sur ce qui se passe dans les dernières pages… Et on est irrésistiblement emmené vers des conclusions, hélas très lucides, sur le genre humain et sur le progrès qu’il semble ne pas vouloir faire. La ruine de l'âme.

Bien écrit

7 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 75 ans) - 19 septembre 2010

Dans l'ensemble j'ai bien aimé ce livre, moi qui ne lis presque plus d'auteurs français.

J'ai aimé l'histoire du frère de Christophe Colomb quand il travaillait à faire des cartes. J'ai aimé la vision qu'avait Colomb quant à l'élargissement de l'utilité des cartes.

Bien sûr que les indigènes ont été bien mal traités. cela ne pouvait pas se cacher ou c'était de l'hypocrisie ! Il s'en tire pas trop mal avec les dominicains le frère.

Quant à Colomb tout devait se plier à son objectif et il convient de saluer sa persévérance.

Ce livre est très bien écrit et bien ficelé mais il en faudrait plus pour me réconcilier avec cette littérature. Plus de profondeur surtout.

Petite merveille

9 étoiles

Critique de Alexnoc (Carignan, Inscrite le 6 septembre 2005, 40 ans) - 31 août 2010

On m'a offert ce livre il y a quelques semaines. Je l'ai lu par "politesse", car le sujet est loin de me passionner.

Et là, immense surprise: on reste suspendu aux explications de Bartholomé, comme ses deux auditeurs d'ailleurs. On veut la suite, on lit cette histoire jusqu'au point final avec une vraie ferveur.

Il est quand même sacrément culotté, ce M. ORSENNA, de mettre au second plan Christophe COLOMB, qui se fait voler la vedette par son frère, le narrateur. Ce dernier est attachant, car il nous dévoile sans fausse pudeur ses défauts, ses peurs.

A lire absolument!!

Où nous mènent les rêves...

8 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 52 ans) - 4 août 2010

Bartolomé raconte son frère, Christophe Colomb. Cartographe qui finira gouverneur de l’île Hispañola découverte par son aîné, il vécut dans l’admiration de cet homme riche en rêves que seul l’amour d’une femme retint quelques années sur la terre ferme. Il décrit la fascination pour la mer, pour l’inconnu, l’impression d’avoir été choisi par le destin comme une évidence. Gênois de naissance, vivant à Lisbonne, c’est finalement l’Espagne qui adhéra à ses visions et lui permit de réaliser ses rêves. Bartolomé est interpellé par un dominicain qui dénonce les exactions commises à l’encontre des Indiens. Alors que l’Eglise et par conséquent le roi du Portugal réfutent toute théorie censée contredire la Bible et que l’Espagne expulse et massacre ses juifs. Le lecteur apprend également les enjeux qui se cachent derrière les cartes de géographie : elles furent entourées de grands secrets pendant que de fausses copies se laissaient comme par hasard dérober par des espions étrangers.
Erik Orsenna nous dévoile l’âme de Bartolomé, ses doutes et ses fiertés, en maniant la langue française avec délice.

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