Les jeunes filles de Henry de Montherlant

Les jeunes filles de Henry de Montherlant

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Catinus, le 4 juin 2010 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 67 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (18 894ème position).
Visites : 1 867 

Vous avez dit misogynie ?

Pierre Costals, écrivain de son état, aime la compagnie des femmes, cela ne fait aucun doute, mais il a une piètre opinion d’elles. Il répond à leurs lettres passionnées, uniquement quand il le souhaite ; à deux d’entre elles : Thérèse Pantevin qui se rebaptise en Marie Paradis et Andrée Hacquebaut qui habite Saint-Léonard ( Loiret ). Elles lui déclarent leurs flammes, souvent de façon bien maladroite, flammes qui se transforment en un incendie surtout de la part d’Andrée. Costals, lui papillonne ailleurs et est séduit par Solange : « sa conversation est plate comme un trottoir, et sa voix acidulée me fait mauvaise impression. Mais je suis attendri par ses petits pas de mule, quand elle marche à côté de moi « .
Malgré un avertissement sur deux des œuvres de Montherlant ( le cycle des jeunes filles, composé de quatre romans ) et de « La Rose des sables « , on sait que notre auteur apparaît, à la ville aussi, comme un sacré misogyne. Le roman est truffé de démonstrations – qu’il convient peut-être à relativiser, je vous en laisse seul juge, on pourra y trouver, par ailleurs, une tendance un peu trop machiste, pour notre époque … – sur le caractère peu accommodant de la moitié ( tout de même ! ) de l’humanité. En outre, il a des mots sévères, effroyables, sur le mariage et le couple ( dont acte ! ).
Voici un exemple de ce qu’il répond à Andrée : « J’ai une physiologie un peu particulière. Je ne désire : a) que des filles âgées de moins de vingt-deux ans ; b) que des filles passives, végétales ; c) que des personnes longues et minces, avec le cheveu couleur aile de corbeau ; vous voyez bien que vous n’êtes pas du tout dans les conditions requises. «
La lecture de ce roman m’avait déjà impressionné dans les années ‘ 70 et je suis ravi de l’avoir relu. Oups !

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Des rapports hommes-femmes

8 étoiles

Critique de Vince92 (Zürich, Inscrit le 20 octobre 2008, 40 ans) - 19 avril 2018

Il est tentant de réduire Montherlant a ce qu'il semble le caractériser au travers de son héros Costals: un infâme misogyne arrogant, beau parleur, sans véritable génie mais employant son talent indéniable à pervertir les jeunes filles qu'il aime séduire. Or, il me semble que cet auteur est bien plus que cela. Tout d'abord, son style, impeccable, son originalité aussi, la forme de la narration est particulière qui varie entre le genre épistolaire, les scènes décrites au présent, apportant beaucoup d'action dans le récit, les réflexions semblant sortir directement du cerveau de Costal ; enfin son humour qui révèle une belle intelligence.
Oui, Montherlant est tout cela et pourtant il n'a pas acquis la notoriété qui lui est due. Qui le lit aujourd'hui? Remplacé par des auteurs consensuels mais peu regardant sur le style qui est la littérature...sale époque tout de même qui juge à l'emporte-pièce.
La misogynie, puisqu'aujourd'hui c'est le principal grief qu'on fait à sa série des Jeunes filles, parlons-en. Qui des hommes ou des femmes sort grandi de ce roman? Les hommes, incarnés par Costals qui feint le détachement, s'amuse de ses conquêtes pour s'en moquer ensuite. Ou les femmes qui ont le courage de s'ouvrir, de se donner, de défier l'ordre social des années 20? Ce récit est bien plus complexe qu'on pourrait le supposer et je demande à tous les potentiels lecteurs de ne pas s'arrêter à cette lecture superficielle d'un roman bien plus complexe qu'on peut généralement le dire.

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