Alégracia et les Xayiris, tome 2
de Dominic Bellavance

critiqué par Calepin, le 29 mai 2010
(Québec - 43 ans)


La note:  étoiles
Toujours aussi agréable à lire
4e de couverture : Des rumeurs courent. Le Serpent d’Argent est entré dans la capitale du Plateau-Doré. Un grand couronnement a lieu demain soir. L’ombre de Shnar plane sur les célébrations. Alégracia se rend chez les Moranoir pour les avertir du danger. Elle y rencontre un gentilhomme troublant qui l’envoûte par d’habiles jeux de séduction. Alégracia hésite. Doit-elle accepter l’invitation qu’on lui offre? Durant ce temps, l’ennemi s’anime dans l’ombre. Le coup porté sera dur. Dès lors, le voyage d’Alégracia prend une nouvelle tangente qui la mène devant le tombeau d’un héros disparu. Partout, les Xayiris s’agitent. Leur secret concernant la Grande Libération sera bientôt exposé au grand jour. Malgré ses aventures, Alégracia ressent un vide dans son cœur. Son pendentif ne ment pas. Sous le couvercle, l’aiguille pointe toujours vers une demeure solitaire, abandonnée. Une maison au bord de la mer.

Pour conclure le deuxième volet de cette saga, Dominic Bellavance nous entraîne dans les antres obscurs où les vieux coffres révéleront un passé depuis longtemps étouffé.

Mon avis : Étant donné le découpage en deux tomes de ce qui aurait dû être un seul volume, j'ai préféré me prononcer une fois la lecture du second tome fait. Et c'est une chose qui m'a été fort aisée ! Encore une fois, j'ai dévoré ces deux tomes avec appétit et j'ai bien aimé. Le ton est tout de suite donné : Alégracia a vieilli ; sa mentalité s'est approfondie et il en va de même pour le texte. La transition est crédible et très intéressante, surtout pour l'adulte qui y trouve davantage son compte. J'ai accroché légèrement sur quelques dialogues d'amour (et à quel point c'est difficile de ne pas rendre la chose risible !), mais en même temps, je suis tellement sévère sur ce genre de chose que je m'étonne d'avoir apprécié malgré tout. J'ai embarqué encore une fois et j'en suis très heureux.

Je reste critique par contre envers quelques passages sur la nature du continent coloré : « [...] au fil des années, ses habitants restèrent simples. Jamais on a vu ici la moindre forme de religion. Jamais personne n'a osé construire de temple dédié à la Lumière ou aux Ténèbres. Jamais on ne voit de véritables criminels capables des pires atrocités. Jamais on n'entend parler de nouvelles inventions qui aient vu le jour sur vos terres. » (p.76, tome 2) Non, là, ce n'est pas réaliste à mes yeux. C'est un état qui ne cadre pas avec la condition humaine, surtout en ce qui concerne les nouvelles inventions. C'est comme prétendre que personne sur un continent entier ne cherche à améliorer son sort ou n'a d'esprit inventif. Ça ne tient pas la route, désolé.

Certains passages ont aussi été coupés pour faire accélérer l'histoire. En soi, ce n'est pas si grave, mais à un moment particulier, ça m'a donné l'impression d'une certaine paresse d'écrivain. Attention, ce passage dévoile une partie de l'intrigue. [spoiler]Le passage précis où Alégracia prend part au bal donné en l'honneur du nouveau duc. C'est comme si elle pouvait se sortir de n'importe quel merdier sans difficulté. Tout ce qu'on sait, c'est qu'à un moment, c'est le chaos dans le palais et qu'elle doit s'enfuir. La paragraphe d'après, on passe à deux semaines plus tard. Personne ne l'a pourchassée, son cavalier laissé pour compte ne la cherche pas non plus... Bon, l'auteur se rattrape plus tard en expliquant ce qu'un personnage qui assistait au bal a fait, mais j'aurais aimé que ce soit vécu.[/spoiler]

La finale, par contre, tout à fait inattendue et déchirante sauve la donne et je n'ai plus qu'une envie : lire la suite !