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Tout ce qu'on fait, quand même !
S’il est bien question de trois crimes, Simenon excelle, encore une fois, avec brio dans ce qu’il est convenu d’appeler ses romans psychologiques. Dans les ¾ de ce récit, impressionnant à plus d’un titre, il nous décrit dans les détails les personnages, leurs fantômes, leurs pulsions. Comprendre et ne pas juger tel est son éternelle devise ; et puis s’interroger sur « homme nu « à savoir qu’advient-il d’un être qui n’a plus de garde-fou, qui perd tout repère, comme envoûté … Et il questionne : pourquoi lui ? Le hasard, les mauvais influences, un passé douloureux, un lourd héritage ? … Certaines lignes sont particulièrement admirables !
L’histoire se déroule à Liège ( quel régal ! ) mais aussi en France et à Cologne ( pages terrifiantes ! ). Les acteurs principaux portent des noms qu’il vous plaira peut-être de découvrir : le petit K ( le pendu de Saint-Pholien , comme le roman du même nom ), le Fakir, Hyacinthe Danse, le libraire libidineux de Féronstrée ; Deblauwe, directeur de la revue satirique « Nannesse «- « il est gros, presque obèse, et on ne se méfie pas des hommes gros, surtout s’ils ont le visage luisant et le teint rose, avec de petits yeux porcins « ; les jumeaux roux dont la mère « a pris la précaution de mourir avant eux « . Il y a une part d’autobiographie dans cet excellent roman de notre bon Liégeois paru en livre de poche, folio.
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