La Maison du Baigneur
de Auguste Maquet

critiqué par Killeur.extreme, le 12 mars 2010
(Genève - 42 ans)


La note:  étoiles
Vingt ans après "la Belle Gabrielle"
Louis XIII bien que majeur est toujours sous la tutelle de sa mère Marie de Médicis qui avec ses conseillers, les Concini, le duc d'Epernon et le comte de Sunte-Iglesias (ancêtre de Julio ;-), quoi un peu d'humour!!!), est accusée de piller le trésor royal, c'est à ce moment que Bernard de Preuil, jeune voyageur rentrant de ses voyages, se fait attaquer, il ne doit la vie qu'à la promesse de remettre trois lettres, une au Roi, la deuxième à la Reine-mère, la dernière aux princes de sang, le duc de Vendôme et le Prince de Condé, au même moment du Bourdet le beau-père de Bernard est prié par le Président du Parlement, excédé par les abus des conseillers de la Reine-mère, de fournir un témoignage sur l'assassinat d'Henri IV pour corroborer la version d'une prisonnière, que le Président retient autant pour la protéger que pour la surveiller. La famille de Bernard pourra-t-elle lutter avec les hommes les plus puissants de la France....

Deuxième roman que je lis d'Auguste Maquet et presque une suite de "La Belle Gabrielle" puisqu'on y retrouve des personnages de ce roman, Pontis, les Concini, Henriette de Balzac d'Antragues, une vingtaine d'années après, je ne dirais pas que ce roman m'a plus convaincu sur les qualités littéraire du plus célèbre "ghost writer" d'Alexandre Dumas, un point positif, il ne reprend plus des personnages mis en scène dans les romans de Dumas: c'était un des points négatifs de ma critique sur "la Belle Gabrielle" car je n'aimais pas la manière dont Maquet les mettait en scène.

Les qualités:
-Comme pour "la Belle Gabrielle" Maquet ne tire pas à la ligne comme Dumas et va plus vite à l'essentiel et de bonnes idées.
-Les personnages féminins sont vraiment attachants, on est loin des héroïnes qui tombent dans les pommes chaque fois que la situation devient critique, c'est vraiment les femmes du roman qui font avancer l'intrigue et le choix surprenant de faire de Anne d'Autriche le personnage qui défendra la royauté de Louis XIII et poussera celui-ci à enfin assumer son pouvoir, quand on connait la reine telle qu'elle est mise en scène chez Dumas.
-Le retour de personnages présent dans la "Belle Gabrielle" et leur évolution due à l'âge (bon Pontis est toujours misogyne).
- La manière de raconter la prise de pouvoir de Louis XIII et sa manière de sortir de la tutelle de sa mère.
- la scène entre Pontis et les assassins d'Henri IV.

Les défauts:
-le premier défaut vient de l'édition certains mots qui ne sont pas séparés d'un espace ex: luimême ou qui n'ont pas de sens ex: sa Belle-même au lieu de Belle-mère rendent la lecture peu agréable, surtout que ça se produit souvent.
-Le style de Maquet est assez froid et fade, il enchaîne toutes les scènes classiques des romans du genre, mais sans arriver à apporter une touche de personnalité, seule la confrontation entre Pontis et les ministres de Marie de Medicis est vraiment vivante, on sent les enjeux qui en résulteront, disons pour simplifier que le roman aurait pu être signé par n'importe quel feuilletoniste contemporain de Maquet et on s'attend à plus de la part de l'homme qui fut pendant 10 ans le principal collaborateur d'Alexandre Dumas (et au dire des détracteurs de Dumas le véritable auteur des succès écrits pendant cette période). Dumas, Féval et Zévaco eux donnent de leur personne dans leurs oeuvres, ça ne garantit pas un succès qui dure 200 ans (Féval et Zévaco sont peu présents dans les librairies en comparaison de leur production littéraire)
-Bernard de Preuil finit par agacer faible, pleurnichard, ce n'est pas vraiment un héros et on ne s'attache pas à lui, c'est pourtant le personnage central.
-L'intrigue a du mal à démarrer et à l'inverse la conclusion est bien vite amenée, certains retournements de situations un peu ridicules (les trois personnes les plus puissantes du royaume du roman, mises en échec en quelque pages) et des hasards vraiment gros (comme dans tous les romans du genre, mais certains sont vraiment trop gros).
-Certains points non élucidés (qui sont ceux qui ont menacé Bernard et que deviennent-ils et pourquoi n'exécutent pas leurs menaces envers Bernard qui n'a pas distribué toutes les lettres? Comment Pontis connait-il tous les éléments de l'assassinat d'Henri IV?).

En conclusion : Ce roman ne change pas vraiment mon opinion sur Maquet, ses romans sont bien écrits et se lisent avec plaisir, mais ce ne sont pas des chefs-d’œuvre et Dieu sait combien d'écrivains qui en ont écrit ne sont pas passés à la postérité, alors pourquoi "Réhabiliter Maquet"? Vous me direz qu'il a collaboré aux romans qui ont assuré une renommée éternelle à Dumas ("les Trois mousquetaires" et "le Comte de Monte-Cristo"), mais quelle est la part de Maquet dans ces succès? Les deux livres que j'ai lus de lui ne me permettent pas de répondre à cette question, mais ça fait environ 160 ans que les romans auxquels a collaboré Maquet sont signés Dumas. Pourquoi changer? Est-ce que l'affaire Molière-Corneille a fait changer le nom de l'auteur du "Bourgeois gentilhomme"? de toute façon Maquet est de plus en plus connu, notamment grâce au film l’"autre Dumas", il est peut-être encore dans l'ombre, mais Quelle belle ombre !!!!