Bruits dans la montagne et autres nouvelles
de Han Shaogong

critiqué par Darius, le 3 février 2002
(Bruxelles - - ans)


La note:  étoiles
Nouvelles chinoises
Ce livre rédigé par un jeune Chinois comporte 5 nouvelles, de qualités inégales.. Dans toutes ces nouvelles, nous retrouvons l’intellectuel après la révolution culturelle, dans une Chine marquée par la tradition, "les femmes de la région se marient toujours le ventre saillant pour prouver leur capacité à enfanter. C'est pourquoi leur premier fils, suspect quant aux liens du sang, est secrètement noyé par la famille de l’époux.. ", l'idéologie communiste "c'est pas mal d'emmener un lettré, on aura quelqu'un pour rédiger l'autocritique si on est pris", l'attrait pour le capitalisme "Pourtant nous ne découvrons rien : personne ne vole d’arbres, il n'y a pas de maïs piétiné par des ours bruns et encore moins d’ennemis de classe ou de ballons venus de Taiwan.. Il parait qu'ils sont pleins de belles femmes. Il y avait aussi des biscuits de qualité, qui doivent être ramassés par les cadres.. " La première nouvelle "Parfum secret" est la plus intéressante et la plus élaborée. C'est l'histoire d’un vieil instruit qui a sévi pendant la révolution culturelle et qui se voit visiter par quelqu'un qui se dit son ami, mais dont il ne se souvient pas... Il revoit cet ami une seconde fois, mais ne parvient toujours pas à le repositionner dans son esprit. De plus, cet homme a fait des milliers de kilomètres, uniquement pour venir le saluer, ce qui est bien étrange.. Le vieil homme est trop faible pour le suivre et en savoir plus. Alors, il échafaude tout un programme pour être prêt à le filer la prochaine fois qu’il le verra, ce qui l’oblige à s'exercer naïvement à sauter sur une chaise chaque jour pour fortifier les muscle de ses jambes et ainsi pouvoir sauter sur le marchepied du bus qui emmènera cet ami que pourtant, il ne reverra plus... A sa mort, on s'étonnera en le déshabillant que ce vieillard soit si maigre alors que les jambes ont conservé des muscles aussi élastiques, comme s'il s’agissait de jambes dans leur printemps..
Pour ma part, je regrette que le traducteur se soit abstenu de N.D.T., cela m’aurait permis de comprendre certaines subtilités du langage. Je vous cite un passage qui est censé être drôle, mais j’ai beau le retourner dans ma tête, je n’y vois rien de hilarant... "J’ai publié la première ligne d’un distique dans le quotidien du peuple, on a cherché partout à recueillir la deuxième ligne, en l'espace de trois ans, personne n'a su répondre.. ". Certains mots me restent désespérément obscurs, en voici un "l'enfant tape le sterculier. Le sterculier tombe L’enfant est joyeux..".