La Diaspora des Desrosiers, tome 1 : La Traversée du continent de Michel Tremblay

La Diaspora des Desrosiers, tome 1 : La Traversée du continent de Michel Tremblay

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par FranBlan, le 21 février 2010 (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 75 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 600ème position).
Visites : 4 980 

La traversée initiatique de Nana...

L'auteur le plus célèbre du Québec s'est souvent inspiré de sa mère qui a occupé une place marquante dans sa vie, personnelle comme artistique...
La Traversée du continent, son vingt-sixième roman a ceci de particulier qu'il évoque un chapitre de la vie de sa mère qu'il n'a jamais connu: « J'ai inventé complètement une enfance à ma mère », raconte l'auteur.
Ce premier volet de "la diaspora des Desrosiers" raconte le parcours de Rhéauna, surnommée Nana, qui traversera une grande partie de l'Ouest canadien en route pour Montréal, où elle doit rejoindre sa mère.
En 1912, la jeune fille de 10 ans quitte Sainte-Maria-de-Saskatchewan, enclave francophone et catholique de 200 âmes, où on entend la nuit pousser le maïs en craignant l'oeil du Grand Manitou. Au terme d'un voyage de trois jours, Nana arrive à destination transformée....
À bord du train, en croisant des passagers, ainsi que lors d'escales passées en compagnie de trois parentes aux ailes felliniennes: la vieille fille Régina, dont la seule distraction est un piano dont elle joue divinement, la mère et épouse Bebette et la prostituée Lou, les rôles auxquels les femmes de cette époque étaient confinées: celui de la mère, celui de la vieille fille ou celui de la prostituée. «Une guidoune, c'est une femme indépendante», dit la petite cousine Lou à Rhéauna, l'adolescente apprend des choses sur la vie dont elle ne pouvait pas deviner l'existence!
Le roman se déroule en divers endroits de l'Ouest canadien, dont Maria, Regina et Winnipeg, On a beaucoup parlé des francophones du Québec qui se sont exilés en Nouvelle-Angleterre, on a peu parlé de ceux qui sont allés vers l'Ouest pour construire les chemins de fer. 
Inspiré par l’affection qu’il porte à la personne et au personnage de sa mère, Michel Tremblay renoue avec la veine centrale qui alimente le cœur de son œuvre. Voilà un roman d’une immense tendresse, qui nous fait remonter aux origines mêmes de son projet littéraire, bien avant que Nana ne devienne l’universelle Grosse femme d’à côté...
Cette empathie, cette tendresse que Tremblay éprouve pour ses personnages, elle est encore présente à chaque page de ce roman.
Un immense et tendre bonheur de lecture!

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Les éditions

  • La traversée du continent [Texte imprimé], roman Michel Tremblay
    de Tremblay, Michel
    Actes Sud
    ISBN : 9782742773107 ; EUR 20,00 ; 02/06/2008 ; 279 p. ; Broché
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Un beau roman initiatique

10 étoiles

Critique de JEANLEBLEU (Orange, Inscrit le 6 mars 2005, 49 ans) - 5 novembre 2015

Ce voyage de Rhéauna (ou Nana) la mère de l'auteur (la future grosse femme d'à-côté) à travers le Canada d'ouest en est en 1913 est à l'oeuvre de Tremblay ce que "La Steppe" est à l'oeuvre de Tchekhov.
La petite fille va sortir de son enfance insouciante dans son cocon d'un petit village du Saskatchewan entourée de l'amour de ses grand-parents et de ses deux jeunes sœurs pour accéder en quelques jours à une maturité nouvelle pendant ce voyage en train qui va la mener à Montréal où elle doit retrouver sa mère qui l'avait confiée (ou abandonnée ?) elle et ses sœurs à ses grands parents maternels quelques années auparavant.
Un grand moment de lecture avec tous ces personnages plus ou moins cabossés par la vie, plus ou moins acteurs de leurs vies, que Tremblay décrit avec humanité, tendresse et humour.
Il se dégage également de ce roman une grande poésie sur la campagne et les villes canadiennes (Regina, Winnipeg et Ottawa notamment).

Un beau voyage au Canada

6 étoiles

Critique de Libris québécis (Montréal, Inscrit(e) le 22 novembre 2002, 75 ans) - 8 avril 2012

C'est à Maria en Saskatchewan que Rhéauna, une fillette de dix ans, vivra son enfance après être née aux États-Unis en 1902. Devenue orpheline d'un père qui a péri en mer, elle est confiée à ses grands-parents ainsi que ses deux sœurs. La mère, ne pouvant subvenir à leurs besoins, s'installe à Montréal pour y gagner sa vie. Quelques années plus tard, elle rapatrie ses enfants en commençant d'abord par Rhéauna. Nous suivons le périple qui l'amène au Québec en traversant presque tout le pays. Lors des haltes du train, elle a l'occasion de fraterniser avec sa parenté disséminée à travers le Canada.

La fillette s'initie ainsi à l'histoire familiale avec ses grand-tantes, qui en profitent pour lui livrer un pan significatif de leur vie. Les secrets qu'on lui dévoile développent son appartenance au clan francophone de l'Ouest canadien. Le voyage sert de prétexte à son apprentissage, voire même à son initiation aux secrets de la sexualité.

Le volet de la filiation fournit les meilleurs passages quoique les portraits de famille s’épuisent en crédibilité par leur caractère excessif. À l'instar d'Amélie Nothomb, Michel Tremblay exploite à outrance cet aspect de la personnalité de ses personnages. C’est lassant à la longue. Chaque rencontre de Rhéauna se déroule dans ce contexte déplaisant même s'il peut lui servir d'étalon pour se jauger. Il reste l'amour familial, que l'on a de la difficulté à exprimer, mais qui parvient à se pointer.

La rencontre de la parenté fournit la facture du roman plutôt que la traversée du continent. Le voyage en train n'occupe pas la place importante qu'annonce le titre. Nous nous serions attendus à ce que ce récent moyen de locomotion cause toute une commotion chez une fillette, qui en est à son baptême des rails. Voyage terne qui ne sent pas le déplacement, hormis la mention des villes où le train s'arrête. Le roman, qui a connu un grand succès au Québec, m’a laissé plutôt indifférent, d’autant plus que la plume rieuse habituelle de Michel Tremblay s’est noyée dans l’encrier. Dans cette veine, Volkswagen Blues de Jacques Poulin est beaucoup plus significatif. Bref, on ne peut chanter comme Charles Trenet que c’est « un beau voyage au Canada ».

Voyage initiatique

7 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 48 ans) - 7 avril 2012

Avec ce long voyage, Tremblay revisite sa galerie de personnages. La forme m’est apparue formulée : déplacement – rencontre – leçon de vie. Heureusement, l’utilisation d’un personnage enfant est propice à la révélation des secrets. Cet aspect est le plus intéressant selon moi. Sympathique mais linéaire.

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