Travelingue de Marcel Aymé

Travelingue de Marcel Aymé

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par FranBlan, le 19 février 2010 (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 75 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (31 439ème position).
Visites : 1 985 

Thème universel, tableau unique...

Marcel Aymé a écrit une trilogie sous un même thème: la guerre, en brossant trois tableaux différents.
Travelingue, période précédant la guerre; Le chemin des écoliers, tourne autour d'une famille pendant l'occupation et finalement Uranus, l'après-guerre, la Libération...
Dans ce premier tableau, Marcel Aymé ne fait de cadeau à personne, tout le monde y passe; le tout écrit dans une langue classique au pouvoir d'ironie exceptionnel et dans ce cas-ci le traitement est moins tendre, beaucoup plus acerbe et acéré...
Le moins que l'on puisse dire pour quiconque est moins familier avec la culture et ignorant de la période, le récit est déroutant, fascinant, hilarant tout à la fois, surtout inspiré, tout sauf banal!
Paradoxal, ce regard sur deux familles de nantis afin de souligner l'avènement du Front Populaire; les Lasquin, riches industriels, «... une famille très droite où l'on mourait même assis» et les Ancelot, bourgeois, pseudo-artistes, cinéphiles qui trouvent tout formidablement inouï et d'un primitivisme bouleversant!
Gravitent aussi un auteur à succès écartelé entre la droite et la gauche pour ne perdre aucun lecteur, un homosexuel intéressant car on chuchote qu'il aurait un anus artificiel, un coiffeur qui dirige les ministres et un pauvre imbécile d'extrême-droite qui déteste les peintres cubistes, les alcooliques, les espions allemands, les communistes, les juifs...
Tous imbéciles, égoïstes, grotesques..., pas tendre ce tableau de Marcel Aymé sur cette période tourmentée du Front Populaire.
Presqu'un clin d'oeil à Alfred Jarry et au Cycle d'Ubu...

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Aymé –Un peu…

5 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 66 ans) - 12 novembre 2016

Résumé :
1936 : Suite au décès du grand industriel Monsieur Lasquin, tombé le nez dans l’assiette, lors du repas de mariage de sa fille Micheline avec Pierre-Lenoir lui-même fils d’industriels spécialisés dans les aciéries. Son entourage doit assurer sa succession…
Extrait :
Allongés, dans leurs transatlantiques et le chef abrité des ardeurs du soleil par un même parasol, Mme Lasquin et Johnny devisaient sur la plage du Pyla. Devant eux, à quelque cent mètres, Micheline et Milou, qui venaient de prendre un bain, se séchaient sur le sable au milieu d’un groupe de gisants couleurs de terre cuites…
-Je ne vois pas les enfants, dit Mme Lasquin.
-Ils sont là, devant nous, au milieu de tous ces gens allongés. Je reconnais Evariste à la forme de son corps. C’est fou tout de même une chose bien singulière, ne trouvez-vous pas, que cette différence qui existe entre les formes de l’homme et de la femme.
-Je n’y avais jamais songé, dit Mme Lasquin, mais c’est bien vrai.
-Regardez toutes ces femmes en costume de bain. Aucune ne ressemble à l’autre. Leurs formes sont incertaines et n’ont rien qui soit vraiment humain. Du moins, il me semble. On pense un peu à des animaux. Voyez cette dame avec le gros ventre et les jambes grêles. Ne dirait-on pas une sarigue ?
-Mais oui ! mais parfaitement ! que c’est drôle !
-D’autres font penser à un ruminant ou à un pélican ou à un cheval de ferme. Vous observerez du reste que le mot croupe ne s’emploie guère que pour les femmes et les animaux. On dit une croupe de femme, comme on dit une croupe de jument. En somme, le corps d’une femme est un peu une transition entre celui d’une femme et celui d’un animal …
Au contraire, le corps d’un homme parle nettement. Voyez le torse, les flancs, la courbure des reins, tout ça fixe dans discussion les caractères et les limites de l’espèce.
Et moi, qui a osé comparer certains hommes sur les plages, à des éléphants de mer. Crèves de plaisanteries !
Un bon livre avec de bons passages…Mais aussi des longueurs !

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