Long week-end
de Joyce Maynard

critiqué par Aliénor, le 9 février 2010
( - 51 ans)


La note:  étoiles
Faux huis-clos
Henry a treize ans et entrera en quatrième dans quelques jours. En cette fin d’été la chaleur est caniculaire, et à la veille du long week-end du « labour day » (fête du travail célébrée le premier lundi de septembre aux Etats-Unis), sa mère et lui ont prévu de se rendre au supermarché pour faire les dernières courses nécessaires à cette rentrée. Rien que de très banal en somme. A priori oui, sauf que la mère d’Henry, Adèle, vit recluse et ne sort qu’en cas de besoin absolu. Alors les rares sorties qu’ils font en commun ne sont jamais une partie de plaisir pour ce fils un peu honteux du comportement de celle qu'il aime tant, et il voudrait qu’elles s’achèvent avant d’avoir commencées. Mais cette fois-ci, le scénario ne va pas se dérouler comme prévu. Car Henry et Adèle vont croiser la route de Franck, prisonnier qui vient de s’évader et cherche un endroit où se cacher. Et ce sera dans la maison de cette famille un peu bizarre aux yeux des autres.

Ce roman est donc un huis-clos, sans jamais pour autant être stressant ou étouffant. Bien au contraire. Car c’est avant l’irruption de Franck que la vie d’Henry et Adèle était suffocante. Dès le début il fait souffler un vent frais et salvateur et se découvre de plus en plus humain au fil de l’histoire. Il est un homme bon et simple qui jusqu’ici a joué de malchance et espère pouvoir démarrer une vie nouvelle. Henry est lui un adolescent qui se cherche, et qui veille sur sa mère, une femme quelque peu fantasque marquée par la vie qui s’est montrée peu clémente envers elle. Ces trois-là étaient faits pour se rencontrer, ce qui est très bien exprimé par Franck lorsqu’il dit qu’il s’est évadé pour pouvoir sauver Adèle. Ce long week-end va bouleverser non seulement leur existence immédiate à tous les trois, mais aussi le reste de leur vie.

Souvent grave, parfois drôle et toujours touchant, ce roman est une très belle galerie de portraits. C’est d’ailleurs sa qualité principale, l’écriture n’étant pas particulièrement remarquable, si ce n’est dans la capacité de Joyce Maynard à rendre son roman très visuel. Rien d’étonnant à ce qu’une adaptation cinématographique soit déjà en cours.
Belle surprise 9 étoiles

Belle surprise

Long week-end est un beau livre. Il est beau dans le sens où les choses sont bien dites avec juste assez d'humour, d'amour et de folie... cette douce folie précieuse que les rêveurs connaissent bien.
Le scénario est un peu banal : un évadé de la prison voisine s'invite chez une jeune femme qui vit seule avec son garçon adolescent. Mais les choses ne vont pas vraiment se passer comme une prise d'otages classique. Les protagonistes vont se dévoiler, chacun avec sa perception et le mélange donne une histoire tout simplement... belle.
Edité en français chez Philippe Rey pour toute son oeuvre, l'éditeur a pu choisir des traducteurs de haut vol qui parviennent à transmettre les messages avec juste ce qu'il faut d'équivalence. Ce roman a déjà été adapté au cinéma sous le titre "Last Days of Summer" de Jason Reitman.
Un régal !

Monocle - tournai - 59 ans - 29 juillet 2018


Le sauveur 9 étoiles

La prémisse de base de ce roman est ridicule. Un criminel blessé en fuite est accueilli dans leur maison par une mère et son fils. Évidemment, Franck est un bandit au grand cœur et le remède parfait à cette famille monoparentale à la dérive.

Ce contexte boiteux aurait dû mener rapidement à l’échec pourtant ce n’est pas le cas. Grâce à une plume subtile et une évocation des sentiments efficace, le roman fonctionne. C’est un mélo triste, un mélo de qualité. J’ai accroché jusqu’à la dernière page.


(Adapté au cinéma en 2013)

Aaro-Benjamin G. - Montréal - 49 ans - 6 juillet 2014


Quand un criminel s'invite à la maison ... 6 étoiles

1987, durant le Labour Day. Un week-end qui va bouleverser l'existence de trois personnes.

Cette année-là, Henry a 13 ans et se trouve en pleine adolescence avec tous les bouleversements que l'on peut imaginer. Ses parents sont séparés, sa mère semble se refermer sur elle-même, sort peu et fait de gros pleins de provisions pour ne pas avoir à sortir souvent. Durant ce fameux week-end du Labour Day, alors que Henry et sa mère font les magasins, ils rencontrent Frank, recherché par la police. Il les prend en otages et s'installera chez eux durant ce week-end. Frank sera un déclencheur et insufflera la vie dans cette demeure bien morne.

Ce roman est un roman d'apprentissage. Frank se fait rapidement apprécier par Henry et par sa mère. Ce huis-clos permet d'exacerber les caractères, les scènes de tension et les scènes de détente. Le roman touche des sujets sérieux, la souffrance de l'être humain, tout en contenant quelques touches amusantes.

Un roman agréable à lire pour son histoire, des personnages attachants, une écriture fluide, un peu trop simple à mon goût. L'histoire prime sur le style ici, mais tout cela reste bien sympathique.

Pucksimberg - Toulon - 39 ans - 12 septembre 2012