Le maître du hasard de Robert Silverberg

Le maître du hasard de Robert Silverberg
( The Stochastic man)

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par CC.RIDER, le 8 février 2010 (Inscrit le 31 octobre 2005, 59 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (38 467ème position).
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Une fable philosophico-politique

Lew Nichols est le conseiller particulier de Quinn, un homme politique particulièrement ambitieux, maire de New-York et futur candidat à la Présidence des Etats-Unis. Lew se croit maître dans l'art de la prévision, de l'accumulation des informations et de la manipulation des statistiques jusqu'à ce qu'il rencontre Carjaval, un homme étrange qui sait absolument tout de l'avenir y compris l'heure et les circonstances de sa propre mort. Mais, paradoxalement, son aide ne va faire que perturber la vie de Nichols. Il va être obligé de se séparer de Sundara, son épouse, alors qu'il l'aime encore et se retrouver renvoyé par Quinn qui ne comprendra plus l'intérêt des conseils qu'il lui prodigue.
Ce livre, classé « Science-Fiction » bien abusivement, relève plutôt du genre étrange et fantastique. Avec un arrière-plan purement politique (la course aux investitures puis à la Maison-Blanche avec ses quelques grandeurs et ses innombrables misères et coups fourrés), c'est plutôt une fable philosophico-politique qui amène le lecteur à réfléchir sur le problème de la liberté, du déterminisme, de la prédestination, de l'amour, du pouvoir et de la mort. Bien écrit et assez passionnant, ce texte, publié en 1975, a un peu vieilli car il anticipe sur les premières années du XXIème siècle (2004) qui sont déjà du passé pour nous.

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Voir sa propre mort

7 étoiles

Critique de Fanou03 (*, Inscrit le 13 mars 2011, 42 ans) - 12 juillet 2017

Le côté Science-Fiction n’est effectivement pas extrêmement marqué dans ce roman: quelques allusions à des crises économiques et écologiques, l’évocation d’un conflit armé, plantent le décor d’un futur très proche, chaotique, émaillé de crises, pas si différent finalement de notre propre époque contemporaine (le livre, écrit en 1975, se passe aux alentours des années 2000), ce qui est assez troublant.

Le jeu politique du jeune loup qu’est le politicien Paul Quinn, pour qui travaille Lew Nichols, le narrateur, ne m’a pas moins troublé. Les stratégies ainsi que le charisme de Paul Quinn, son opportunisme, sa brochette de conseillers rompus aux nouvelles techniques de communication, ont fait écho en moi à un certain candidat de notre dernière campagne présidentielle française en 2017 !

Robert Silverberg montre une grande maîtrise de l’écriture: deux ou trois passages du livre en particulier sont remarquables : visions hallucinées d’un futur hypothétique que n’aurait pas reniées Howard Lovecraft, description de la folie du passage à l'an 2000, ou bien encore le terrible monologue, mais si juste, de Martin Carjaval, sur les projection que l'on fait de notre propre mort. L’homme stochastique (titre original du Maître du hasard) est aussi une réflexion sur la capacité ou pas de changer l’avenir et notre destin, sur le goût du pouvoir. Sur notre relation à notre propre mort également. Dans une langue sobre, mais rigoureuse et efficace, Robert Silverberg nous offre là une œuvre d’un très bon niveau, assez fascinante.

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