New-York mi amor de Dominique Grange (Scénario), Benjamin Legrand (Scénario), Jacques Tardi (Scénario et dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Divers

Critiqué par Dirlandaise, le 23 novembre 2009 (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 63 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (33 206ème position).
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Un dépotoir humain

Cet album avec pour toile de fond la ville de New York renferme quatre histoires distinctes. La première intitulée « Tueur de cafards », la plus longue, publiée en 1984, est scénarisée par Benjamin Legrand et illustrée par Tardi. Elle met en scène un employé d’une compagnie d’extermination devant se rendre dans un immeuble situé derrière Wall Street pour son travail. Curieusement, l’édifice comporte un treizième étage, fait rarissime dans la ville. Sa curiosité ayant été allumée par ce fait bizarre, notre homme décide de visiter ce fameux treizième et entend à travers une porte une conversation qu’il n’aurait jamais dû entendre et qui va lui apporter une série d’ennuis, pour employer un euphémisme. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère lugubre et sordide de la ville que les dessins de Tardi rendent à merveille. Pas de couleurs sauf pour l’uniforme rouge vif et la camionnette de notre modeste employé qui ressort sur toute cette grisaille. Je trouve l’idée excellente. Pour le scénario, j’ai un peu moins aimé. J’ai trouvé cela vulgaire et peu crédible.

La deuxième histoire intitulée « It’s so hard », publiée en 1981, est scénarisée par Dominique Grange et illustrée par Tardi. C’est l’histoire d’un gars, sosie d’une grande vedette britannique de la chanson et l’impact que cette ressemblance a sur sa qualité de vie. Assez moyen comme scénario.

« Manhattan », publiée en 1979, est scénarisée et illustrée par Tardi. Alors là, le niveau du scénario et des textes remonte de plusieurs crans. Beaucoup aimé malgré le fait que ce soit très court mais c’est assez percutant.

« Le meurtrier de Hung », publiée en 1982, est scénarisée par Dominique Grange et illustrée par Tardi. Excellente histoire mais manquant cruellement d’originalité. Tout de même, cela reste pathétique et émouvant. Les horreurs de la guerre du Vietnam et les atrocités commises par les GI sont les thèmes principaux de cette épouvantable histoire de vengeance tardive.

En fin d’album, un texte très bon intitulé « Urban Movie » et signé par Dominique Grange parle de New York et des films où elle tient la vedette tels « West Side Story », « Midnight Cowboy », « The French Connection », « Taxi Driver « etc… tous des films assez sombres et dramatiques.

En fait, ce sont des histoires qui ont toutes été publiées avant dans différentes revues. Benjamin Legrand, Dominique Grange et Tardi sont tous d’origine française et le regard qu’ils jettent sur le vieux New York est terriblement cruel et dur. Ils font ressortir toute la misère, le désespoir, la sordidité et la déchéance des habitants des quartiers défavorisés de cette immense ville dont les habitants sont pour la plupart des immigrés ayant affronté des conditions de vie insupportables dans leur pays et ont cherché refuge en Amérique. Mais le bonheur n’est bien sûr pas au rendez-vous et ils se débattent dans des situations presque aussi sordides et déprimantes que dans leur patrie.

C’est un album extrêmement dur, à ne pas mettre entre toutes les mains car la violence y est très présente et sans fard. La déchéance humaine est présente à presque toutes les pages et certains dessins sont tout à fait dégoûtants. La ville y apparaît comme un immense dépotoir humain et cette lecture est très pénible par moments. J’enlève une étoile car je n’ai pas aimé la première histoire et son personnage principal assez minable.

« De toute façon, je fais partie de ces types vaincus d’avance… de ceux qui marchent dans la rue parce que ça leur vide la tête et qui mènent leur vie pareillement — plutôt c’est la vie qui les mène par le bout du nez — de ces types qui marchent en se demandant où ils vont, qui ne savent pas et qui finissent par rentrer dans un bar éclairé où il y a du monde. Comme je vous le disais plus haut, le poids de l’incertitude me tombe sur la tête tous les matins et y pénètre. L’inertie aura raison de moi encore aujourd’hui. Je vais baisser les bras devant toutes les difficultés et m’enfoncer encore plus dans ma merde, dire oui quand j’aurai envie de dire non, penser « Vous me faites chier, vous m’emmerdez, je ne veux plus vous voir, mais je vous invite à boire un coup. » » (Manhattan)

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Une vision désabusée de Big Apple

7 étoiles

Critique de Nothingman (Marche-en- Famenne, Inscrit le 21 août 2002, 39 ans) - 1 février 2011

Publié initialement en 1983, « Tueur de cafards », signé Benjamin Legrand et Jacques Tardi est aujourd’hui réédité dans un très beau livre « New York mi amor » réunissant pour la première fois l’intégrale des histoires new-yorkaises de Tardi.

Première histoire, noire à souhait ! Personnage sinistre et sans envergure, Walter, exterminateur d’insectes, découvre un jour un 13ème étage dans un immeuble … ville, superstitieuse, dans laquelle justement on ne trouve jamais de 13ème étage ! Surprenant une conversation qu’il n’aurait jamais dû entendre, le voilà poursuivi par une mystérieuse organisation criminelle et coincé au cœur d’un improbable complot.
Plus de 25 ans après la parution de ce récit, on redécouvre le New York de Scorsese, celui de mean Streets et Taxi Driver parfaitement dessiné par un Tardi, que l’on a plaisir à voir croquer une autre ville que Paris.
« Tueur de cafards » est suivi de trois cours récits plus inégaux (publiés à l’époque dans A suivre… et l’écho des savanes) et qui ont également « Big Apple » comme cadre. A conseiller aux inconditionnels de Tardi.

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