Eva
de Didier Comès

critiqué par Blue Boy, le 17 novembre 2009
(Saint-Denis - - ans)


La note:  étoiles
Prisonnier de ses chimères
Dans un vaste manoir un peu inquiétant niché dans une région que l’on suppose isolée, Yves s’occupe seul de sa sœur jumelle handicapée. Leur solitude ne sera troublée que par la venue de Neige, une jeune femme dont la voiture est tombée en panne et qui par hasard frappe à leur porte. Neige finira par se rendre compte qu’elle est tombée dans un véritable guet-apens, telle une libellule dans la toile d’une mygale diabolique… Dans un jeu de miroirs silencieux et pervers, à peine animé par les lugubres automates fabriqués par Yves, la jeune femme de plus en plus fascinée cherchera au risque de sa vie à percer le secret de ce couple singulier…


Une fois encore, Comès parvient à nous emporter dans son univers unique et étrange, avec cette histoire qui rappelle par bien des aspects « Psychose » de Hitchcock. Son graphisme, composé de grands aplats noirs et doté d’une élégante ligne claire, recèle toujours autant de mystères. Le scénario allie jusqu’au bout efficacité et fluidité. Même si j’avais préféré « La Belette » et « Silence », cette BD reste d’un très bon niveau L’auteur semble décidément à l’aise avec ce type de récit où comme à chaque fois les apparences masquent jalousement de lourds secrets.
Souvent mieux inspiré 7 étoiles

Je n'ai pas grand chose à ajouter à la bonne critique de Blue Boy, si ce n'est que cette œuvre de Comès est à mon avis, un peu mineure dans une production souvent plus brillante. Le dessin porte sa marque, inimitable et parfaite, mais le registre qu'il a choisi d'aborder ici lui convient moins que celui des secrets inavouables des villages ardennais, du terroir, de la nature et des spéculations métaphysiques dans lequel il excelle.

Pour moi ses œuvres majeures sont Silence, la Belette et Dix de Der auxquelles on peut ajouter l'Ombre du Corbeau.

C'est peut-être injuste, mais d'un artiste aussi doué et brillant, on ne s'attend qu'au meilleur, et ce qui serait bien accepté d'un auteur moins époustouflant déçoit un peu ici, comme à mon avis avec "la maison où rêvent les arbres".

Enfin, tout ceci est subjectif, et n'est finalement dans mon chef qu'une occasion de saluer cet immense artiste.

Le rat des champs - - 73 ans - 20 novembre 2009