Roseanna de Maj Sjöwall, Per Wahlöö

Roseanna de Maj Sjöwall, Per Wahlöö
( Roseanna)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par El grillo, le 9 septembre 2009 (val d'oise, Inscrit le 4 mai 2008, 43 ans)
La note : 5 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (32 203ème position).
Visites : 1 802 

Fichtre, frustré...

Une femme est repêchée dans un canal de la petite ville paisible de Motala en Suède, violée et noyée. L'occasion pour nous de faire connaissance avec Martin Beck, inspecteur de son état, et de son équipe de fins limiers. Ici, c'est l'école Suédoise, on prend son temps. D'autant que les indices sont très maigres, l'enquête piétine et est au point mort. Beck rumine plusieurs mois jusqu'à ce qu'une piste, infime, réveille la flamme de l'inspecteur.

Premier volet de la série consacrée à l'inspecteur Beck qui a fait la réputation et posée la base du polar nordique, Roseanna est un roman lent, précis. Sjöwall et Wahlöö nous présentent leur inspecteur, déprimé, en rupture avec son environnement familial, ne vivant que pour le boulot dans lequel il excelle, ça ne vous rappelle personne ?
On est donc à l'origine de ce qui fait le succès du polar venu du froid, les amateurs de Staalesen, Mankell et autre Indridason ne seront pas perdus. L'écriture est franche, les dialogues très agréables, avec un brin de cynisme par moments.
Il s'agit d'une enquête longue, minutieuse dans sa première partie, puis ça s'emballe dans la seconde, pas trop tôt, quand Beck met la main sur son suspect. Et paf, c'est là que le bât blesse et que ma note flanche: on ne sait absolument pas pourquoi cet inspecteur si doué jette son dévolu sur son suspect. Parce qu'il est doué, voilà la seule solution, mais niveau explication, on n'a pas grand chose, juste la persuasion que notre chef a de l'intuition, ça fait maigre.
Il manque aussi les motivations du tueur, mais bon, à force de ne lire que du polar, on veut tout savoir. Dans les années 60 on faisait pas dans ce genre de détail. Dommage, des détails, on en a pourtant tout du long concernant l'enquête, bien menée, on ressort frustré quand il en manque à la fin...

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Enquête "vieille école"

7 étoiles

Critique de Mithrowen (La Chaux-de-Fonds, Inscrite le 23 août 2011, 28 ans) - 27 juin 2012

J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce polar "old school". J'ai trouvé vraiment agréable de voir des enquêteurs qui pour résoudre l'enquête se torturent les méninges. Pas d'ADN, pas d'anthropologie judiciaire, à peine un médecin légiste, ça change vraiment des polars actuels où les héros se contentent de mettre les empreintes dans une base de données, de mettre les échantillons dans un spectromètre de masse et ont les réponses en 5 minutes (ce qui n'est d'ailleurs pas du tout réaliste par rapport à la vraie pratique de la police scientifique).
Le seul bémol que je peux mettre à ce livre, c'est la fin plutôt prévisible.
Je vais sans doute lire le tome suivant !

Un grand polar

9 étoiles

Critique de Dudule (Orléans, Inscrite le 11 mars 2005, - ans) - 18 juillet 2010

Deux maîtres du polar nordique, Sjowall et Wahloo, auteurs d'une série d'une dizaine de romans policiers entre 1965 et 1975, mettant en scène l’enquêteur Martin Beck et son équipe. Les personnages y sont aussi importants que l’affaire elle-même, on entre au sein du commissariat et dans l’intimité des enquêteurs.
Roseanna est la première des dix enquêtes. Le cadavre dénudé d'une jeune femme inconnue est retrouvé dans un canal proche de la petite ville de Motala, la victime semble avoir été violée. Martin Beck, de la criminelle de Stockholm, est envoyé en renfort auprès de l'équipe locale chargée de l'enquête.
Le style sans fioriture est juste, les actions sont bien détaillées mais sans longueurs, tout est décortiqué, bien ciselé avec un crescendo bien dosé.
Une série à découvrir et une lecture jubilatoire.

Le premier d’une série de dix

6 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 49 ans) - 17 mars 2010

Paru pour la première fois en 1965, ce livre est à présent réédité, et avec lui les neuf autres qui composent une série de romans policiers au héros récurrent : Martin Beck. Dans sa préface à l’édition actuelle, Henning Mankell ne tarit pas d’éloges, parlant d’un « classique moderne », d’une « intrigue construite de main de maître », d’un « livre fascinant ». Je le dis tout de go : je suis loin d’avoir été touchée de la sorte par ce livre. Son caractère légèrement suranné présente toutefois bien des charmes. Par exemple, l’ère des gsm n’ayant pas encore pointé le bout de son antenne, rendons grâce aux cabines téléphoniques qui permettent à l’un des enquêteurs de tenir son chef au courant de l’évolution de sa filature !

Lorsque le cadavre d’une jeune femme est repêché dans un canal d’une petite ville, l’équipe locale, quoique dirigée par un enquêteur hors pair, piétine rapidement. Même l’identité de la victime leur échappe. C’est alors qu’un inspecteur de la section criminelle de Stockholm vient les épauler. L’inspecteur Martin Beck commencera lui aussi par patauger dans les marasmes de l’intrigue. L’identification de la victime permettra à l’enquête proprement dite de démarrer. Roseanna, puisque c’est son nom, a disparu alors qu’elle effectuait une traversée à bord d’un bateau, le « Diana ». Peut-être l’assassin est-il à rechercher parmi les autres passagers ? Ou parmi les membres de l’équipage ? C’est à petits pas que Martin Beck progresse…

Beaucoup de dialogues dans ce roman policier, ce qui lui donne le rythme nécessaire pour contrebalancer la lenteur des découvertes. Un léger suspense, mais une fin malheureusement sans surprise… Cela ne m’empêchera pas de lire le deuxième tome des aventures de Beck : qui sait, celui-ci n’était peut-être qu’une mise en bouche ?

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