Le crayon du bon Dieu n'a pas de gomme
de Louis-Philippe Dalembert

critiqué par Jfp, le 5 septembre 2009
(La Selle en Hermoy (Loiret) - 71 ans)


La note:  étoiles
retour à haïti
Comme dans tous ses romans, cet auteur haïtien dont on ne se lassera pas de louer la qualité d'écriture nous raconte une histoire mêlant poésie et réalisme. Le personnage dont on narre les aventures ("l'homme") revient au pays ving-cinq ans après avoir quitté sa ville natale "Port-aux-Crasses". Il se souvient des longues heures de son enfance passées au volant d'une vieille guimbarde abandonnée à regarder le quai et ses habitants à travers le rétroviseur (cela ne vous rappelle rien (?), mais si cherchez bien...). Ses souvenirs, ses sensations se mêlent intimement avec l'histoire de Faustin, le cireur de chaussures alcoolique. Faustin travaille dur pour nourrir sa famille, qu'il part retrouver à la campagne deux fois l'an après s'être dessoulé, lavé et avoir enfilé de beaux vêtements. Faustin, le compagnon d'enfance, qui lui aura appris la vie mieux que dans les livres. Faustin, qu'il va rechercher en vain dans cette ville tant aimée et tant haïe aussi. De nombreux personnages aussi truculents les uns que les autres émaillent ce roman-mosaïque, qui se lit d'une traite grâce à la belle écriture de Louis-Philippe Dalembert. C'est également un témoignage bouleversant sur la vie quotidienne du peuple haïtien. La totale quoi...