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Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann, Jean-Luc Piningre (Traduction)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

critiqué par Jules, le 30 août 2009 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 66 ans)

La note: 8 etoiles
Moyenne des notes : 9 etoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 7 etoiles (913ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 1 358 

Une visite dans le monde des oubliés

Ce livre contient des nouvelles reliées entre elles par plusieurs fils qui les traversent. Un des fils les plus importants se retrouve dans la misère que vivent les personnages et cela dans un pays qui se dit très riche. La misère ne porte cependant pas toujours le même nom.

L’histoire du funambule qui reliera les Twin Towers forme comme un lien entre les histoires même si parfois l’un ou l’autre personnage d’une nouvelle précédente réapparaît dans une suivante.

Nous commencerons par l’histoire de Corrigan, jeune homme catholique irlandais qui deviendra prêtre en plein Bronx à New York. Son seul et unique but sera de tenter d’adoucir la misère humaine, financière et morale, du milieu qu’il fréquente. L’univers dans lequel il vit est non seulement affreux esthétiquement mais il l’est encore plus moralement. Ses rapports humains se résument à aider les putes en leur donnant un café ou un Coca suivant la saison et à les laisser venir faire pipi dans son appartement dont il laisse la porte toujours ouverte pour ce faire. Pour cela il se fera battre par leurs maqueraux sous le prétexte que pendant qu’elles font cela elles perdent du temps !... Bien sûr vous imaginez également que les seringues et la drogue font partie intégrante de l’ensemble de la vie de ses femmes.

Cette nouvelle a des accents des « Saisons de la nuit » Je vous laisse à la suite des aventures de Corrigan.

La seconde nouvelle aborde une autre détresse tout aussi grave, même si elle est moins visible. Cinq femmes de milieux très différents se réunissent afin de partager l’horrible douleur qu’elles vivent : la mort de leur fils unique dans cette foutue guerre du Vietnam..

Ici nous retrouvons un autre lien entre les différentes nouvelles : la haine de Nixon et la joie provoquée par son départ.

Je vous laisse découvrir le contenu des autres nouvelles.

J’ai trouvé à ce livre des accents des « Saisons de la nuit » et d’une chute vers le gouffre de l’injustice et de la misère. Mais aussi ceux d’un certain Tristan Egolf et du « Seigneur des porcheries »

L’écriture de Colum McCann est merveilleusement contrôlée et d’une très grande efficacité !

Voilà un nouveau très bon livre de cet auteur. Encore faut-il aimer les nouvelles...

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Les éditions
   Volume  Editeur/Collection  Pages  ISBN/ASIN  Parution  Amazon
Et que le vaste monde poursuive sa course folle Belfond
Roman
435 2714445063 2009-08-13  go
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Les critiques éclairs (4)

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Juste superbe 8 etoiles

Je n'aurai pas l'audace de refaire un commentaire sur ce livre, puisque les précédents l'ont très bien fait. J'ajouterai juste, pour les lecteurs qui comme moi n'aiment pas les nouvelles, que dans ce cas, le fil tendu entre les 2 twin towers est un lien qui fait de cette oeuvre un roman.
Splendide, style toujours aussi beau. La violence est là, crue, comme dans "Danseur" et la beauté est toujours à côté.

Saperlipop (, Inscrite le 8 mars 2006, 28 ans) - 19 juin 2010


L'espoir malgré tout 9 etoiles

John Corrigan est un Irlandais qui part à New York pour vivre comme moine parmi les prostituées.
Son frère Ciaran part lui rendre visite, mais n’arrive pas à comprendre son mode de vie, la radicalité de son dépouillement et de son dévouement.
Jazzlyn, une des prostituées, meurt dans un accident de voiture alors que Corrigan était au volant.
Sa maman, elle-même prostituée, est emprisonnée.
Etc., etc. Chaque personnage dans ce roman raconte son point de vue de l’histoire qui relie petit à petit tous les personnages. Cette histoire se passe en 1974 tandis qu’un funambule - seul personnage non-fictif de ce récit - traverse les 60 mètres qui séparent les toutes nouvelles Twin Towers du World Trade Center.
Chaque personnage présente une des nombreuses facettes de New York dans toute sa diversité. Ils parlent de deuil, d’amour et d’amitiés, des drames de l’existence et des liens humains qui vous font remonter la pente et garder l’espoir. Le style est un vrai régal et certaines phrases mériteraient d'être encadrées.

Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 43 ans) - 6 avril 2010


Quel plaisir ? 10 etoiles

Un son de cloche un peu différent des deux premières critiques.

Ce livre ne parle pas que de misère, je dirai qu'il parle surtout des petits riens de la vie, de vies finalement ordinaires, sauf celle qui est le fil conducteur, à savoir la vie du funambule.

Le livre est assaisonné de rayons de lumière, de questionnement sur le sens de la vie, sur la conséquence des choix pris ou du lieu de naissance, sur la rupture possible, mais ô combien héroique et difficile des liens sociaux traditionnels.

Le dernier chapitre est juste sublime de simplicité et de violence car il montre que finalement 35 ans après les faits racontés, les mêmes conflits et les mêmes enjeux de sociétés sont toujours là (racisme, amour, désir, liens familiaux, ascencion sociale, don de soi, etc...).

Un grand moment que je conseille à tous les passionnés de romans quasi historiques (quelle descriptions des enjeux américains dans les années 1970 et l'apothéose sur les enjeux de 2008...).

Difficile de redescendre d'en haut de ces tours du World Trade.

Panda (VLG, Inscrit le 24 décembre 2009, 30 ans) - 7 janvier 2010


Et le relire sitôt terminé 10 etoiles

A l'émission de France Inter, Le masque et la plume, ils les avaient étrillés à peu près tous. Comme d'hab'. Mais les éloges unanimes sur ce livre indiquaient une pièce rare. Alors, il y a un mois, je l'ai pris à la bibli. Et je viens de le refermer. Décidée à l'acheter en 10 exemplaires.

Un mois ? Ben oui, faut bien ça. Déjà que je lis à la vitesse d'un escargot, mais quand ça atteint des sommets, comme ici, il me faut prendre le temps, ne pas mettre le turbo. Peur de louper, de passer à côté.

Oui, des sommets. Celui de l'exploit de ce Français, en 1974, qui a marché, dansé, couru, sur un fil d'acier tendu entre les Twin Towers. A l'époque, ça m'est carrément passé au dessus de la tête, si j'ose dire.

Des sommets d'émotion à la lecture de chacune des nouvelles qui tissent ce bouquin, histoires reliées par un fil, ce fil-là. Des personnages qui traversent l'une puis emplissent l'autre, toutes écrites à la première personne. Un style adapté à chacun des narrateurs, et avec quel talent. Des hommes et des femmes dans leur quotidien lourd, banal, mais dont ils s'efforcent, sinon de s'extraire, du moins d'être dignes. Et ils y parviennent, car ils se bougent pour ça, et parfois, la lumière est au bout du chemin.

Celle des projecteurs pour le jeune funambuliste, heureux comme le gamin (pas si) inconscient qu'il est. Celle qui finit par s'allumer dans la vie de Corrie, Claire, Tillie, Gloria, Jazzlyn. A chaque fois des dialogues plus vrais que vrais, et qui culminent, oh pardon, avec la nouvelle du canular téléphonique, un grand moment, dans un autre registre, léger, quasi boulevardier.

Car on n'est pas que plongé dans le New-York des années 70. On apprend aussi comment tendre un câble de plusieurs centaines de kilos au nez et à la barbe des gardiens de ces forteresses. On n'ignore plus comment s'extraire d'une prison de neige fraîche qui vous enserre jusqu'à la taille. Et puis, il y a un grand saut jusqu'à la dernière histoire. La seule évocation du 11/09 sera ce dialogue musclé entre en Italien un peu trop détendu et des contrôleurs de bagages à l'aéroport dépourvus, plus que jamais, du sens de l'humour.

Jules a raison, l'écriture est précise, implacable de simplicité. Sujet, verbe, complément. Et les poils qui se hérissent sans arrêt. Pan. Touché.

Je n'avais rien lu de cet auteur-là. J'ai été saisie, comme à chaque révélation, et Dieu sait que ça n'arrive pas tous les jours. Je l'ai wikipédié, il est irlandais, vit à NY depuis 15 ans et vient de recevoir le National Book Award, prix prestigieux rarement accordé à un non américain.

Aussi, hier soir, quand j'ai sorti la revue Lire de son papier d'emballage, laquelle titrait "les trente meilleurs livres de l'année", comme chaque fois en décembre, j'ai dit à mon mari, que je bassine tous les jours depuis un mois avec ce bouquin : s'ils n'en parlent pas, je me désabonne. Bingo ! Il est le premier cité, avec sa photo en prime, autre privilège.

Et en deuxième position, le dernier Carrère, dont j'avais bassiné toute ma famille le mois encore d'avant. Toute la difficulté, quand on lit très lentement, est d'être sélectif. Merci Critiques libres, merci France Inter.

Lutzie (Paris, Inscrite le 20 octobre 2008, 53 ans) - 6 décembre 2009


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  Tous mes remerciements 2 Jules 7 janvier 2010 @ 17:04

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