Ikebukuro West Gate park de Ira Ishida

Ikebukuro West Gate park de Ira Ishida
( Ikebukuro West Gate park)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers , Littérature => Asiatique

Critiqué par Ciceron, le 26 août 2009 (Toulouse, Inscrit le 21 août 2007, 71 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 845ème position).
Visites : 3 011 

Un côté Club des Cinq et série télé

4 short stories à trame polar avec pour cadre Ikebukuro West Gate Park, en réalité le square ouest à la sortie de la gare d’Ikebukuro à Tôkyô, quartier de love hôtels, de bars à filles et de salons de massage.

Makoto est le personnage central, à peine sorti d’un BEP dont il n’a que faire, son trait de caractère est la vitalité et la débrouillardise de la rue, il tient avec sa mère un commerce de fruits & légumes dans ce quartier chaud. 5 ou 6 personnages composent son clan

Résoudre des énigmes criminelles à peine sortis du lycée. Je pense à un Club des Cinq ou Hé ! Arnold adulte, également à ce dessin animé japonais où un mouflet de 9 ans démasquait systématiquement l’assassin après un raisonnement niveau Einstein. L’adaptation manga s’imposait.

Les short stories avec les mêmes personnages, pimentées de yakusas sont un peu répétitives et prévisibles, mais les lycéens diversement orientés dans la marginalité tracent un portait tôkyôite frétillant : gangwars Reds contre Blues (West Side Story), prostituées en socquettes blanches très prisées par les japonais, l’ado qui n’est pas sorti de sa chambre depuis 3 ans, petit doigt coupé, etc

Réplique au hasard :“Tu te rappelle Hashimoto Chiaki, qui était au collège avec nous ? Oui, plutôt mignonne. 5 000 yens“.

Makoto, qui s’ennuie sans la pression de la rue crée une forte empathie avec le lecteur, et il l’invite, à la fin, en cas de cafard, à lui rendre visite dans le quartier. On comprend que la suite est très ouverte, infinie, comme le 87e District de qui vous savez.

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  Ikebukuro West gate park

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Chroniques d'un quartier

6 étoiles

Critique de Fanou03 (*, Inscrit le 13 mars 2011, 45 ans) - 18 novembre 2019

J’ai tout d’abord dans cette œuvre beaucoup apprécié l’architecture du roman, qu’on ne rencontre pas, étonnamment, si souvent que cela car elle se base tout simplement sur le principe des séries télévisuelles. Ikebukuro West Gate Park se compose en effet d’une série de nouvelles mettant en scène les mêmes personnages (en particulier le narrateur, Makoto), le même lieu (Ikebukuro West Gate Park, qui est un quartier de Tokyo) et la même thématique (les récits relèvent du genre policier ou du roman social assez noir). Même s’ils forment des histoires indépendantes, ces textes sont donc fortement liés entre eux : le narrateur en particulier y évolue psychologiquement au fil du temps, et son regard nous permet de comprendre et de connaître un peu mieux chaque fois ce quartier de Tokyo.

Si le premier texte m’a un peu déçu, car je l’ai trouvé un peu court et convenu, je dois dire que sur l’ensemble Ikebukuro West Gate Park s’avère d’une lecture très agréable. L’écriture, quoique assez standard, est plaisante, et on y trouve même des pages superbes de poésies : je pense d’une part à la scène d’amour entre Makoto et Kana la journaliste, ou les pages décrivant la chorégraphie nocturne du tourmenté Kyôchi, le boss des Red Angels.

Le jeune Makoto, pur produit de ce quartier et simple vendeur de fruit dans une modeste boutique, y est un être à part. Il devient rapidement un « faiseur de paix », à qui on fait appel pour restaurer l’équilibre précaire entre les différentes forces sociales. La réussite des récits tiens aussi beaucoup à ce personnage attachant et lucide. Comme je l’ai déjà dit, nous le voyons évoluer, chaque récit, comme une épreuve, lui permettant de mûrir un peu plus.

Ce n’est pas un hasard si l’œuvre porte le nom du quartier où se déroulent les récits : il s’agit surtout d’un roman d’ambiance, où le quartier d’Ikebukuro West Gate Park est un personnage à lui tout seul. Ira Ishida dépeint ainsi avec beaucoup d’humanité ce quartier un mal famé, les luttes entre gangs de gamins, les salons de massage interlopes… Ambiance un peu mélancolique, voire désespérée il faut le dire, car la mort est capable de frapper au tournant de la rue à l’occasion d’une rixe entre bandes ou d’un règlement de comptes pour une affaire qui a mal tourné...

Ikebukuro

7 étoiles

Critique de Sundernono (Nice, Inscrit le 21 février 2011, 37 ans) - 8 août 2011

Ikebukuro West Gate Park est un bon roman Policier composé de quatre nouvelles racontées par Makoto, le narrateur. Ces nouvelles, d’à peu près 80 pages chacune à l’exception de la dernière qui en compte le double, sont les suivantes :
-Ikebukuro West Gate Park
-Excitable boy
-Les amants de l’oasis
-Guerre civile rue Sunshine
Makoto, personnage singulier nous raconte quatre histoires différentes de Son quartier dans lesquelles il se retrouvera directement au centre de l’action. Le style est percutant, direct, et implique directement le lecteur par ses « commentaires » et ses appréciations, on lit ces aventures avec grand plaisir. Un extrait de la « guerre civile rue Sunshine » montre bien ce style si particulier :
« J’emmenai Kana dans le bar du Quartier Lumière où je me trouvais la veille. Nous étions les seuls clients. Je m’installai sur le même tabouret qu’hier et passai commande.
_Comme toujours. Pour deux. Et electric Ladyland de Jimi hendrix.
Pourquoi se priver d’essayer un truc qu’on vient d’apprendre ? Nous trinquâmes, entrechoquant les glaçons dans nos verres. Bientôt résonna la voix de Jimi qui ne nous avait pas attendu pour boire un coup. Angel. Kana dit que c’était une belle chanson. Je me mis à boire à un rythme beaucoup plus rapide qu’à l’accoutumée. Je lui racontai les affaires auxquelles je m'étais trouvé mêlé, en restant simplement dans le vague quand ça craignait trop. L’endroit et l’envers d’Ikebukuro, et l’envers de l’envers. Kana m’écoutait en souriant.
J’étais sans doute déjà passé en mode emballage. Et ça m’arrive pourtant rarement. »

IWGP vaut aussi pour sa retranscription d’un japon moderne, sans fioriture, loin des clichés touristiques occidentaux, il montre l’envers du décor d’une jeunesse japonaise quelque peu désemparée. Une lecture très plaisante que je recommencerai bientôt une fois en possession du deuxième tome des aventures de Makoto l’intrépide !

Une chronique de la société Made In Japan

9 étoiles

Critique de Laurent63 (AMBERT, Inscrit le 15 avril 2005, 45 ans) - 19 juin 2011

Quatre histoires relativement courtes nous sont racontées par Makoto. Ce jeune garçon de dix-neuf ans vit dans le quartier de Ikebukuro, dans Tokyo. Dans ce quartier, la violence est omniprésente et les jeunes du même âge que Makoto sont souvent livrés à eux-mêmes.
Makoto est un peu l'homme de toutes les situations, il aide ses amis à résoudre leurs problèmes, il retrouve les personnes disparues, et se pose même en arbitre lors d'une guerre des gangs. Bref c'est un garçon peu ordinaire, qui aime la musique classique, et s'interroge beaucoup sur le sort de ses contemporains.
Un livre qui se lit très vite, car on est absorbé par le récit de la vie de ce garçon et de ses aventures. A la fois roman policier chronique de la vie d'un quartier de Tokyo, on dévore avec avidité les pages. Un livre à faire connaitre car il le mérite amplement.

arigato gozaimasu Ishida-san

8 étoiles

Critique de Catas (la seyne sur mer, Inscrit le 28 juillet 2009, 44 ans) - 13 juillet 2010

Suite à la fiche de lecture de Ciceron j'ai décidé de lire ce livre.

C'est très sympa, des chapitres en général assez courts, pas de superflu, une description rapide, claire, directement à l'essentiel. Une touche de violence, une pincée de sexe et un saupoudrage de folie ordinaire.

Les histoires, ou plutôt l'histoire car le héros raconte quatre évènements de son quartier, renvoient à un Japon contemporain. Pour ceux qui sont déjà allés au Japon, ils sentiront l'ambiance des quartiers populaires japonais. Plein de petits détails fourmillent sur la vie japonaise, qui permettent de situer le roman nulle part ailleurs qu'au Japon.

Le héros est attachant, avec son faux air de looser, ses camarades ont tous une touche d'originalité, l'otaku, le yakusa, la baby-doll.

Un bon roman policier à lire aussi pour tous les amateurs du Japon.

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