Le Lys dans la vallée de Honoré de Balzac

Le Lys dans la vallée de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Maylany, le 10 juillet 2009 (Inscrite le 11 novembre 2007, 37 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 9 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 600ème position).
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Charme et langueur

Après lecture du Père Goriot, je n'ai pas, de prime abord, retrouvé ici l'ambiance de Balzac que j'avais cru identifier à la lecture de ce premier roman.

Il est vrai qu'avec Le Lys dans la Vallée, le sujet principal diffère du tout au tout : des coucheries, tromperies, mariages par intérêt et autres ruses sentimentales décrites dans le Père Goriot, on passe ici à la candeur des sentiments, la chasteté, l'innocence, la noblesse de cœur, …

Il en découle forcément, tout au long du roman, une certaine langueur (voire longueur sur quelques passages de description de bouquets notamment), une "gnan gnan-nitude" sans pour autant tomber dans un roman à l'eau de rose.

On s'habitue très vite à tout ce contexte qui au final laisse place à beaucoup de charme et de distinction même si jusqu'à la fin du roman, on s'interroge sur la finalité recherchée par Mme de Mortsauf et sur ses intentions cachées.
Une très belle écriture, un grand roman.

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Une tragédie

8 étoiles

Critique de Flo29 (, Inscrite le 7 octobre 2009, 45 ans) - 21 septembre 2017

Ce roman est sans doute l'un des plus faciles à lire de Balzac. J'ai trouvé l'histoire tragique mais belle, je n'ai pas eu de difficultés particulières à aborder le style de ce livre. C'est un classique qui ne m'a pas transportée, mais dont j'ai trouvé la lecture assez agréable.

Un classique pour la postérité

10 étoiles

Critique de Saint Jean-Baptiste (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 81 ans) - 26 septembre 2016

Il faut lire un classique de temps en temps et je crois qu'il est difficile de trouver plus classique que ce Balzac et son Lys dans la Vallée.

C'est très curieux ; les personnages sont convenus comme ce n'est pas possible, c'est le triangle parfait : il y a la femme mariée, une femme chaste et pure d'une beauté inaccessible ; ensuite l'amoureux transi, un beau jeune homme débutant, un peu niais sur les bords ; et puis, l'inévitable mari, un type idiot, vaniteux, fainéant qui, comme de juste, ne comprend rien... un vrai mari, quoi !

Et il ne se passe rien : l'épouse est de plus en plus chaste et pure, de plus en plus belle, de plus en plus « le Lys » inaccessible vivant dans sa belle vallée ; le mari est de plus en plus ignoble et le beau jeune homme de plus en plus amoureux.

Le lecteur a compris dès le début qu'il ne se passerait rien mais notre jeune amoureux mettra six ans à comprendre. Six ans qui durent des pages et des pages. Il aura beau amadouer le mari, passer des nuits entières à soupirer devant la porte close de la belle et fantasmer à longueur d'année, il obtiendra tout juste l'inestimable faveur de baiser la main de la belle et encore, pas sur la paume... c'eut été tellement indécent !

Et pourtant on tourne les pages avec délice de bout en bout, tellement c'est bien écrit. Une imprégnation dans la beauté littéraire absolue. Par moment, on se mettrait à lire tout haut pour mieux goûter la beauté du texte. Et on a raison d'aller jusqu'au bout parce que la fin ne déçoit pas. Je ne vais pas dévoiler le suspense – qui n'en est pas un mais, cette fin remet les choses en place d'une manière inattendue et plutôt réjouissante.

Vraiment Balzac, ici, s'est surpassé et le lecteur restera sur l'impression qu'il a voulu nous dire : voila comment on écrit un classique pour la postérité, quand on est un grand écrivain.

Un joli lys sous cloche (gourde)

8 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 29 novembre 2014

Il faut un peu s’accrocher pour arriver au terme de cette histoire très lente, où les états d’âme des personnages sont décrits avec une extrême subtilité. C’est d’ailleurs la beauté de la langue et tout le talent de conteur de Balzac qui font qu’on n’abandonne pas. Et au final, on ne le regrette pas, même si on se dit que l’auteur aurait pu faire plus condensé, en tout cas de façon moins brute, avec des chapitres pour alléger le récit. Mais il est vrai qu’à cette époque, on savait prendre son temps… Et Balzac ne s’en prive pas, disséquant avec grand soin l’âme de ses personnages tourmentés évoluant dans le petit milieu aristocratique et provincial très engoncé dans ses valeurs catholiques, où le libertinage ne pouvait se vivre qu’à Paris, encore fallait-il être irréprochable sur le plan des apparences. Ici, Félix est pris entre deux feux : préserver son histoire d’amour platonique avec Mme de Mortsauf, « la vierge de Clochegourde », ou assumer sa relation libertine avec Lady Dudley.

Balzac parvient très bien à se mettre dans la peau de chaque personnage, une approche empathique permettant au lecteur de mieux comprendre leur conduite et leur mode de pensée. Outre l’histoire d’amour platonique entre Felix et Henriette, c’est aussi le contraste entre deux femmes que tout oppose qui est décrit ici. Balzac ne juge pas, il se contente de décrire les sentiments des protagonistes de la façon la plus objective. Et au final, on est tenté de plaindre Mme de Mortsauf, un peu nunuche quand même, d’avoir gâché sa vie avec un mari caractériel, préférant sacrifier ses aspirations profondes pour le bonheur de ses enfants et la réputation de sa famille, puisant sa force dans la croyance en un hypothétique paradis céleste. Mais cela n’engage que moi.

Etude de moeurs

6 étoiles

Critique de Ngc111 (, Inscrit le 9 mai 2008, 31 ans) - 6 juin 2013

Simple histoire d'amour, de non-dits, de retenues et de sacrifices, Le Lys dans la vallée propose pourtant une approche psychologique et morale intéressante à ce simili adultère qui a le don d'agacer entre deux émerveillements.

Bien entendu la plume de Balzac fait merveille par instant, malheureusement masquée par le style conféré à la correspondance de Félix, volontairement choisi par l'auteur pour être excessif, presque baroque dans la profusion et l'exagération de ses sentiments ; pour autant difficile de ne pas regretter justement ce "cache génie" qui nous empêche de profiter du vrai talent. Soyons justes, lire Félix n'est pas un supplice, mais l'on sent trop souvent qu'il en fait trop, qu'il gâte son ressenti derrière une abondance de mots et un romantisme tendant à la mièvrerie, nous faisant apprécier avec d'autant plus de plaisir les rares réponses de ses conquêtes féminines.
D'ailleurs le choix d'une narration épistolaire ne se justifie pas vraiment, ne sert pas le récit, son utilité étant remise en cause par la pénurie de réponses incluses dans le roman et par le manque d'interaction avec la supposé lectrice (Nathalie).

Hormis ces considérations sur la forme, on pourra aussi trouver des longueurs à une œuvre pourtant peu conséquente mais qui ne se renouvelle pas énormément sur les thèmes évoqués (le caractère du mari, le supplice de Félix, la santé des enfants).
Ceci est d'autant plus regrettable que la profondeur du propos est absolument remarquable, avec de multiples facettes accordées aux personnages. Il suffit de voir que la pieuse et tendre Henriette peut se montrer vindicative, réaliste dans les conseils prodigués à son officieux troisième enfant pour aborder le monde parisien.
Ce n'est pas pour rien que Balzac a placé cette œuvre au sein de sa Comédie humaine, dans laquelle il cherche à allier philosophie et étude des mœurs. Les considérations morales, religieuses voire politiques permettent d'établir un vrai schéma d'étude du comportement humain. Le don de soi, le besoin primitif, le sentiment maternel s'y côtoient avec parfois des heurts et des affrontements et donnent une épaisseur aux personnages principaux que l'on aurait peut-être aimé voir chez d'autres (Lady Dudley, les enfants).

Il reste du Lys dans la vallée un propos plus intéressant qu'il n'y paraissait au départ, une vrai recherche psychologique de la part de Balzac, qui souffre toutefois de ses choix de narration et de style, qui provoquent des baisses de rythme et un ennui parfois très proche.

Ce mortel ennui

2 étoiles

Critique de Warrel62 (, Inscrit le 30 mars 2013, 47 ans) - 6 avril 2013

Enchaîné dans la foulée d'autres Balzac tels "Les Chouans", roman d'aventures plutôt sympathique au demeurant, ou l'intéressant "Eugénie Grandet", j'ai voulu tenter l'expérience du "Lys dans la vallée". Et il faut bien le dire, rarement je n'ai connu tel ennui, peut-être excepté avec "Le rêve" de Zola. Balzac se surpasse ici particulièrement dans ses habituelles descriptions à n'en plus finir, et pour le coup j'ai trouvé cette histoire totalement sans relief... Ca ne décolle jamais vraiment, honnêtement, je ne sais pas comment j'ai fait pour aller au bout. Un des Balzac qui a selon moi le plus mal vieilli.

Que de pages sublimes.

10 étoiles

Critique de Chene (Tours, Inscrit le 8 juillet 2009, 47 ans) - 24 novembre 2011

Le lys dans la vallée est une magnifique histoire d’amour platonique et interdit, avec la tentation de l’adultère comme toile de fond entre une comtesse mariée et un jeune homme plein d’avenir. Adultère intellectuel et non physique pour le moins.
C’est aussi un huis clos entre Felix le narrateur, Natalie sa lectrice, le comte et la comtesse de Mortsauf et lady Dudley la rivale.
La comtesse de Mortsauf est ce lys dans la vallée « qui brille dans l’obscurité dans les feuillages sombres », qui a sacrifié sa vie à son mariage et à ses enfants.
Ce roman est aussi une admirable et parfaite évocation de la nature et plus particulièrement de ce pays de Touraine entre l’Indre, les villages de Saché et d’Azay le rideau sur la route de Chinon en partant de la ville de Tours. On peut aujourd’hui arpenter cette campagne tourangelle le livre à la main, rien n’a bougé depuis le temps de Balzac. Je le sais car j’ai la chance d’y habiter.
« Là où la nature est parée comme une femme allant à la rencontre du bien aimé… Exprimé par ce long ruban d’eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d’amour, par les bois de chênes qui s’avancent entre les vignobles sur des coteaux que la rivière arrondit toujours différemment et par ces horizons estompés qui fuient en se contrariant… » Que de pages sublimes.
Ce roman révèle surtout une écriture magnifique, d’une très grande beauté et d’une très grande virtuosité. Balzac manie ici la langue comme plus personne aujourd’hui ne pourrait le faire. Une prose érigée en art. Balzac est ici au sommet de l’écriture. Certes certains pourront trouver le style trop lyrique voir même incompréhensible ou difficile d’accès. D’autant plus que Balzac utilise des métaphores à double fond et à double sens. Celles où Félix cueille des fleurs ou bien ces descriptions des bouquets, ne sont que les métaphores érotiques du désir de Félix pour la comtesse de Mortsauf et le désir de consommer l’acte d’amour. Balzac fait appel à l’imagination du lecteur. Les symboles du lys et du pavot sont détournés de façon érotique. La nature est comparée à une femme et le corps d’Henriette (la comtesse de Mortsauf) est à son tour métamorphosé en paysage.
Enfin, ce roman c’est aussi une évocation de la jeunesse douloureuse de l’écrivain, à travers Félix et principalement l’évocation du manque d’amour que sa mère ne lui a pas donné. Les premières pages sur l’enfance meurtrie de l’auteur sont poignantes et troublantes. Elles sont toujours servies par une écriture sublime. « Quel poète nous dira les douleurs de l’enfant dont les lèvres sucent un sein amer, et dont les sourires sont réprimés par le feu dévorant d’un œil sévère ».
Un chef d’œuvre de la littérature. Le cantique des cantiques.
Le plus haut degré de l’écriture.

De la mémoire en amour

10 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 39 ans) - 7 juin 2010

Félix tombe éperdu d'une femme mariée avec deux enfants, la Comtesse de Mortsauf. Il consume son amour platonique dans la douleur, se sépare difficilement de l'idée d'un amour impossible, pour s'enticher d'une aristocrate anglaise, hardie, passionnée et chevaleresque.
C'est là que tout se complique, entre deux espérances contrariées, celle de l'espérance dans l'état de pureté de l'amour impossible et le déroulé d'un autre, très fort, grâce à l'oubli de la première liaison, décidément bien pesante dans l'esprit du jeune homme.

A force de réminiscences, le protagoniste finit par perdre sur tous les tableaux.

Ce roman est d'un romantisme fulgurant, douloureux et vif. Le personnage principal se laisse perdre par ses sens, son sentimentalisme et la force de ses souvenirs. Il fait souffrir autant qu'il endure lui-même.
La dimension psychologique est forte dans ce roman, ainsi que le poids des us et coutumes. Il y a des réminiscences de Sueurs froides d'Hitchcock, de Bérénice de Racine.

J'ai préféré encore ce livre à sa relecture que lors de sa découverte, imposée, en 1993. Je l'avais déjà bien aimé, à l'époque, et dans mon souvenir.

De la première femme aimée, nous aimons tout

8 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 44 ans) - 2 octobre 2009

Ça fait du bien de relire ses classiques !
Retrouver une langue qu’on n’entend plus et ne lit plus aujourd’hui, riche à la limite du grandiloquent, foisonnante à la limite de l’outrance, capable de passer du poétique à la souffrance, avec toujours cette formidable énergie qui distingue Balzac.
Retrouver une société et des mœurs qui nous paraissent parfois aussi étranges que celles des persans.

C’est un livre sur le bonheur pur et discret, sur l’amour qui respecte l’autre, sur l’engagement tenu, illuminé par des couchers de soleil et des bouquets de fleurs.
A lire pour (re)découvrir un autre monde.

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