Au plaisir de Dieu de Jean d' Ormesson

Au plaisir de Dieu de Jean d' Ormesson

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par HildegardeVonBeaumont, le 26 mai 2009 (Beaumont, Inscrite le 21 novembre 2008, 50 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (3 091ème position).
Visites : 9 624 

Un plaisir partagé

J'ai beaucoup aimé ce livre, même si je trouve que certains passages sont soporifiques, il fallait bien ça pour retracer l'atmosphère d'une famille française noble et finissant désargentée dans un siècle qui va plus vite qu'elle ! Jean d'Ormesson nous donne à sentir les idées et les sentiments de ceux qui se perdent dans une philosophie nouvelle de la vie qu'ils ne maitrisent pas toujours...on aurait presque envie d'aller aussi s'asseoir sous les tilleuls avec lui et de rêver au temps qui passe... un roman presque (je dis presque parce qu'il ne faut pas exagérer) "Proustien".... la Nostalgie encore et toujours !

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"Au plaisir du peuple ! "

10 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 53 ans) - 22 février 2018

Jean d’Ormesson (1925 -2017) est un écrivain, journaliste et philosophe français.
Auteur d'une quarantaine d'ouvrages, allant de grandes fresques historiques aux essais philosophiques dans lesquels il partage ses réflexions sur la vie, la mort ou l'existence de Dieu.
Il devient membre de l'Académie française en 1973.

Le Château de Plessis-lez-Vaudreuil, un patriarche, figure emblématique immobilisée dans un siècle en mouvement et une famille qui tente de sauver ce qui peut encore l'être...
Un XX ième siècle qui fait peu de cas du sort des "derniers aristos".

Jean d'Ormesson peint avec beaucoup de tact, de douceur, d'amour et de compréhension les vies des membres de sa famille, réunie autour de son grand-père, figure tutélaire, rassurante mais tournée vers un passé évanoui et confrontée à de nouvelles valeurs qu'il refuse de faire siennes.
"Longtemps, incarné dans les pierres de Plessis-lez-Vaudreuil, le nom de la famille avait survécu à ses membres. Maintenant, chaque jour davantage, la maison, la famille étaient la proie de Dieu et de son plaisir sans pitié. Je ne voulais rien faire d'autre que de ressusciter leur image et de garder quelque chose de leur souvenir qui s'enfonçait dans la nuit".

Jean d'Ormesson signe une oeuvre brillante, intelligente, érudit et sensible.
Loin de plaindre cette famille d'aristocrates sur la pente descendante, ce sont les valeurs, la grandeur, l'honneur et le sens de la famille qui sont mis en avant.
L'auteur n'excuse rien, ne se plaint pas et avoue même le manque d'intelligence de ses aïeux.
Une peinture du XX ième siècle, des Grands Hommes, de l'Histoire en marche et des positions des membres de la famille.
"Au plaisir de Dieu ", c'est l'Histoire de France en marche.

"Comme c'est étrange une famille ! " se plait à écrire Jean d'Ormesson.
Oui ça l'est souvent mais la vôtre est véritablement incroyable.
Encore merci pour ce magnifique ouvrage et pour tout ce que vous avez apporté à la littérature française.
"On saura si je suis un Grand écrivain dans une vingtaine d'années" répondait Jean d'Ormesson à un journaliste.
Vous l'êtes Mr d'Ormesson... aucun doute la dessus !

La vieille noblesse à l'épreuve du XXème siècle

6 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 40 ans) - 5 janvier 2018

Jean d'Ormesson dresse le tableau de famille et son histoire, de manière émue, passionnée et ironique. Il décrit son conservatisme, son attachement à ses valeurs desquelles la société se détache progressivement. Le royalisme et l'antisémitisme y restent présent, et l'auteur explique comment et pourquoi. Comme il garde de l'affection pour ce grand-père hors d'âge, à bien des égards abject, et bien que des sarcasmes sous-jacents servent à le décrire, il en résulte un sentiment de malaise. Après, la description de la liaison avec les grands de ce monde et la haute bourgeoisie ne manque pas de charme. Mais ce livre (me) laisse un sentiment fortement mêlé. Il demeure instructif sur la manière dont évolue une famille aristocrate au cours du XXème siècle.

Avec le temps, va tout s'en va....

10 étoiles

Critique de Hervé28 (Chartres, Inscrit(e) le 4 septembre 2011, 49 ans) - 5 septembre 2011

Les incipits de romans ont longtemps fait, dans les oeuvres de Jean d'Ormesson' l'objet d'attentions particulières. Avec "longtemps, je me suis couché de bonne heure", ou encore "c'était à Meghara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar" ou encore " le 15 mai 1796,le général Bonaparte fit son entrée dans Milan.....", "Je suis né dans un monde qui regardait en arrière" est à présent gravé pour moi comme un incipit digne des classiques.
Quel roman que cette histoire où les vrais personnages ne sont pas les personnages principaux!
En effet, en premier lieu, le personnage principal de ce roman, c'est le temps, le temps brisé par cette guerre de 14, qui marque en vérité le début du 20ème siècle. Celui immobile d'une famille qui ne veut pas voir l'avenir mais aussi, d'une famille rattrapée par l'histoire ( à travers notamment la Tante Gabrielle, qui ressemble fortement à la comtesse de Noailles, ou encore de Claude, tiraillé entre traditions familiales et secousses historiques). J'ai évidemment songé, à la lecture de cette oeuvre, aux pages de Brasillach dans "notre avant guerre" avec le voyage en Italie (en Espagne , chez Brasillach) ou au parallèle avec le destin de l'oncle Philippe dans le roman de Jean d'O et les errances de Brasillach ou de Drieu La Rochelle.
Le deuxième personnage, oh non, il ne s'agit pas du majestueux Duc de Plessis- Vaudreuil mais du Château, celui de la famille d'Ormesson en réalité, celui de Saint Fargeau. Dans le roman, le château de Plessis-Vaudreuil est au centre des intérêts familiaux, le port d'attache de cette famille qui finit par s’étioler.
Enfin, le troisième personnage du roman, non, toujours pas le grand père, mais Dieu, qui s'il n'intervient pas dans le roman, reste la référence absolue et autour de qui, l'histoire tourne invariablement.
Un livre superbe, frais, qui n'a pas pris une ride, avec des chapitres courts ("la prostituée de Capri" est d'une gaité incomparable), souvent autobiographique ("la lettre de Charles Quint", par exemple à propos du père de Jean d'Ormesson, il en parlera dans les romans suivants), parfois prémonitoires ("le vent du soir" sera pris comme titre d'un roman), voire recyclé-mais là , c'est du Jean d'Ormesson pur et dur, comme l'histoire d'Anne Marie, que l'on retrouve dans "les illusions de la mer".

"Au plaisir de Dieu" est un roman attachant et prenant, qui, pour les amateurs ne peut se détacher d'un des chefs- d'oeuvre de l'histoire de la télévision française avec l'adaptation de Robert Mazoyer en 1977, du roman éponyme.

au plaisir de Dieu

9 étoiles

Critique de Pat_one_2000 (, Inscrit le 20 décembre 2009, 40 ans) - 18 avril 2010

Un livre avec de belles couleurs sur l'évolution d'une société.

Portrait de famille avec dinosaure

7 étoiles

Critique de Béatrice (Paris, Inscrite le 7 décembre 2002, - ans) - 9 mars 2010

Le Duc de Plessis-Vaudreuil, descendant de la vieille noblesse d’épée, est un homme d’un autre temps. Nous sommes au début du XXe siècle, mais le duc reste attaché aux valeurs de la monarchie. Ce réactionnaire qui lit l’Action française aurait pu faire un personnage détestable. Mais l’auteur en a décidé autrement : ce sera un regard empathique, souvent ironique, jamais méprisant.

Pendant deux décennies s’accomplit - avec un surprenant retard de cent ans - le ralliement de cette famille aux valeurs bourgeoises. Le fils ainé devient républicain et entre dans les affaires. S’ensuit une chronique de famille jusqu’à la quatrième génération.

D’Ormesson se focalise sur le glissement des valeurs au sein de cette tribu. Leurs convictions s’écroulent sous les flots de l’histoire et les jeunes descendants doivent apprendre à vivre avec leur temps. Exit le sens du devoir, de l’honneur, de la tradition ; arrive un nouvel idéal, l’individualisme. En entremêlant avec maestria le parcours des personnages et l’histoire mouvementée du XXe siècle, le roman est une réflexion sur la famille en tant que mythe, sur la grandeur et la décadence. Les personnages sont plutôt des archétypes, porteurs d’un certain choix de vie, plus précisément d’un engagement politique. Le seul qui n’est pas un archétype c’est le duc, ce patriarche réac dont je vous ai parlé tout au début. Il reste une référence tout au long de la chronique.

J’ai goûté la première moitié, mais je me suis ennuyé sur la deuxième : un trop long lamento à mon sens. Les pages les plus réussies m’ont rappelé Le Guépard et les Buddenbrook, deux autres chroniques sur le crépuscule d’une lignée.

Extrait :
« Claude
Quatrième fils de l’oncle Paul et de la tante Gabrielle, né en 1905. […] Hostile à l’argent. Veux devenir prêtre. Change beaucoup. Quitte le séminaire et renonce à l’Eglise. Part pour Moscou en 1934. Se proclame marxiste. S’inscrit au parti communiste ( ?). Participe à la guerre d’Espagne du côté républicain. Passe en Angleterre en juin 1940. Se met à la disposition du général de Gaulle à Londres. Participe à l’opération de Dakar. Fait le va-et-vient entre l’Angleterre et la France. Occupe des fonctions importantes dans la résistance. Veut fusiller Pétain. Arrêté en 1943. S’évade. Organise l’exécution de Philippe Henriot. Intervient avec ses frères, mais un peu à contrecœur, en faveur de Michel Desbois. Epouse Nathalie. Se rapproche des communistes après la retraite du général de Gaulle en 1946. S’en éloigne à nouveau, et définitivement. Meurt chrétiennement en 1971. Père d’Alain et de François-Sosthène. »
Cet extrait est tiré des Notes biographiques sur les principaux personnages.

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