Sonnets de William Shakespeare

Sonnets de William Shakespeare
( Sonnets)

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Smokey, le 2 mai 2009 (Zone 51, Lille, Inscrite le 12 août 2008, 31 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (18 344ème position).
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Le temps ne s’arrête jamais, il continue au-delà de la mort.

Recueil composé de 154 poèmes, "Sonnets", œuvre de Shakespeare s'inspire de la beauté, de l'amour, du désir, de la jalousie, de la mort...

Les premiers poèmes s'adressent à un homme les autres à la mystérieuse Dame Noire et les deux derniers sont d'inspiration grecque.

Plusieurs pistes s'ouvrent à l'interprétation...

L'usage de la première personne du singulier met en valeur cette notion que le narrateur n'est pas le poète. En effet, les premiers sonnets s'adressent à un homme, cela voudrait dire que Shakespeare était homosexuel (ce qui n'était pas le cas), le "je" shakespearien est donc avant tout extérieur au poète.

La mort n'est pas une fin chez Shakespeare. Pour lui, le temps est éternel grâce à l'écriture:

"Temps dévorant! émousse les pattes du lion, fais que la terre dévore sa propre belle race, arrache les crocs du tigre féroce, et brûle dans son sang Phénix à longue vie;

Rends gaies et tristes les saisons en t'écoulant, et fais ce que tu veux, ô Temps au pied rapide, du monde entier et de tous ses charmes périssants; mais je t'interdis le plus odieux des crimes;

Ne marque pas avec tes heures le beau front de mon amour, ne trace pas là des lignes par ta plume très ancienne, permets-lui d'être dans ta course non touché, pour figurer les beautés aux hommes qui succéderont?

Et pourtant fais le pire, vieux Temps! malgré l'injure - par mes vers mon amour est jeune éternellement." (Sonnet XIX)


De plus, la famille assure la vie éternelle:

"Ah si vous étiez vous à vous-même! mais, amour, vous n'êtes vous-même à vous-même que tant que vit ici votre vous-même: contre cette fin qui accourt vous devez vous prémunir, et votre chère semblance à quelque autre la départir.

Alors cette beauté dont vous avez la jouissance, elle ne trouverait de fin; alors vous seriez votre vous-même encore après mort de vous-même, votre doux fruit portant votre très douce forme.

Qui peut laisser si belle maison tomber en ruine, qu'un soin familier maintiendrait en honneur, contre bourrasque et vent du jour d'hiver et stérile rage du froid éternel de la mort?

Oh seulement l'infécond. Cher amour vous savez que vous eûtes un père: que votre fils aussi de vous puisse le dire." (Sonnet XIII).


Enfin, la beauté est l'un des thèmes les plus importants de ce recueil, elle reste toujours dans les souvenirs, elle est éternelle:

"Ainsi ai-je réprimandé la violette osée: où as-tu pris, voleuse, l'embaumante douceur, sinon au souffle de mon bien-aimé? Le pourpre orgueil qui sur tes joues est comme un teint, outrageusement tu l'as teinté aux veines de mon aimé.

Je condamne le lis en regard de ta main; les fleurs de marjolaine ont volé tes cheveux; les roses avec crainte étaient dans les épines, l'une blanc désespoir et l'autre rouge honteux;

La troisième ni blanche ni rouge volait aux deux, et annexait ton souffle à son larcin; mais pour ce vol, en son orgueilleuse poussée un chancre vengeur à mort l'a dévorée.

J'ai connu d'autres fleurs encor, mais nulle ne vois, où douceur et couleur ne soient volées à toi." ( Sonnet XCIX)

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Un peu déçu

7 étoiles

Critique de Fa (La Louvière, Inscrit le 9 décembre 2004, 42 ans) - 5 octobre 2010

Les sonnets de Shakespeare doivent être lus lentement, en prenant le temps de s'imprégner de leur substance. Ce sont des textes difficilement accessibles, avec certaines strophes de pur génie, mais aussi parfois des passages bien plus obscurs.

Je ne me suis pas laissé gagner par la magie des Sonnets, je suis plutôt un lecteur de romans et, pour ce qui concerne Shakespeare, j'ai une préférence bien plus nette pour son théâtre.

Qui plus est, la difficulté de traduire ce type de poésie est ici flagrante : j'aurais du peut-être m'y attaquer par une édition bilingue.

Je quitte donc les sonnets un peu déçu, me disant que, peut-être un jour, je devrais y revenir.

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